Le martyre de la République sur scène à Bobigny

Aujourd'hui débute le procès de Mélenchon et 5 de ses camarades de la France Insoumise. Voici un petit rappel de la situation en humour... Bonne lecture !

                                                                  Le martyre de la République sur scène à Bobigny

  Après Balkany la semaine dernière, c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon et 5 de ses camarades de la France Insoumise (FI) de comparaître ce jeudi au tribunal de Bobigny.

  Rappel des faits : le 18 octobre 2018, une visite surprise de policiers en zone insoumise est menée dans le cadre d’une enquête préliminaire sur l’emploi d’assistants parlementaires européens fictifs et sur la vérification des comptes de campagne de la présidentielle 2017.

Si rien de suspect n’a été découvert sur place, les forces de l’ordre ayant effectué la perquisition ont été chahutées par le président de la FI et ses sous-fifres. La justice évoque des actes d’intimidation et de provocation sur les fonctionnaires. Mélenchon a repoussé des policiers et le procureur avant de les prévenir : «  Me touchez pas ! Je suis sacré ! » Il semble que pratiquer le culte de la personnalité peut devenir dangereux quand cela se prolonge trop longtemps. Agacé par cette incursion, le politicien a hurlé à un des policiers : « La République, c’est moi ! » Il faut absolument revoir l’organigramme de la FI avant que Mélenchon ne termine ses jours en HP à picorer pilule sur pilule tel un coq républicain.

  Pas de répit pour l’avocat de Balkany. Maître Dupont-Moretti se chargera de la défense des policiers. Le magistrat pourra reprendre ses démonstrations et saillies légendaires interrompues plusieurs semaines par les pitreries de son client de Levallois. Balkany tenait à conserver le premier rôle à son procès, se moquant des risques. On sait désormais que l’addition a été de 4 ans de prison ferme.

  Le duel entre le ténor du barreau et Mélenchon a déjà débuté par média interposé. L’apprenti révolutionnaire estime que Dupont-Moretti est « un pion payé par l’État. » L’avocat conseille à celui qu’il nomme « le millionnaire rouge » de « prendre une petite camomille » pour se détendre.

  On imagine les cadres de la FI lorgnant une défaillance cardiaque irréversible en plein tribunal de leur patriarche. Tant que celui-ci respire, aucun militant n’osera lui proposer une retraite bien méritée. Il ne faut pas croire que les journalistes soient la seule cible de la grande bestiole rouge. Du militant de base aux députés, à la moindre contrariété, Mélenchon a un don singulier pour foutre la pétoche. Jack Nicholson jouant Franck Costello, le mafieux des « infiltrés », a l’air d’un rigolo à côté de Merluchon en colère.

  Heureusement, sa femme écrase 2 lexomils dans son café chaque matin. Sans ce rituel, il aurait zigouillé le procureur et les flics en enfilant sa tenue de black bloc planquée dans l’armoire de son bureau du parti. Si les fonctionnaires étaient apparus un samedi, unique jour où sa femme ne lui sert pas son café thérapeutique (madame pratique sa méditation hebdomadaire), l’insoumis en chef aurait rejoint Balkani à la prison de la Santé pour y terminer sa vie. Finis les carnavals avec les copains du samedi en plein Paris, finis les discours à l’assemblée ou sur internet, terminée la relation intime avec son hologramme, plus de journalistes à terroriser…

  Le politicien se déclare victime d’une « exécution politique »orchestrée par le gouvernement. Il profite du début du procès pour faire paraître le même jour son nouveau livre, « Et ainsi de suite ». Une stratégie marketing admirable qui fera sans doute oublier le titre insipide de l’ouvrage. Celui-cirevient sur la traque des gilets jaunes par des barbouzes, la dérive autoritaire de l’État et surtout sa tournée triomphale en Amérique du Sud avec l’Amazonie en feu à chacun de ses passages. Mélenchon a relaté cette ferveur dans un tête-à-tête carcéral avec Lula. L’ex-président brésilien aurait fondu en larmes en écoutant le récit enflammé de son camarade français.

  Pendant les suspensions de séance à Bobigny, le patron des insoumis dédicacera son nouvel opus dans les couloirs du tribunal à droite des toilettes. Prière d’éviter les photos sauvages, car Jean-Luc déteste que son image lui échappe. Un bataillon de la FI réceptionnera portables et appareils photo pour immortaliser ce moment privilégié. Prenez place au spectacle...

 

 

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