Et si tu as raison
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...c’était de la clarté tombée
La fin de Satan, Victor Hugo
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Te souviens-tu le goût
de mes premiers poèmes
En ce temps là
on disait
j’sais pas si j’aime
Tes mots ta bouche ou tes jambes tes yeux
si tout rime à rien
A tes pieds je dormais
Aimable comme un
chien bientôt l’étreinte
aura
le nom de nos morsures
et toujours
avant la main
venait
la blessure
Que n’ai-je pas rêvé depuis
mille ans je mens
Et si tu as raison peut-être
Ne suis-je qu’un enfant qui répète innocemment
les mots du poète
l’inénarrable quête a fait
de nous
Des bêtes
* * *
Puisque je souffrais tant que je vous faisais peur
C’est de l’amour qui sort quand vous broyez mon cœur
* * *
Puis-je te raconter une dernière histoire ?
Perdue dans l’absolu
que l’être a pour milieu
j’ai cueilli l’amitié
des légendes d’un soir pour
mourir
à la terre
au profit d’autres cieux et
Si tu as raison le désespoir m’attire
me guette
Nous dirons peut-être ainsi
à l’autre j'ai eu tort
Laisse-moi te conter
l’histoire de la plume tombée
de celui qui tomba d’aucun empire
L’ange de l’aube ouvrit son cœur
pour demander
Seigneur
au seuil de la beauté demeure Injure
à quoi
il répondit
ce qui n’a pas chuté restera
au paradis
martyrs du parjure
Plus tard
déjà été né et mort celui qui
blasphémait
défiait le temple hurlant à la terre et ses bêtes
toute la loi d’en bas est dans ce mot :
Aimer
Plus tard donc
le regard empli de la tendresse des
pardons
vint se poser sur la plume
abandonnée
Ainsi naquit
Liberté
une ange la déesse
d’opprimés par qui
la négation meurt
et renaît
je veux je sais je suis je crois je sauve
Quoi ?
Ce ne sont là que des mots qui ne servent plus
Moi ?
Ne suis plus moi sans détenir
les mots pour le dire
Et si tu as raison…
ne dois-je pas en rire ?
Te souviens-tu le goût
de mes premiers poèmes
En ce temps là
on disait…
Je n’aime pas tes histoires.