Stage de yoga intensif pour la "Renaissance" de l'Europe

Voici un portrait humoristique de la candidate d'En Marche pour les Européennes avec quelques bifurcations du côté d'Alexandre Benalla. Bonne lecture.

  Ce mardi 26 mars, la liste des candidats d’en Marche – LREM – des Européennes a été annoncée. Nathalie Loiseau a démissionné de son poste de ministre des Affaires étrangères afin de mener la campagne. Yannick Jadot, candidat des verts, qualifie cette liste de « troupe de théâtre où personne ne se connaît » et ironise : « Vous avez les pro-glyphosate et les anti-glyphosate, les pro-chasse et les anti-chasse... »

  Les attaques virulentes du politicien envers ce casting sont motivées par la présence étonnante d’un ex-eurodéputé vert dans la liste. Il s’agit du numéro 2 des candidats LERM, Pascal Canfin. Beaucoup sont dubitatifs envers la logique du président de la République de rassembler l’écologiste et le patron du syndicat des jeunes agriculteurs, Jérémie Decerle. Celui-ci est prêt à abandonner ses vaches charolaises pour rejoindre les animaux politiques du parlement européen. L’agriculteur pro-glyphosate et chasseur représente tout ce que Pascal Canfin combat depuis des années.

  Les sondages annoncent LREM en tête des partis avec 23 % d’intention de vote. Si le résultat final est proche de cette estimation, cela ferait une vingtaine de sièges en faveur de la troupe macroniste. Autant dire qu’il faudra quelqu’un pour séparer l’agriculteur chasseur et son camarade écologiste en cas de désaccord sur les sujets sensibles. C’est peut-être la raison de la présence de Nathalie Loiseau aux manettes. Cette femme semble d’une patience olympique. À chacune de ses apparitions, elle ne s’énerve jamais face aux questions des journalistes. Elle use d’un ton monotone, voire ennuyant. Cette ex-diplomate, ayant travaillé dans des ambassades du monde entier, ne prononce jamais un mot plus haut que l’autre.

  La liste a choisi comme slogan de campagne : « Renaissance ». Ce serait une idée de Macron. On devine que le locataire de l’Élysée voudrait transformer l’Europe en nouvelle religion. Pris en otage depuis 4 mois par des « guignols » jaunes lui gâchant ses journées de ski, le fils spirituel de Margaret Thatcher a besoin d’évasion et de distance avec le Français moyen. Il juge ses concitoyens peu raisonnables. Il n’y a qu’en France qu’on peut retrouver une vieille de 73 ans au côté de gilets jaunes dans une manifestation interdite par le préfet des Alpes-Maritimes. On aurait pu penser que Geneviève avait trompé la vigilance du personnel de sa maison de retraite et confondu le rassemblement jaune avec le carnaval de Nice. Mais la dame n’était pas une manifestante débutante. Au lieu de rejouer les soixante-huitardes, il aurait été plus « sage » de la part de la militante d’Attac de se balader sur la promenade des Anglais, comme tous les vieux du coin. À quoi ça rime de vouloir changer le monde quand on est septuagénaire ? Puis la police qui l’aurait poussée ? Ben voyons... Ce n’est pas le genre de la maison.

  En ce qui concerne les jeunes, ce n’est pas mieux. Sous le prétexte d’un réchauffement futur de la planète de quelques degrés, collégiens, lycéens et étudiants sèchent les cours chaque vendredi. « On est plus chaud que le climat », peut-on lire sur des pancartes. Ils sont surtout contents de prendre l’air chaque vendredi. Cela permet d’échapper au serment du professeur qui attend leur DM depuis plus d’un mois.

  Quand la connerie de la jeunesse et de la vieillesse se mélange, on comprend l’irritation du président. Il a vraiment besoin d’un audimat plus large que l’hexagone. L’Europe paraît la bonne échelle à notre « Alexandre le Grand » du troisième millénaire.

 

  En parlant d’Alexandre, Macron doit regretter l’impossibilité de placer Benalla en tête de liste LREM. Les politiciens se plaignent du manque d’intérêt de la population pour les élections européennes. À ces scrutins, le gagnant est à chaque fois l’abstention. Mais la population a besoin d’animation, de rebondissements et de suspens pour s’enthousiasmer à propos des Européennes. Avec Nathalie Loiseau en maître yoga, on s’emmerde ! Disons les choses comme elles sont.

  Imaginez la campagne qu’aurait pu organiser Benalla. L’ex-garde du corps du président aurait mis en valeur les métiers de la sécurité dans sa liste. Ensuite, avec ses colistiers au physique de déménageur, il aurait fait campagne sur le terrain chaque samedi dans des villes différentes. LREM aurait été une nouvelle brigade de civiles créée pour botter le cul aux gilets jaunes en vue. L’équivalent d’une milice dans une bonne dictature, ni plus ni moins. On connaît l’amour d’Alexandre envers les forces de l’ordre et son envie permanente de jouer les gendarmes.

 Puis la campagne tombe en plein 1er mai, la fête préférée d’Alexandre. L’année dernière, la police l’a gâté en lui prêtant un brassard de véritable flic et un casque à visière. Benalla s’est senti comme un gosse de 5 ans essayant ses cadeaux du père Noël. Le monsieur sécurité de l’Élysée ne s’est pas cantonné à uniquement observer. Ce n’est pas dans son tempérament de rester en retrait. Notre homme aime s’investir dans les nouvelles expériences. Un jeune couple en a eu la démonstration. Après un bras d’honneur de la manifestante à la police, Benalla s’est précipité sur elle en l’étranglant. Le compagnon, au lieu d’en profiter pour déguerpir, a voulu jouer les durs en s’approchant de la nouvelle recrue de la police. Celui-ci a flairé la nouvelle proiedeux pour le prix d’un – Il a changé de cible en étranglant cette fois-ci le compagnon. Le manifestant a dû croire assister à sa mort. Il est probable que cet homme dès qu’il croise un groupe de policiers désormais. Il y a eu les vétérans du Vietnam souffrant de stress post-traumatique. La Rencontre de Benalla sur son chemin peut aussi conduire à ce genre de perturbations psychiques...

La suite et fin sur le site humoristique du "connard enchaîné" dans la rubrique "Européennes 2019"...

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