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« L’important, dans cette distinction (entre simple développement et métamorphose), c’est que, dans la métamorphose de ce type : (1) [(1) semble en même temps ici faire référence à « la Prison de Fer Noir (Rome/URSS/USA fascistes) »] les éléments constitutifs sont nouvellement ajustés dans le but de remplir des fonctions inédites et (2) certaines parties sont rejetées, et le processus de changement appliqué à celles qui sont remodelées peut être subjectivement ressenti par elles non pas comme un développement mais comme une pression, une souffrance - une perte, une altération génératrice de tension pénible. J’irai presque jusqu’à dire que ce que j’ai vu relevait de la « cannibalisation ». Cela dit, j’ai enfin mis le doigt dessus, cette définition de ce que j’ai vu comme une forme de ce qui se passe dans la métamorphose des insectes. Jesus ! Dire que j’ai élaboré le concept de Zebra à partir d’un bouquin sur le mimétisme animal ! Zebra est-il insectoïde à d’autres égards, outre la métamorphose ? Je vois en lui deux traits caractéristiques des insectes : le mimétisme de camouflage et la métamorphose morphologique - la déstructuration de la forme ancienne produisant le nouvel eidos ! (morphè).
[…]
Ici je dois me tourner vers la doctrine du Logos.
« Cela » n’est pas humain, mais en même temps, ce n’est ni mécanique, ni artificiel - c’est dépassionné comme un insecte, mais un insecte bienveillant, et qui n’est pas fait d’énergie pure ; cela a un corps physique (dans la mesure où il existe quoi que ce soit de matériel ou physique).
« Cela » explique ce que le christianisme ne peut expliquer : la souffrance et la peine ; cela fait partie de son vaste processus métamorphique.
[…]
Relions à présent le monde de la Prison de Fer Noir et le monde du Jardin à la métamorphose : la première correspond à ce que cela fut ; notre monde est l’état en perpétuelle progression du processus en marche ; le monde jardin, lui, en est l’aboutissement serein - l’état définitif vers lequel on s’achemine. Au fond, mon discours (de Metz) est exact, mais pas assez radical :
La prison de fer noir est le corpus du grand « cela » tel qu’il fut ; notre monde est le processus métamorphique, intermédiaire, subi par un organisme insectoïde recourant au mimétisme de camouflage. C’est sa « petite voix calme » qui a parlé à Élie.
Cette découverte est une percée spectaculaire qui unifie tous mes thèmes :
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- Qu’est-ce réellement que la réalité ? Pas ce qu’elle semble être.
- Il y a parmi nous des « androïdes », ou « la mante », qui paraissent humains mais ne font que simuler les humains.
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La clé qui relie (1) et (2) est: simuler. »
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Philip K. Dick, Classeur 34, feuillet 6, l’Exégèse, Volume I, p 420-421, ed. Nouveaux Millénaires
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Lettre à Diogène de Sinope
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L’âne et sa jolie langue convaincante,
N’est pas restée captive du vieillard,
Elle parvient jusqu'à nous encor vaillante,
Mais celle du chien agile et bavard,
Quel horrible vent mauvais la détient,
Chien! quel roi, quel pirate te retient?
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Mêm’ si l'singe d’Athènes avait pas bu,
Au calice des lois, la foi et toi…
Bref si ce fou s’était mieux retenu,
D’apprécier la ciguë pour une fois,
Et avait fui pour devenir fou,
Ton pithos lui servirait bien de trou?
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La poussière qui te connaît si bien,
Celle où toi, moi et le grand Cerbère,
Pleurions Hercule gardé en Enfer,
Comment était-elle, tu t’en souviens?
Moi je crains de ne revoir que les ruines,
Le cynosarges en tête comme combine…
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Nous ne ferons jamais de séminaire,
Comm' tu dis, on a pas pu contracté,
Non, de ces grammairiens particuliers,
On a pas trouvés chez l’antiquaire,
-Alors barricadons-les, nos méninges,
Pour ne pas finir comme le dit singe?
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T’as eu un maître, des coups de bâton,
Son enseignement jamais de bon ton,
Sa caresse où la brûlure est bénigne,
Mais la contingence n'est d'aucun signe,
Ton père tel un malfaiteur hors-norme,
Faussait la monnaie, ou l'on s'y déforme?
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Est-ce donc la confusion dans la meute?
Lécher entre éthique et esthétique, voilà,
N’est pas à la portée de ceux-la,
Les clébardes de race qui lisent Goethe,
Excus' l’illuminé mais cet os,
Colosse, est léché des deux côtés,
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Le vent de Corinthe, l’été dans l’œil,
Balade l’Attique tout l’hiver en deuil,
Aucun chien n'a trouvé sa place n’est-ce pas?
Ossements trimballés tels des jouets,
Reliques au vent que l'on emportera,
Crient notre courage aux chefs, s’il en est…
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Parfois des riches m’invitent aussi chez eux,
Mais je me colle l’amie muselière,
Tu ne m’en tiendra pas rigueur, j'espère,
Chez eux j'y dépose des vers mielleux,
Appelle aussi les abeilles à la rescousse,
Et disparais en louve dans la brousse…
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Là c’est du rappé, trucs et manigances,
La masturbation entre dans la danse,
Qui décide des sièges à l’assemblée?
Du haut de mon siège t’abois ok,
Les chiens ont-ils la tendance à squatter?
Tout se veut lié dans la ressemblance…
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Chienne! As-tu les mains les plus hardies,
Le doigté moderne assez délicat,
Pour conquérir un territoire bas?
Je peux savoir la chasse comme la vie,
Toi qui ramena ta vie vers le blanc,
Homme de ton temps, faisais-tu semblant?
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Quoi! on arrive à la lanterne usée,
Des tiennes ou la mienne, un feu s'est perdu,
Oh! toi tu m'avais déjà bien mordu,
Quelque peu hébété et à la rue,
J'y croise aussi cette foule arrangée,
La Rue m’répond: foule dérangée,
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Braves gens, Michel, goûtez l’ambition,
Dites-moi si ce n’est pas un poison,
Si elle a pas chanté que tout s’achète?
C’est fort, pigé, et vous mendier j’arrête,
Mon frère, laiss'moi, je poursuis ma lettre,
Des lettres? statutaires ou Silence de l’Être,
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Tu fis voir les idoles aux enfants,
Et l’enfance à chacune des idoles,
Un masque scénique me fabriquant,
Pour traquer des lions ignorants,
Chemin faisant, en écoutant peu,
L’appel du piaf, me nommer je peux?
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Qu’aux dieux et aux sages reviennent l’empire?
Il n’y a guère plus de divin ici,
Qu'une secrétaire et quelques sœurs, oui,
À Noël… Dieu claque un peu faut le dire,
Sa thune qu’il adore et ça empire,
Pour ne pas dire quand tout est fini…
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On m’a conté un soir passé chez l’ivresse,
Apollinienne à faire rougir Muse,
Ce que tu réservais à l’altesse,
L’araignée Raphaël? Mais quoi t’abuses,
Car toute araignée un peu trop belle,
Te ferait mourir rien que pour elle…
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Faudra bien la fermer sa gueule non?
Avec les manières ou sans, -sans pieuvre?
Les mâchoires desserrées grognent mon nom;
Chien méchant terrassé par la fièvre…
Ouaf! Ôtez -vous tous de nos soleils,
Grandeur jamais ne se nomme merveille.
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Le fichier Pdf pour Lettre à Diogène de Sinope:
lettre-a-diogene-de-sinope