L'insoutenable légèreté de l'inaction

Je me suis questionné comme beaucoup d'entre nous sur l'insoutenable légèreté de l'inaction. Et, je commence à trouver des pistes, assez loin de ce qui est jusqu'alors admis.

Je me suis questionné comme beaucoup d'entre nous sur l'insoutenable légèreté de l'inaction (!). Et, je commence à trouver des pistes, assez loin de ce qui est jusqu'alors admis.


Il n'y a finalement pas de trop de mauvaise volonté; mais beaucoup d'indifférence, non voulue, non comprise consciemment...

Pour la plupart des gens l'avenir est incompréhensible... Mais le présent est lui-même étranger. Pour sans doute un tas de raisons... que la situation pandémique n'a fait qu'accentuer.

J'en ai identifié quelques-unes:

- la dégradation du lien social: on ne sent rend vraiment compte, que lorsqu'on le subit vraiment de plein fouet. Pourtant on pourrait s'en rendre compte, si on y réfléchissait un peu plus, même dans sa propre vie,

-  la dégradation de la biodiversité, c' est la même chose. Avec en plus le fait qu'on n'est très rarement impacté directement personnellement, car la très très grande majorité d'entre nous sommes très éloignés (d'abord physiquement, mais aussi dans notre esprit) de toute réalité de cette biodiversité,

- pour les gens qui décident, tout va (encore) très bien (et parfois même de mieux en mieux) car ils profitent du système, et qu'ils sont aux commandes pour en profiter,

- pour les forcer à regarder la situation, il faut un mouvement d'opinion publique extrêmement fort. Mais lui-même est encore un peu limité par les deux premiers points (inconscience de la dégradation du lien social et de la biodiversité).

Pour être conscient de la dégradation du lien social, ça commence par la relation qu'on entretient avec soi-même. Pour cela il faut sortir du premier niveau de conscience, celui qui nous fait "fonctionner". Il faut s'interroger sur l'existence... Ça peut mettre du temps, ou pas.

Pour être conscient de la dégradation de la biodiversité, ça commence par l'observer (au moins ce qu'il en reste), par la côtoyer consciemment là où on se trouve (même en ville) Il y a des gens qui peuvent nous y aider (donc, ça à avoir aussi avec le lien social)

Là, seulement, quand nous serons assez nombreux à avoir une expérience concrète de la dégradation du lien social et de celle de la biodiversité (qui sont les deux faces d'une même médaille). Là, il y aura un mouvement suffisamment fort et continu pour forcer les décideurs. Car ils n'auront plus le choix: ils quitteront leur fonction ou ils se consacreront au problème.

Nicolas Hulot était au Gouvernement sans cette poussée forte de l'opinion publique. Il a été contraint de démissionner. Il a eu le courage moral de le faire...

Donc, pour sortir de l'indifférence, non voulue, non comprise consciemment, il est possible d'abord de renouer avec le vivant, le sauvage (ce qu'on a été totalement dévalué, qu'on ne regarde même plus...) que nous côtoyons, à l’extérieur de nous et en nous...

Toutes les actions dans ce sens auront un fort effet levier. Ça commence par le fait de mettre en évidence les initiatives dans ce sens, trouver le moyen de concerner des personnes qui ne se sentent pas concernées d’emblée.

Trouver l'angle approprié !

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