Inmovilidad
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En la playa que el viento de otoño hace más sola
Noche a noche me siento frente a la tentación
De este mar que en sus ondas lleva y trae los navíos
Que me envían, de lejos, su muda invitación.
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Los veo hundirse en la niebla salpicados de luces.
Mundos breves y vivos que se echan a andar,
En busca de horizontes distintos e imprevistos,
Entre la hechicería de la luna y del mar.
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Más allá… ¡Oh Dios mío, y yo aquí tan inmóvil
Cual si fuera una piedra que nada ha de mover!
¡Ya me agobia el cansancio de soñar imposibles!
¡Se ha hecho espina mi ansia de tocar y ver!
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Immobilité*
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Sur plage en automne par le vent esseulée
Nuit après nuit siégeant face à la tentation
De la mer où nefs sont sur l’onde emportées
M’envoient du lointain leur muette invitation
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Je vois fondre en la brume les lueurs semées
Cherchant un horizon qui se différencie
Mondes brefs en vie débutant leur odyssée
Entre la lune et la mer leur sorcellerie
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Au delà… Ô mon Dieu, moi ici la statue
Comme une pierre quand rien ne peut la mouvoir
Las de rêver d’impossibles cela me tue
S’est fait épine mon désir d’étreindre et voir
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* Sur une proposition de Michel Delarche nous proposons une deuxième version de la traduction d’Inmovilidad de Juana de Ibarbourou, en espérant qu’elle soit meilleure que la précédente - plus fluide et plus harmonieuse. Nous remercions Michel Delarche pour ses critiques et suggestions et conservons l’essentiel de la première strophe qu’il donna en exemple.
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Le fichier pdf:
Inmovilidad (traduction 2ème version)