Nos démocraties sont, en grande partie, des « duperies »

Pour bien le comprendre, il faut revenir à l’origine de l’emploi moderne de ce mot magique. C’est ce que fait Francis Dupuis-Déri, chercheur en science politique, dans une interview sur ThinkerView, intitulée « marketing politique pour les pauvres. »

Francis Dupuis-Déri rappelle, dans une interview sur ThinkerView, que l’emploi moderne du terme « démocratie » est à usage marketing, donc un usage, somme tout, pour le moins cynique, sinon franchement pervers.

Car ce terme, qui dans les manuels scolaires, les discours politiques et les discutions de tous les jours qualifie les régimes politiques actuels, masque une toute autre réalité.

Triste réalité, dont nous sondons tous les jours la dissonance avec la définition que le dictionnaire accorde à ce mot : « Forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple. »

Ce que nous savons moins, c’est dans quelles circonstances ce mot mensonger est apparu.  Au moment de la Révolution française, deux courants politiques se sont affrontés : l’un "fédéraliste", plus proche du peuple ; et l’autre, "républicaniste", aussi centralisateur que l’est une Monarchie.

C’est ce dernier qui a remporté le pouvoir, transformant la Monarchie en République et le trône du Roi en siège du Président de la République. Les Assemblées, déjà préexistantes, étant quant à elles renouvelées aux niveaux de leurs représentants, mais toujours constituées d’une élite, éloignée du Peuple.

Dans la bouche - et l’esprit de ces Républicains – ils n’est nullement question de « démocratie. » Le Peuple reste à sa place ; l’élite monarchique étant remplacée par une élite républicaine, quasiment aussi hautaine. Au cours des épisodes de restauration de la Monarchie, c’est le mouvement inverse qui s’est fait...

Bref, la fameuse « fracture sociale » reste ce qu'elle est depuis l’instauration des pouvoirs despotiques… C’est-à-dire, nous disent les anthropologues, depuis la fin du Néolithique. Ça ne date pas d’hier, hélas.

 

Depuis, l’abolition de la Monarchie, on nous persuade que le Droit de vote a tout changé… Franchement, quand on regarde l’actualité politique moderne, depuis deux siècles, elle est truffée de scandales politiques, de comportements immoraux et de corruption. Mais, surtout de comportements totalement méprisants à l’égard du Peuple.

Et, « méprisant » est un mot faible pour qualifier le bain de sang qui a broyé la seule vraie tentative moderne de Démocratie en France : La Commune de Paris ! A laquelle, la révolte des "Gilets Jaunes" est un écho... Ce mouvement "social" - c'est-à-dire proprement démocratique - a subi grosso modo le même sort. Cent cinquante ans après, rien n'a vraiment changé sur le fond, en effet.

On nous fait croire que le droit de vote est l’expression de la « souveraineté du peuple ». On l’apprend dans les manuels scolaires. On va d’ailleurs souvent voter dans les Écoles. Mais, on vote pour une clique qui ne nous représente pas ; et qui n’a le plus souvent même pas l’intention de le faire.

C’est là que surgit le qualificatif "démocratique" dans le langage marketing des candidats, quelques décennies après les révolutions qui ont secouées les principaux pays, à l’occasion de campagnes électorales républicaines importantes. Où l’enjeu d' accès au pouvoir est fort.

 

J’avoue qu’il n’est guère facile d’admettre – ce qui pourtant est une réalité, qui nous est rappelée tous les jours – que notre République n’est, absolument pas, une Démocratie.

Alors, il est plus difficile de crier au scandale face au grand nombre d'électeurs désabusés. Si certains votent blanc – accomplissant sagement leur « devoir » d’électeurs - c’est parce qu’ils n’ont trouvé aucun candidat susceptible de les représenter. D’autres, ne se déplacent même plus, las de cette honteuse mascarade démocratique, qui consiste à « virer » systématiquement, à la fin de leur mandat, les "représentants" qui ont accaparé - plus ou moins honteusement - le « trône. »

 

Mais la vraie question de fond est, en réalité : que fait-on du trône ?

Car il ne s’agit guère de « couper » des têtes, mais de jeter ce très vieux « trône » dans les oubliettes de l’histoire des Peuples !

J’ai bien quelques propositions à faire dans ce sens…

Et, vous ?!

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