Deux Castafiores au secours de la république

Le "grand débat " chez Hanouna avec l'égérie du gouvernement en invité d'honneur, Marlène Schiappa.

                                                    Deux Castafiores au secours de la République !

Le protégé de Bolloré, Cyril Hanouna, dont l’annonce de ses audiences provoque les plus belles érections de l’homme d’affaires, a expérimenté le débat politique. Pour tenter l’expérience, il a convoqué dans son émission sur C8 l’égérie de la start-up macroniste. Marlène Schiappa, secrétaire d’État de l’égalité entre hommes et femmes, a mouillé la chemise au profit du gouvernement en franchissant le plateau électrique de « Balance ton poste ». En réponse aux tracas de la France des invisibles, deux des têtes les plus visibles du show-biz ont joué les philanthropes. Ils ont uni leurs voix de Castafiore afin de promouvoir « Le grand débat » lancé par le président en réponse au remue-ménage des gilets jaunes.

 

Une fois la partie du public aux tympans fragiles évacuée, les deux sopranos ont démarré leur partition. L’animateur-tyran avec ses chroniqueurs n’a commis aucune bévue face à la politicienne, très impliquée dans la thématique du harcèlement. L’animateur s’est surpassé en évitant le piège des « regards insistants » et les cadeaux invités de type poupée gonflable. Même en gentleman, Hanouna a séduit plus d’un million de téléspectateurs ! À défaut de tutoyer les étoiles, les deux célébrités ont joué aux enfants de Don Quichotte en cherchant des solutions aux soucis du quotidien misérable de leurs téléspectateurs.

 

L’arrivée de la diva de la communication dans les locaux de la chaîne avait pourtant mal débuté. Au cours du maquillage, un peintre sifflait dans ses oreilles en peignant un mur de la pièce. Sur ordre ministériel, un agent de la sécurité l’a chassé du bâtiment en lui assénant qu’on ne sifflait pas en présence d’une dame au 21e siècle. Flânant dans la rue, l’homme songeait à son épouse qui lui demandait chaque soir de lui siffler un air d’opéra. Était-il l’époux d’une femme refusant de vivre avec son temps ou d’une masochiste ?

 

Le gouvernement s’aventure sur tous les terrains pour débattre : médias, zones rurales,

périurbaines, piétonnes, pavillonnaires. Même la ville de Niort n’a pas été exclue du débat malgré sa soi-disant laideur immortalisée dans le dernier livre d’un sociologue, Michel Houellebecq. Le staff macroniste garde évidemment une distance de sécurité avec les zones sensibles, c’est-à-dire les quartiers populaires. Pourquoi perdre du temps avec des habitants qui boudent autant les

« gilets jaunes » que le grand débat démocratique instauré par le pouvoir ? Ces « insensibles » constituent le noyau dur des 4 millions 1/2 d’individus survivant grâce aux minimas sociaux : RSA, minimum vieillesse ou allocation adulte handicapé. « Un pognon de dingue dilapidé en l’air... Et ce n’est pas de la pipe ! » s’exaspère sûrement le président sur son trône en baissant ses yeux fâchés vers le visage affairé de la première dame.

À croire que la pauvreté augmente l’insensibilité aux propositions politiques de tous bords...

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.