Bizarre éloge du tonnerre, des miasmes et de la lave
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Ces jours que je n’écrivais
que pour les bêtes
les enfants
les morts
et me lisaient, mes adversaires
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Ces jours que je tournais la loi
des allocations
des charités
des petites contributions
des notes en bas de page
à son banquet
se laisser enchaîner par
des ombres
et le feu
une dernière fois
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Ces jours pour entrer dans ces nuits
et les galeries creusées par
la folie
Retrouver la main de l’enfant qui en mourut
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et tourner autour des déserts de l’Homme
et les dessins de Kubin
Ramasser les éclats de lune endormie
les lambeaux de sa peau
les morceaux de ses doigts ensanglantés
par des nuits trop humaines
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Et souvent je pense
n’ont-ils pas déjà pensé tout ce que
j’ai pensé, ces chiens roulés dans le
rêve et la poussière et la nuit qu’on
dirait des sacs poubelle emplis de tout
le reste des trésors
abandonnés
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Ces jours que je voudrais tout voir abandonné
et les chants de la Colère
et les maximes de Confucius
Qu’un soleil immense dévore
les paroles de Platon
les statues des généraux
le ciel sous la cité des Hommes
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Ces jours…
N’est-ce pas la pâle clarté des cendres
je sais la tristesse
la haine et la colère
plus riches que
la joie l’amour et la quiétude
plus obligeantes aussi
Que les pleutres fuient
et la fièvre et la maladie et la mort
mais la fièvre la maladie la mort
ne sont-elles pas
mères des abondances?
Les neutres et les pleutres se baignent
dans ces voix positives et toxiques
La violence et l’ennui devant vos
cages à oiseaux
pots de fleurs
ridicules
vos hygiénismes plus cartésiens
que le cartésianisme
et vos soins d’oppressions cutanées
après les internets
et l’enfer du labyrinthe
et vos santés domestiques
toujours
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Ces jours...
Quand vous aimiez la nature à votre image
docile et ordonnée
disciplinée
mais vous n’écoutiez pas
la chanson du tonnerre
des miasmes
et de la lave.
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