Vu comme c'est parti...

Des transformations majeures de nos modes et contextes de vie se profilent à un horizon suffisamment proche pour en parler ouvertement. Des changements de cap, des ruptures ou même des "effondrements" sont envisageables, dont certains sont nettement prévisibles, comme les sécheresses et la montée des eaux...

Sans avoir envie de passer pour un prophète de malheurs, j'ai toujours été vivement interpellé par l'indifférence de nos modes de développement à l'égard du reste des vivants, qui pourtant permettent notre subsistance biologique. Mais ,également, le mépris à l'égard de la cohésion sociale, du devenir écologique...

Le Club de Rome a formalisé ce problème dans les années 70 avec une assez bonne expertise. C'est-à-dire il y a 50 ans. Puis les climatologues ont pris le relais. Et encore, bien plus récemment, les "collapsologues"... Je peux comprendre la résistance que suscite l'énoncé des perspectives non durables d'un mode de vie auquel nous avons consenti avec beaucoup trop de candeur.

Il faut admettre aussi qu'il s'agit de prolongements (d'aboutissements?) d'un processus historique déjà ancien... et manifestement non pérenne!

Des évolutions majeures, tels que l’avènement de l'agriculture, il y a environ 10 000 ans, puis celle de l'industrie, il y a 250 ans et celle de la maitrise de l'énergie thermonucléaire, dans le siècle dernier, accroissent, de manière sidérante, l'impact exercé par l'espèce humaine sur la planète Terre et sur ses propres sociétés. Ces (r)évolutions - durement imposées - ont été source d'un développement trop peu contesté publiquement. La réalité de la finitude des ressources, de la fragilité des sociétés humaines alimente une crise, qui n'est plus une hypothèse, ni une prophétie...

Il se dégage de l'escalade dans la puissance matérielle de nos civilisations comme un parfum d'explosif, un sentiment de jouer avec le feu!

L'enfermement dans des dogmes (ceux de la puissance aveugle, de la privatisation de toutes les ressources et de la main mise de la finance) incarne une politique du pire. La récurrence des crashs financiers, comme celui de 2008, ou les faillites à répétition, y compris d’états comme l'Argentine, n'entrainent aucune correction de trajectoire. L'addiction à la puissance, au profit individualisé et à la spéculation financière mène aux pires perspectives...

L'argent, déconnectée des réalités économiques consiste, pourtant, essentiellement dans des chiffres, au nom desquels s'instaure des dictatures financières et sociales! Si le commun des mortels pouvait en prendre pleinement conscience! Et, le moment venu, abandonner à leurs addictions individus les plus accros aux chiffres; pour revenir à la pleine conscience des réalités.

Que se passerait-il alors?

Le secteur tertiaire (finance, services non essentiels à la vie...) serait fortement impacté, par un effondrement, alors qu'il représente plus des deux tiers de l'activité économique en Europe et en France. Un vrai tsunami économique... Peut-être des monnaies locales, plus résilientes prendraient le relai? Cependant, l'économie réelle reviendrait au premier plan, après des secousses considérables. La charge laissée par les projets irréalistes déjà engagés (le démantèlement du nucléaire, l'accroissement des catastrophes naturelles dû au dérèglement climatique, par exemple) resterait un héritage empoisonné pour plusieurs générations à venir.

Si par hasard, le dispositif actuel d'alliance nauséabonde entre la finance et la politique tient encore le coup un certain temps - c'est-à-dire, encore une à trois décennies - la pression des perturbations sociales et écologiques deviendraient proprement insupportables!

De plus en plus de personnes, de groupes et de collectivités, à l'échelle mondiale, ne détournent plus le regard vis-à-vis des incertitudes causées par une situation qui ne cesse de se tendre, sans que des perspectives significatives ne soient décidées collectivement.

L'initiative nous revient de d'imaginer et de construire collectivement et très précisément les prochaines évolutions sociales, écologiques, politiques et économiques significatives.

Sur quelles bases?

Au moins sur celles de notre conscience et de nos nombreuses compétences, tellement peu mises à profit par les systèmes en place, que nous doutons parfois que nous en sommes largement dotées... individuellement et surtout collectivement!

Doc 1: Complicité de malfaiteurs contre l'humanité...   blog Médiapart

Doc 2La belle au bois dormait Source blog Médiapart

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