Une nouvelle famille recomposée ?

humour/ caricature/ satire/ actualité française et internationale La famille de la droite réunie au grand complet par Marion Maréchal.

                                                                       Une nouvelle famille recomposée ?

  Alors que les partis politiques ont tous fait leur rentrée, Marion Maréchal réunit ses troupes le samedi 28 septembre dans son école de science politique à Lyon. Vichy à deux heures, on ne s’éloigne pas trop des fondamentaux... L’égérie de l’extrême droite française désire ratisser large : des Fillonistes aux identitaires avec un penchant catholique si possible. La nièce de Marine, pour son premier festival politique, a choisi comme thème « l’alternative au progressisme ». Par progressisme, comprenez macronisme, même si la comparaison vous rend dubitatif. Il faut bien désigner la proie, c’est le b.a-ba de la politique.

  Les premières têtes d’affiche ont été révélées. Eric Zemmour sera la grande attraction de la journée. Il dirigera un atelier sur « Qu’est-ce qu’un prénom français ? » à l’entrée du bâtiment principal. Autant en profiter pour faire le tri des spectateurs. Si des Ibrahim ou des Yasmina font irruption dans les locaux, on ignore la réaction des jeunes de « Génération identitaire ». Même à jeun, ces militants ont l’œil d’un dermato de trente ans de métier. Au premier regard, ils détectent l’épiderme non conforme au label national.

  Plus surprenant, la venue de l’animateur télé d’Arte, Raphaël Enthoven. Il a accepté l’invitation à la condition de se charger de la critique sur « la critique des élites ». En termes d’élite, le philosophe maîtrise le sujet : lycéen parisien à Henry IV, puis agrégé de philo à l’école normale supérieure, il est un pur produit de l’élite républicaine. Jamais à court de mots et d’arguments, Raphaël réalisera son autocritique face à la plèbe patriotique. Cela lui changera du public distant et snobinard d’Arte.

  Un député « marcheur » fera également le déplacement. Spécialiste de l’immigration, Aurélien Taché n’a pas résisté au rassemblement de tous ces passionnés de flux migratoires et d’appels d’air. On connaît déjà la grande générosité du gouvernement Macron envers les migrants et les associations les secourant. En juin 2017, en visite à Calais, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérard Collomb, invitait les associations à aller « déployer leur savoir-faire ailleurs. » En mai 2018, Nathalie Loiseau, en pleine campagne européenne, évoquait « un shopping de l’asile. » Un an plus tard, pourquoi douter du représentant « progressiste » déclarant vouloir apporter la contradiction au débat migratoire ? Les adeptes de la théorie du grand déplacement sont prévenus...

  La présence de maître Collard n’est pas encore confirmée. Ce serait l’occasion de détendre les militants en animant un tribunal des flagrants délires. L’accusé idéal serait Yann Moix. Rejeté par ses proches et conspué par l’opinion publique, il pourrait rejoindre cette grande famille de la droite qui ne lui est pas si étrangère d’après ses confessions. Ayant stoppé la promotion de son livre-choc et absent de la liste des prétendants au Goncourt, ce n’est pas le temps qui le retient et encore moins la famille. Puis, Zemmour et Moix dans la même écurie, ça aurait de la gueule ! Éric pardonnera-t-il le prénom breton de Moix ? Yann sera-t-il étiqueté produit 100 % français par le polémiste ? Si l’ennemi public numéro 1 de la rentrée littéraire lui offre quelques dessins antisémites de sa période étudiante, une complicité peut émerger entre eux. Même Dieudonné a salué le coup de crayon de Yann. Comme c’est beau cette émulation artistique...

 Seul bémol, Marine Le Pen boude le rendez-vous. Elle serait agacée par les initiatives de sa nièce qui ne penserait qu’aux présidentielles de 2022.

  Toutefois, depuis le débat d’entre-deux-tours de 2017 et la prestation de la tante face à Macron, certains pensent que le nom de Le Pen ne doit plus jamais figurer sur un bulletin électoral. Il faut remonter à 1969 pour assister à une présidentielle sans un Le Pen ! Autant dire une option peu vraisemblable. Au moins autant qu’imaginer en 2018 la tenue de 45 actes d’une unique tragédie sur fond de gilets jaunes et de cabanes de fortune en guise de décors. Les histoires de familles recomposées, c’est toujours un bordel pas possible pour y comprendre quelque chose...

 

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