Une transition bénéfique et indispensable, pas une indignité de plus

La transition écologique n’est pas une affaire de choix strictement individuel (mais bien de choix collectif), ni un simple verdissement (et divertissement) d’activités économiques et politiques écocides. Plutôt que de rester à la surface, tentons une plongée vivifiante dans le cœur du sujet !

L’écologie s’inscrit nécessairement dans des pratiques sociales et politiques radicalement alternatives

 L’instrumentalisation des peuples, pratiquée depuis des siècles, est payante pour certains ; mais à son prix : des crises politiques, économiques et sociales endémiques. Notre histoire, y compris récente, en est couverte comme un champ de bataille par les cadavres…

Il suffit de considérer, sans parti pris, les vils moyens auxquels ont recours les gouvernants pour imposer des politiques stupides et suicidaires… Ou bien encore, l’effondrement de notre environnement vital sur Terre (biodiversité, forêt, climat…)… Pour jauger le niveau d'immoralité du club à la tête de nos sociétés, dites modernes. Une véritable mafia!

La transition écologique -si elle veut sauver quelque chose- ne peut s’inscrire (en aucun cas) dans ce contexte d’effondrement politique. D’ailleurs, elle peine à trouver (encore actuellement) un écho populaire à la hauteur des enjeux…

Pourtant, l’approche écosystémique, les écologistes la connaissent. Elle s’applique merveilleusement bien à la société humaine, qui est soumise aussi à quelques lois de développement et d’équilibre. Il y faut, notamment, un espace vital non pollué, une diversité d’initiatives et un savoir vivre ensemble développé. On voit, qu’à l’instant où j'écris, nous sommes bien loin du compte.

A imposer une image avilissante de l’être humain, mu par son seul égoïsme, on aurait presque fini par être persuadé qu’il n’y a que le mépris et le cynisme qui soit socialement viables. Sauf qu’il s’agit de la projection faite par les dominants, incapables pour leur part d’une sociabilité minimale. De grands malades auront tenté vaillamment essayé d'imposer à des peuples leur profond malaise existentiel.

 Une taille humaine

 Certes, les individus participent individuellement à la destruction orchestrée par nos grandes civilisations. A commencé par moi ; j’en ai conscience. Mais, comme la plupart d’entre nous, à mon corps défendant. Et, comptez pas sur le fait que je m’inflige une séance de confession  sur les conséquences désastreuses de mon individualisme économique et de ma surconsommation d’énergie…

Si l’écologie n’apporte pas d’oxygène dans la vie sociale… Si elle ne parvient pas à dynamiser l’écosystème humain qui porte toute véritable évolution humaine, c’est-à-dire, forcément collective; qu’elle reconnaisse qu’elle n’a pas pris le problème par le bon bout !

Quelle sobriété heureuse peut-il y avoir individuellement ?… Alors que nous sommes 7 milliards à occuper la Terre (et tellement plus en comptant les espèces non–humaines)… Quelle individualisation absurde,  pourrait amorcer significativement quelques changements que ce soit ?

Inversement, à l’échelle de la Terre, l’être humain n’est pas du tout en mesure – actuellement – de faire société.

L’échelle, à laquelle une société reste humaine ; et, ne va pas laisser s’inviter la race maudite des dominants, est une question de taille ! On peut souligner l’intelligence avec laquelle le mouvement des Gilets Jaunes a su innover sur ce plan...

En écologie, il est admis que l’échelle locale est la plus pertinente pour entamer sérieusement la transition écologique. Certes, à cette échelle, ça met plus de temps à être visible, car tout ce qui n’a pas de stature nationale, voire internationale n’existe pas dans l’actualité. Mais, des coordinations, il en existe dans de nombreux mouvements significatifs : les villes en transition, la permaculture… A l’image du mouvement des Gilets Jaunes, qui s’est propagé de manière virale et à néanmoins pu résisté aux tentatives de récupérations.

On a vu à quel point des collectifs de petite taille, mais à fort dynamisme interne, ont tenu des places considérables.

 Une écologie sociale

 Tout ce qui ne touche pas le respect de la vie, l’augmentation de mon autonomie individuelle et la dynamisation de mes interactions avec les autres ; qu’est-ce que cela vient faire dans ma vie ?

La quête d’un mode de vie plus sain parait, en elle-même, franchement souhaitable. Ce mode de vie prétend être plus « sain », en étant plus proche des aptitudes humaines les meilleures et du potentiel réellement disponible dans notre environnement. Mais, ce vœu ne peut se réaliser qu’à l’issue d’une démarche particulière, de prime abord, puisqu’elle remet en question à peu près tous les aspects concrets de nos vies.

 Le terme « écologie sociale » a été attribué plus spécifiquement à un courant de pensée qui considère que les problèmes écologiques « découlent principalement de problèmes sociaux, notamment des différentes formes de hiérarchies et de dominations. »

Sans avoir jamais été puisé à ce courant de pensée, je me suis trouvé dans la réalité confrontée à ce constat que la pression sociale accentue gravement celle exercée sur les écosystèmes. Mais, il existe d’autres causes connexes à l’emballement de l’hostilité à l’égard de la nature.

Et, toutes ces causes ne sont pas réductibles entre elles. Notamment notre distanciation de la nature de plus en plus forte, qui est un fait culturel et non strictement social et politique, puisque même quand je suis libre côtoyer la nature, il arrive que je m’en désintéresse.

 Un changement de culture commence par l’agriculture

 Dans le mouvement de violence faite à mes rythmes physiologiques, j’en suis même venu à me désintéresser de ce que je mange.

Nous assistons dans le plus grand désarroi à l'enlisement de l'agriculture dans une crise profonde, qui a des racines dans la crise sociale et économique qui est notre lot quotidien. L'absence de prise en main collective des propositions concrètes et pertinentes, formulées pourtant depuis plus d'un siècle, va-t-elle durer?

La production alimentaire est, aujourd'hui, quasi exclusivement entre les mains des  professionnels. Et, les perspectives, de ce côté-là, sont vraiment très mauvaises. Il faut reconnaitre que les agriculteurs sont en bas de l'échelle économique et sont totalement sous pression des dictats de l'économie néolibérale, qui, capte les plus-values et les concentrent au niveau des acteurs dominants.

Le mouvement social « Les incroyables comestibles » est animé par l'idéal de nourrir l'humanité de façon saine pour l'homme et pour la planète, localement, en suffisance, dans la joie et la dignité de chacun.  Il met à la portée de la collectivité, sans élitisme possible, une forme de production alimentaire autonome et partagée, qui peut assurer une partie des besoins alimentaires, sans discrimination. Et, surtout, focalise l'attention de la collectivité sur la disponibilité, par une organisation sociale adaptée, de la réponse au besoin fondamental de s'alimenter. 

 Ces biens indispensables à la vie

 Ce n’est pas au commerce des biens et services à me proposer des besoins toujours « nouveaux », faisant office de diversion. Et, laissant, très largement, les besoins fondamentaux de côté. Cette distraction de mes besoins les plus évidents, est une grande caractéristique de notre civilisation. L’éloignement de la nature en est un exemple ; alors que les bienfaits, gratuits qu’elle dispense sont innombrables et parfaitement reconnues. Je dois sortir de la diversion permanente. Sans quoi, je marche à côté de mon existence…

On ne se soucie plus, au quotidien d’où vient l’eau et comment fonctionne le cycle de l’eau. On utilise l’eau, comme on consomme toutes sortes de ressources sans se soucier de leur renouvellement.
Le sujet du cycle de l’eau revient sur le tapi avec les perturbations qu’entrainent les erreurs commises dans sa gestion. Le changement climatique accentue la gravité des conséquences de ces erreurs ; et, rend encore plus impératif la nécessité d’y remédier.

Dans certaines régions du monde, les nappes phréatiques sont devenues déficitaires, les cours d’eau se sont taris et les terres sont devenues progressivement arides… dans l’indifférence générale des technocrates et politiques en place. Jusqu’à ce que les populations locales, elles-mêmes, se retroussent les manches et remettent en place, avec les moyens du bord, les bassins de rétentions et d’infiltration que leurs ancêtres avaient prévus. Il a fallu un mouvement citoyen et solidaire pour rétablir en quelques années le cycle de l’eau (rechargement des nappes phréatiques superficielles et profondes, réalimentant les cours d’eau) qui a permis, à nouveau, de végétaliser les terres agricoles et rétablir leur production.
Cette gestion démocratique de la ressource en eau, c’est faite à l’insu du pouvoir en place, qui manifestement n’a ni la compétence pour animer un mouvement vraiment démocratique, ni la motivation même, car aucun prestige personnel, ni gain financier n’est à la clé.
Si nous voulons agir pour la gestion des biens communs; dont l’eau, source de toute vie en est l’emblème, il faudrait suivre cet exemple de démocratie directe, qui s’impose devant la nécessité ; parce qu’elle constitue une loi sociale naturelle.

Pour en savoir plus sur le sujet de la gestion de l'eau: https://www.notre-planete.info/actualites/4156-gestion-eau-France-secheresse

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