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Billet de blog 3 mars 2021

Quand la nature témoigne

Quand la nature témoigne – par l’intermédiaire des abeilles en l’occurrence - il n'est plus possible de se voiler la face. La ruche puissant indicateur pour la transition écologico-économique.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je restitue, à la suite, l’intégralité d’un article disponible à l’adresse : https://beeodiversity.com/fr/2020-une-annee-particuliere/

La méthode de collecte de l’information est… naturelle et d’une redoutable efficacité. Des ruches témoins sont disposées sur le territoire où l’on souhaite effectuer un bilan à la fois des polluants mais aussi de la biodiversité existante.

Les abeilles de ces ruches parcourent de manière exhaustive ce terroir pendant huit mois de l’année. Un vrai travail -pas de fourmis mais- d’abeilles ! Elles collectent une quantité d’informations qu’aucun autre moyen ne peut apporter…

Il reste à analyser les éléments collectés :

  • Les pollens bien sûr, et pas seulement celui des fleurs visitées mais aussi celui que le vent transporte et qui agglutine aux poils des abeilles durant leur vol
  • Toutes les particules présentent dans les pollens, dans le nectar, et déposer sur les fleurs ou encore circulant dans l’air.

Une collecte faramineuse !

Cette méthode de collecte est reconnue sur la plan scientifique ; et, donne des résultats spectaculaires dans la pratique.

Il reste plus qu’à coupler cette méthode de collecte avec une démarche de projet :

  • Réunir les acteurs du territoire,
  • Réaliser un état des lieux avec cette démarche de ruches témoins,
  • Croiser les informations ainsi collectées avec d’autres sources d’informations,
  • Rechercher avec les acteurs des axes d’amélioration,
  • Suivre les améliorations toujours avec les ruches témoins
  • Et choisir de nouveaux axes d’amélioration,
  • Et ainsi de suite…

BeeOdiversity assure des « monitoring » déjà sur un grand nombre de territoires. Ce qui permet de consolider des informations. Celles qui sont présentées, ci-dessous, concerne l’usage des pesticides en 2020.

La tendance générale est toujours et encore à l’augmentation de l’usage des pesticides, du fait d’une situation de dépendance de l’agriculture intensive industrielle et même de cercle vicieux vers toujours plus de recours aux pesticides.

La situation en 2020 a été toute particulière, puisque les ruptures d’approvisionnement qui ont touché également les pesticides ont créé une situation de « manque »… et une « ruée » vers les produits disponibles, même ceux totalement interdits…

Article de BeeOdiversity https://beeodiversity.com/fr/2020-une-annee-particuliere/

2020 restera une année tristement surprenante en termes d’utilisation de pesticides !

Que s’est-il passé en 2020 ?

Le monitoring de nombreux sites périurbains et ruraux via le BeeOmonitoring, et ce dans plusieurs pays européens, nous a permis de déceler une forte augmentation du nombre et des concentrations de produits phytosanitaires. Les concentrations utilisées ont dans certains cas largement dépassé les limites maximales de résidus (LMR) autorisées par la Commission Européenne pour protéger    la santé humaine et animale.

Tendances

Le cas le plus sérieux est celui du captane, un fongicide utilisé sur les fruitiers, légumes et plantes ornementales contre le mildiou et la tavelure. Cette substance a été retrouvée à des taux alarmants, à un tel point qu’à la fin du printemps sa concentration dépassait sur un site 428 fois la LMR. Deux autres fongicides, la doguadine et le tebuconazole, utilisés sur les mêmes cibles et dans le même but que le captane étaient également présents sur plusieurs sites dans des doses bien au-dessus des LMR. Certaines substances ont été observées sur de nombreux sites mais dans des doses généralement plus raisonnables, comme les fongicides prothioconazole et fluopyram et les herbicides prosulfocarbe et aclonifen. Au total, plus de 100 substances ont été retrouvées lors des analyses de BeeOmonitoring de 2020, parmi lesquelles figurent même des pesticides interdits, tels que l’anthraquinone, un répulsif pour oiseaux, ou encore le chlorpyrifos-methyl, un insecticide, retrouvés à plusieurs endroits.

Mais alors que l’Union Européenne a des législations strictes sur son territoire, un rapport publié par Greenpeace UK et Public Eye révèle que chaque année, des pesticides interdits par l’Union Européenne continuent à être produits et exportés à l’étranger. Ces pesticides, tel que l’herbicide acétochlore et le fongicide carbendazime sont bannis en Europe dû à leur haute toxicité, et pourtant ce sont plus de 80.000 tonnes, sous la forme de 41 pesticides différents, qui ont été exportés en 2018 en toute légalité.

Raisons

Les particularités de 2020 seraient en premier lieu dues aux maladies fongiques qui étaient précoces cette année et les nombreuses infections au printemps. Ensuite, à cause de la crise sanitaire du Covid 19, les prévisions météo étaient peu fiables. En effet, dû à la pandémie une partie importante des données utilisées dans les logiciels de prévisions n’étaient plus disponibles dans la mesure où la plupart des avions de ligne étaient à l’arrêt. Or ces avions sont équipés d’instruments météorologiques collectant des données qui alimentent les modèles. Ceci a dès lors généré l’application préventive et systématique de plus de traitements phytosanitaires au début du printemps afin de protéger les plantes des maladies fongiques.

Répercussions

La demande en pesticides fut tel que fin aout, 800 tonnes de produits phytosanitaires non conformes, provenant de Chine et d’Inde ont été saisi en Belgique alors qu’ils étaient destinés aux producteurs européens de fruits et légumes. Parmi ces substances se trouvaient notamment des substances comme le captane.

Des pesticides sont présents sur plus de 80 % des +50.000 ha de sites suivis par BeeOdiversity chaque année. C’est un chiffre alarmant, mais disposer de ces données constitue déjà une grande partie de la solution et permet d’engager les parties prenantes vers une transition.

Pour plus d’informations sur les alternatives à la lutte chimique et sur ce que BeeOdiversity met en œuvre pour la biodiversité, contactez-nous.

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