L'acharnement thérapeutique sur une économie au dignostic vital engagé

Qu'attendre de l'acharnement thérapeutique sur une économie au diagnostic vital engagé? L'économie capitaliste est un corps vieillissant, de moins en moins sain, qui subit des assauts qui s'accélèrent de plus en plus. Faudra-t-il attendre la perte totale de signaux vitaux pour se résoudre à envisager sa fin... Et, donc, sa succession?

Tout le monde aujourd'hui est-il au courant que l'économie capitaliste, suscitant mécaniquement - j'allais dire "bêtement" - l'extension inexorable de l'appétit du gain est condamné à assez brève échéance?

Bien-sûr, il est toujours possible de discuter cette échéance... Ce n'est pas une raison pour ne pas regarder, dès maintenant en face, les conséquences de cette fin inéluctable. Cependant, pour ne pas botter complètement en touche sur la question de cette échéance, il est possible de prendre en considération ce qui se passe sur les marchés emblématiques de l'immobilier et du pétrole.

L'attractivité des villes est devenue aujourd'hui inversement proportionnelle à leur gigantisme. La très grande ville est aujourd'hui synonyme de dépendance et de mal être. L’incitation au télétravail change assez symboliquement les perspectives. Suffisamment pour que le court de l'immobilier en subisse directement les conséquences. Le phénomène d'hyperurbanisation est en total déclin, tant en Occident que dans les pays en voie de développement, pour des raisons de ralentissement net, de déraillement massif et de déclin de plus en plus fort de la croissance.

Quant au marché du pétrole, il connait une recension inimaginable, il y a encore un ou deux ans. Alors qu'il était question de risque de tension par augmentation exponentielle de la demande, nous nous retrouvons avec la baisse massive - certes accidentelle, mais très probablement durable -  de cette même demande mondiale entrainant une surproduction, attisée par une guerre sans merci entre producteurs mondiaux. Les investissements pétroliers les plus récents - ceux dont la rentabilité est la moins assise - sont aujourd'hui en péril. La pertinence des investissements dans les sources d'énergies alternatives est une utopie réalisable.

Non seulement les fondements de l'économie capitaliste de grand-papa foutent tous le cas; mais à une vitesse vertigineuse. L'échéance de la banqueroute est peut-être pour notre génération, en tout cas, à ce rythme-là, si rien ne prend résolument le relai. D'autant que cette glissade impensée - car impensable pour beaucoup,- semble échapper à tout le monde: économistes, financiers, experts en tout genre, tous dépassés par des évènements historiques improbables.

Au-delà de ces prévisions hasardeuses, la question de la succession de notre bonne vieille économie, qui se meurt, est une question non totalement futile. Faute de proposition, il y a des scenarii, déjà explorés dans l'histoire, lors des chutes précédentes de grands Empires. C'est la destructuration complète des échanges commerciaux, des régulations sociales et des institutions qui s'en suit nécessairement. L'idée peut paraitre plaisante à certains; mais sa réalité de sera guère apprécié par beaucoup...

Toutes les perspectives d'effondrement posent des questions, sinon existentielles, au moins d'ordre culturelle. Celle qui se pose très directement à nous - comme elle s'était déjà posée aux Romains avant nous - est de savoir si nous persistons dans une culture quasi exclusivement matérialiste, dans laquelle le capitalisme à exceller, pour ainsi dire?

Alors, peut-être, faut-il se demander s'il y a d'autres alternatives? Je vous laisse à vos réflexions, si cela vous parait pertinent... Et d'actualité!

 

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