RESILIENCE face au Coronavirus en France

Qu'est donc que la résilience? C'est parait-il (Psychologies) "La capacité à réussir à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comporte normalement le risque grave d'une issue négative."

Ce billet est écrit à la suite de brefs échanges, en particulier sur le réseau social LinkedIn, au vu d'une communication du Ministère des Armées sur son engagement en France et dans nos DOM-TOM dans la lutte contre la pandémie (épidémie mondiale) du Coronavirus COVID-19.

Il n'a pas pour ambition de juger une action en cours, et encore moins de la condamner ou de l'absoudre par avance.

C'est une réaction individuelle - la mienne - face à des annonces médiatisées et à la réalité du terrain.

Opération RESILIENCE - Armées Françaises - Mars 2020 © Ministère des Armées (France) Opération RESILIENCE - Armées Françaises - Mars 2020 © Ministère des Armées (France)

Si je compte bien - sauf erreur ou omission - l'opération RESILIENCE aurait donc permis de traiter 60 patients au cours de la semaine dernière:
30 en hôpital de campagne à Muhouse,
12 par bateau en Corse,
3 x 6=18 patients par avion depuis Mulhouse.

Il y aurait à ce jour - sauf erreur ou omission - 5565 cas sérieux/critiques en France.
L'intervention de nos armées a donc permis d'améliorer la situation pour 60/5565.
Reste 5505 en état sérieux/critique.

Les 19 pays les plus touchés par le Coronavirus COVID-19 au 31 mars 2020 © Général (2S) Dominique DELAWARDE Les 19 pays les plus touchés par le Coronavirus COVID-19 au 31 mars 2020 © Général (2S) Dominique DELAWARDE

Je ne dénigre pas, on fait ce que l'on peut, avec ce que l'on a.
Nos armées font le maximum, avec les moyens qu'elles ont.

Impact sur les cas sérieux/critiques: 60/5565.
Soit 1,08%
Reste 98,2% des cas sérieux/critiques sur lesquels cela n'influe pas.

Soit (ce que je crains) nos armées n'ont pas assez de moyens...
Soit c'est une intervention largement médiatisée qui masque un manque cruel de moyens médicaux, dont souffrent directement 5505 personnes à ce jour.
Sans oublier les 39.161 également en cours de soin.

Là il n'est pas question de dire "le nombre total on ne sait pas".
On sait parfaitement qu'il y avait à l'aube ce matin, 52.128 cas enregistrés, avec 3523 morts (499 dans la journée du 31 mars).

Encore une fois je ne critique ni l'engagement ni les efforts de nos armées.

"La plus belle femme du monde, ne peut donner que ce qu'elle a."
Nos armées font de leur mieux, au maximum de ce qu'elles ont.
Notre système hospitalier fait de son mieux, au maximum de ce qu'il a.

La responsabilité des moyens dont ils disposent incombe à celles et ceux qui ont validé leur budget, et aux parlementaires qui ont voté ces budgets.
La réaction de la France à cette épidémie est directement liée aux moyens que les responsables politiques ont accordés à nos hôpitaux et à nos armées.
Tout simplement.

Encore une fois, je salue l'engagement et les efforts de nos militaires, d'active comme de réserve, ainsi que nos soignants, réservistes inclus.

Si l'on peine à la tâche ce n'est pas faute de courage, ce n'est pas faute de volonté, ce n'est même pas faute de personnel.
C'est faute de moyens, faute d'anticipation, faute de budget.

Cette faute n'est ni militaire ni sanitaire.
Elle est politique.

Didier CODANI

P.S.: Différentes réactions continuent de m'arriver en MP sur Facebook comme sur LinkedIn ainsi que par quelques messages publics.

Je vous invite à passer voir ce qui est public, car je ne refuse nullement la critique dès lors qu'elle est constructive.

N'ayant pas l'accord des auteurs pour reproduire leurs propos ici, je me bornerai à reprendre les miens sur une des plus intéressantes réflexions d'un internaute - presque anonyme - membre de LinkenIn et peut-être Gendarme:

"Merci pour le commentaire, même si je ne crois pas avoir si bien argumenté.

J'ai bien noté les trois actions hautement symboliques: Un hôpital de campagne pour l'armée de terre, un navire pour la Marine, un avion de transport pour l'armée de l'air, et le SSA par-dessus le tout. Mais tout ça c'est juste un calibrage de communication.

A mon sens, une seule vie sauvée vaut que l'on se batte. Tout ne peut se résoudre en courbes ou en graphiques.

A ce jour le temps c'est le temps de l'action, même si elle me semble symbolique (1% d'impact), et c'est elle qui compte. Il faut soutenir nos soignants et nos militaires, sans oublier d'ailleurs gendarmes et policiers, caissiers de supermarché, postiers et livreurs.

Pour autant, il ne sera pas acceptable de se défausser sur eux ou sur le simple citoyen quand la crise aura été jugulée. Si nous avons peu de lits, si nous avons peu de masques, si nous avons peu de gel... ce n'est ni un hasard malheureux, ni le fait de nos concitoyens.

Il faudra en reparler en temps utile une fois le péril passé. Dans l'immédiat, agir en suivant fidèlement les consignes de confinement, en travaillant au quotidien pour continuer à faire tourner le pays, c'est l'essentiel. C'est la priorité.

Merci encore."

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