Testament
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Sombre était l’époque que l’on a traversée
Mais nous étions illuminés et clandestins
Filant entre les mailles d’un temps dépassé
Nous étions étoiles sous un ciel sans destin
L’écume enjouée échouée du grand naufrage
Recouvrant la plage d’un parfum inconnu
Celui qui s’échappe d’un astre ou d’un corsage
Pour venir embraser des terres révolues
Et toi homme de demain y crois-tu encore ?
Seras-tu en vie lorsque brûlera ton corps ?
Des hêtres synthétiques sous des tours d’ivoire
La tempête et l’élan dans le fond d’un tiroir
Nous bandons nos yeux à deux pas du précipice
Pourtant le vide n’est qu’un espace à combler
La poésie n’est qu’un souffle hissé des abysses
Un monde sans raison aux songes insondés
Aux abords du sacré tout est resté sauvage
L’enfant et le fou savent y voir leur salut
Quand tombe la clarté ou quand gronde l’orage
Et qu’un frisson parcourt les moites statues
Et toi homme de demain sauras tu la voir ?
L’ivresse née des profondeurs d’un gai savoir
N’oublie pas que si vivre c’est tuer l’ennui
Mourir c’est vivre sans une once de folie.
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Testament