Coma blanc
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La neige éprouvée tombe toujours au hasard
Brûlante comme une larme échappée du vent
Recouvrant doucement nos pas et nos mémoires
Brillante comme une arme épargnée par le temps
Je vole avec les corbeaux dans le vent nocturne
Surplombant ce monde qui se prétendait mien
Face à l’horreur la lune reste taciturne
Les paroles n’ont fait que resserrer mes liens
La nature est morte dans les traits de l’art triste
Nous déambulons seuls dans ses ruines déchues
Des sacs d’os errant là où le néant subsiste
Se débattant là où tout est déjà perdu
Je regarde l’étranger nu dans mon miroir
N’y vois qu’une fissure aux horizons brisés
Pourquoi vouloir inverser le cours de l’histoire ?
Les brasiers éclairent ce qui ne peut changer
J’ai vu des milliers de visages sous le saule
Appelant cet homme qui s’est éloignés d’eux
Je suis acteur, seul sur scène et sans aucun rôle
Portant sur mes épaules le poids morts des cieux
Ta bouche est telle cette coupe restée vide
J’y ai versé mes yeux, penchés sur ton corps sage
Nue sur ton nuage, si seule en mon lit vide
Ta plume tombe sur le froid du carrelage
Une terre désolée que je sois son roi
Voilà ce que les Dieux nous ont à tous promis
De sang-froid le singe s’est placé sur sa croix
Des valkyries aux blouses blanches lui sourient
Couché dans cette neige inondant mes prunelles
Je regarde saigner le ciel blanc de ce songe
Un esprit singulier se compte au pluriel
Je suis l’unique vérité de mon mensonge
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Je ferme les yeux
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Coma blanc