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Ses œuvres sont partagées entre deux sources: d’une part la caricature de célébrités vues sous un angle à la fois malicieux, humoristique et tendre, à preuve ce portrait plus Desproges que nature; d’autre part, l’imaginaire qui caracole dans tous les sens de la façon la plus débridée qui soit.
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Au compost des idées mortes, l’imagination
Je sais: nous vivons une époque qui s’efforce de jeter l’imagination au compost des idées mortes. La littérature actuelle préfère l’autofiction conformiste et l’exhibition de son petit intérieur (qui donc ne l’est plus, intérieur!) qui trépigne, à l’expression des songes et autres délires.
En art, c’est l’installation laborieusement expliquée qui a pris le pas sur le geste créatif surgi du rêve.
Folie politique-folie poétique
Peut-être la société dite sérieuse devient-elle tellement délirante que l’art et la littérature cherchent des appuis dans ce réel que l’on connaît ou croit connaître: son Moi-Je.
Certes, quand la folie s’installe en politique, on comprend qu’elle ait mauvaise presse. Après tout, il y a tout de même plusieurs millions d’Etats-uniens à vouloir reconduire à leur tête – mais en ont-ils seulement une? – un clown autocrate et sinistre. Partout dans le monde – et pas seulement en Argentine – jamais les dindes n’ont voté pour Noël avec un tel enthousiasme.
Faut-il pour autant tordre le cou à l’imagination que Malebranche appelait la folle du logis?
La folie politique ne relève que de la passion morne. Elle traîne sa bave dans les réseaux asociaux, et s’y englue, et nous en empoisse.
La folie poétique, son pendant lumineux, fourmille de passions: joyeuse, triste, dramatique, tragique, mélancolique, sublime, consolatrice, désespérée, amoureuse, vivifiante. Mortelle, aussi. C’est la vie.
De cette folie-là, Burlingue en est le discret veilleur et l’attentif passeur qui après avoir ouvert la source de l’imaginaire en canalise le flot par sa main.
Voici quelques fragments du monde de Burlingue qui nous console de l’autre. Bon voyage.
Jean-Noël Cuénod
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