Un obscur masochisme
Sur ce blog Mediapart, dans un excellant billet intitulé « La valeur travail ? Ce n'est pas qu'un problème de jeunes ! [1]», on peut lire :
« Les couples craquent, divorcent, on se fâche avec ses parents, ses frères, on maltraite enfant, femme, vieux, chiens, chats et soi-même. »[2]
C’est l’effondrement personnel et sociétal.
Je suis pris d’une envie furieuse de compléter ce tableau si effroyablement et si ridiculement tragique.
Les écosystèmes disloqués, par 70 ans d’agriculture chimique et industrielle, sont exténués par la rupture des principaux cycles de régénération du vivant : cycle de l’azote, cycle de l’eau…
C’est l’effondrement de la biodiversité et de la production agricole.
L’économie mondiale, rendue exsangue par la financiarisation et gonflée à l’hélium par l’injection de monnaies à gogo et une dette d’un montant record équivalent aux périodes des deux guerres mondiales va éclater comme une vulgaire baudruche !
C’est l’effondrement financier, monétaire et économique.
Un tableau parfait pour une civilisation cultivant le non-amour et un obscur masochisme…
Une impasse trop énorme
Dans le même article, on peut aussi lire :
« On organise l’effondrement psychique de notre société. »
Il s’agit bien de cela, en effet : un effondrement orchestré de la société. De tous ces autres qui ont tout à perdre de poursuivre dans cette voie. Et, qui vont, par simple instinct de survie, et donc fort logiquement se rebeller.
Donc un effondrement, pas toujours très consciemment, mais délibérément orchestré, avec pour perspective : le plaisir et le privilège de garder la conduite manifestement erronée des affaires… Jusqu’au bout.
Vouloir forcer les choses, obtenir à tout prix de soi et des autres, ou être au service des autres jusqu’à l’épuisement n’est pas une bonne piste.
De leur propre chef, les egos surdimensionnés sont incapables de reconnaitre une si grave erreur.
Bifurquons de concert
« Et donc oui, ce n'est pas le problème des jeunes, mais celui de la société tout entière, de l'humanité tout entière, jeunes, vieux, hommes, femmes, noirs, blancs. »
Comme je l’ai également expliqué dans un billet précédent, à problème commun correspond une recherche de solution collective, pas individuelle ![3]
Quand le réalisateur d’un mauvais film persiste dans ses égarements. Quand il n’est plus capable d’écouter le moindre avis pertinent, l’équipe de tournage n’a pas d’autre choix que de déserter le plateau.
« Donc oui, les bifurqueurs, les décroissants, les ralentisseurs, les amoureux de la nature et des humains, sont la voie du salut. Ils ont raison d'agir quoiqu'il leur en coute. »
Dévivions ! Faisons le bien ensemble.[4]
Yves Robert
PS : Tous mes compliments et ma gratitude à l’auteure de l’excellent billet qui a inspiré le mien
[1] J’en ai tiré le titre de mon billet
[2] https://blogs.mediapart.fr/helene-de-troyes/blog/301123/la-valeur-travail-ce-nest-pas-quun-probleme-de-jeunes
[3] https://blogs.mediapart.fr/culturenature71/blog/231023/faut-il-se-laver-les-mains-du-fait-que-pese-sur-nous-un-probleme-planetaire
[4] https://blogs.mediapart.fr/culturenature71/blog/241023/devions-faisons-le-bien-ensemble