Une société humaine, la nôtre?

Une société humaine - la nôtre, - dans laquelle les problèmes sont tous individualisés, donc rendus insolubles à l’échelle où ils se posent?

Une société humaine - la nôtre, - dans laquelle les problèmes sont tous individualisés, donc rendus insolubles, n'est pas une société, puisque fantasmant un individualisme puérile qui l'a totalement dévastée!

La contrainte des déplacements automobiles - dont le coût exorbitant a été l'origine de la dernière révolte populaire - est exemplaire.

Pour aller travailler, je dois avoir une voiture, dont l'achat et l'entretien me coûtent très cher, . En plus, je devrais en porter, individuellement, la culpabilité pour la pollution, certes indéniable, que constitue ce mode de déplacement motorisé totalement individualisé.

Une société humaine - la nôtre, - dans laquelle les problèmes sont tous individualisés, donc rendus insolubles, c'est un énorme bazar proche plutôt d'une dictature des riches, sous prétexte fallacieux d'individualisme.

C'est une structure de pouvoir, obsolète, qui impose à la collectivité la nécessité de polluer, de détruire. Et, cela, quelque soient mes convictions individuelles, quant à l'usage de la voiture, à la protection de notre environnement et à la préservation des ressources pour les générations futures...

Cette structure de pouvoir impose le désastre humain et écologique actuel. L'usage indispensable du déplacement individuel motorisé n'est qu'un exemple; mais tellement patent!

L'usage contraignant des déplacements motorisés, plusieurs fois dans la journée - pour aller travailler, faire les courses... - et tout au long de la vie, est un gaspillage colossal... desrructeur et parfaitement institutionnalisé. La taxe sur les carburants ne constitue-t-elle pas, en effet, une des recettes principales de l’État?

Tout cela est opposé au plus élémentaire des bons sens; et, aucunement nécessité par la progrès humain... En tout cas pas sous la forme collectivement bénéfique!

Il est assez facile d'imaginer, que face à la généralisation de l’usage du transport individuel mécanisé, la recherche d'une motorisation "propre" - du type moteur à eau envisagé dés le début du XIXe siècle par Niepce - soit une évidence scientifique, économique et sociale. Au lieu de cela, la rente des activités pétrolières a été exploitée jusqu'au bout, faisant de chacun d'entre nous les otages du capitalisme pétrolier.

Le découpage minutieux et sophistiqué de tous les enjeux globaux en intérêts strictement individualisés. Les capitaux privés - pas plus que ceux d’État - ne vont pas se transférer vers des innovations nécessaires et utiles, leur but n'étant pas l'intérêt collectif. On nous joue remarquablement la farce d'un État qui doit rester neutre; mais qui soutient, idéologiquement - donc profondément - les intérêts privés, contre les intérêts collectifs.

L’État est aussi, de fait, une structure de pouvoir, qui impose le désastre écologique...

Une société humaine - la nôtre, - dans laquelle les problèmes ne sont pas pris en compte au niveau collectif, c'est-à-dire au niveau où ils peuvent être résolus, n'est pas une société démocratique.

Et, c'est là le vrai problème: la division  de la société en intérêts tous privés. Le découpage minutieux et insensé de tous les enjeux globaux en intérêts strictement individualisés. Ceci servant d'incise à un pouvoir non autocratique.

Pourquoi les bonnes initiatives citoyennes n'ont aucune représentativité? Pourquoi les champs d'expérimentation alternatifs sont vus, non comme des opportunités, mais des dangers?

 

Une société humaine dans laquelle les problèmes sont repris en compte au niveau collectif aura toujours un avenir.

Les intérêts idéologiques et privés qui sapent toute perspective d'avenir n'ont plus eux-mêmes d'avenir. Le nihilisme économique a été mis à nu irrémédiablement...

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