Que retirer de cette cérémonie? L'émotion de la foule dite odieusement par les gros médias "des anonymes". Sinon, comme d’habitude, rien, hormis les traces de suie que laissent à la conscience les postures lacrymo-sauriennes des médiacrates et autres spécimens à gueule de pouvoir.
L’obscénité de plus
Avec, pour cette circonstance particulière, une obscénité de plus, la présence de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, héritiers politiques en ligne directe des ennemis mortels du Groupe Manouchian et dont le parti ne cesse de vouer les étrangers aux gémonies. Là, nous avons touché le fond.
Au moment où la cérémonie déploie ses fastes moisis, une clameur intense rempli le ciel. Comme pour faire taire la marée des bruits de bouches et de mouches.
Du fond des âges
Les grues cendrées sont de retour et le font savoir par leur chant rauque et puissant. Plusieurs formations se rencontrent au-dessus des têtes de bipèdes, en des séries de ballets venus du fond des âges.
On en a le cœur ému comme lorsque les loups adressent à la nuit leur chant vieux et neuf.
Petits que nous sommes, sous cette puissance animale et perpétuelle, soutenue par les airs et qui revient comme l’éternel retour de la lumière.
Cette danse des grues cendrées, elle est dédiée aux Résistants du Groupe Manouchian, à Alexeï Navalny, aux martyrs des camps nazis, du Goulag, du Laogai, à toutes les femmes, à tous les hommes morts debout pour que nous puissions marcher libres.
Jean-Noël Cuénod
LE SALUT DU CIEL