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Billet de blog 24 nov. 2019

En attendant Apocalypse Now

Brigitte a découvert Emmanuel au cours d’un atelier de théâtre en 1993. Avant de descendre dans l’arène politique, le théâtre semble un bon terrain de formation pour l’adolescent. On l’imagine jouer Scapin et répéter inlassablement ses fourberies tel Édouard Philippe, boxeur exécutant ses gammes sur un sac de frappes. Direct du droit, crochet du gauche, uppercut et on esquive !

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   Le président est venu à Amiens, sa ville natale, le jeudi 21 et le vendredi 22 novembre. Brigitte a rencontré Emmanuel, 15 ans, au cours d’un atelier de théâtre qu’elle dirigeait en 1993 au lycée de la Providence (ça ne s’invente pas). Si Sarkozy et Carla c’est du sérieux, Brigitte et Manu c’est trois crans au-dessus : une relation fusionnelle digne d’un volcan insomniaque.

   Avant que l’adolescent ne descende dans l’arène politique, le théâtre paraît être un excellent terrain de formation.On l’imagine jouer Scapin et répéter inlassablement ses fourberies tel Édouard Philippe, boxeur exécutant ses gammes sur un sac de frappes. Direct du droit, crochet du gauche, uppercut et on esquive ! Le résultat de ces deux activités est l’application pratique de la doctrine du « en même temps ». Et quoi de plus pertinent que de débuter une carrière politique en débitant des fourberies dans la langue de Molière ? On est loin du « Casse-toi, pauv’ con ! » de Sarkozy expérimentant un registre plus populaire, peut-être même un peu trop.

   François Hollande a eu un aperçu de la richesse du jeu de scène de son protégé qui est vite devenu son rival. En 2016, Macron quitte le ministère de l’Économie pour créer« En Marche » et ranger l’ex-président « normal »dans la case vétuste d’un antiquaire.

   Avant des semaines difficiles en perspective dans les rues du pays, le chef d’État désirait sans doute recharger ses batteries dans sa Picardie chérie. Son retour au bercail n’a pas déplacé des foules. Le politicien s’est invité à l’université, espérant passer un bon moment sympa entre jeunes. Mais dans l’amphithéâtre, ça ronchonne. On lui rappelle la précarité étudiante tout les cinq minutes. L’un d’eux s’est même transformé en torche bipède de désespoir, devant le CROUS de Lyon.

   Macron n’est pas un sentimental et ne supporte plus ces « jérémiades ». Il estime que la France est d’une humeur trop négative. Oui, il y a eu 137 féminicides depuis le début de l’année. Oui, les suicides des policiers, d’agriculteurs, d’enseignants ou d’autres sur leur lieu de travail augmentent. Mais il y a tout de même de belles surprises. Les salariés d’Orange, le fleuron du burn out tricolore, ont repris du poil de la bête, semble-t-il. Aucun plongeon du dixième étage des bureaux à déplorer parmi les troupes de la télécommunication cette année. Les managers ont enfin réussi à faire comprendre aux employés qu’un suicide réussi est un suicide à domicile. Dans les locaux de la boite, ça éclabousse l’image de la maison…

   Puis y en a assez de tout ces mots en -ide que les médias rabâchent. Il faut changer de rime avant que le locataire de l’Élysée ne commette un « homicide ». Achever cette fantaisie linguistique avant d’approcher le génocide.

   Et que penser de cette date du 5 décembre présentée comme l’apocalypse ? Quelle étrange idée de choisir le mois le moins lumineux de l’année et le plus redouté des dépressifs pour défier des « Marcheurs » en cravate. Macron définit ce rendez-vous comme la seule défense des régimes spéciaux d’une autre époque. De quoi attiser la colère des nombreux manifestants prisonniers de régimes minceur et d’idées noires.

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