XXIII
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Otras veces era el torpe silencio el gesto tímido
de quien teme salir Y las noches del puerto caían
sobre mis ojos asombrados con su carga de estrellas sonámbulas
Y eran las profecías y los pocos libros
y las páginas llenas de Bécquer y el rumoroso mundo que sobre mí
estrepitosamente venía
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Eran los días del origen cuando los hombres se amontonaban
en sindicatos y portones
Eran los días en que mi padre devoraba hasta el amanecer los libros rojos
y me enseñaba La Internacional entre los ruidos de las máquinas
Eran días temblorosos tiernos como panes encadenados a nuestros pasos como
polvo.
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XXIII
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D’autres fois c’était le silence maladroit le geste timide
de qui a peur de sortir Et les nuits du port tombaient
sur mes yeux étonnés avec sa charge d’étoiles somnambules
Et c’étaient les prophéties et les quelques livres
et les pages pleines de Bécquer et le monde murmurant qui sur moi
bruyamment venait
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C’étaient les jours de l’origine quand les hommes se pressaient
dans les syndicats et devant les portails
C’étaient les jours quand mon père dévorait jusqu’à l’aube les livres rouges
et m’enseignait L’Internationale parmi les bruits des machines
C’étaient des jours tremblants tendres comme des pains attachés à nos pas comme
poussière.
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