Un café et mon journal SVP

Je profite du café, et du fait que ce matin j'ai le temps d'écrire, pour revenir un instant sur Nice-Matin et ses journalistes. J'ai noté cette réaction de rejet, pour ne pas dire de haine, que certains d'entre vous ont à l'encontre de ce journal.

Je profite du café, et du fait que ce matin j'ai le temps d'écrire, pour revenir un instant sur Nice-Matin et ses journalistes.
J'ai noté cette réaction de rejet, pour ne pas dire de haine, que certains d'entre vous ont à l'encontre de ce journal.

La "Une" de Nice-Matin ce lundi 9 mars 2020 © Nice-Matin La "Une" de Nice-Matin ce lundi 9 mars 2020 © Nice-Matin

Je suis abonné à ce quotidien de la presse régionale.
Je n'ignore rien de qui le possède, de qui anime les rédactions, ou même des restructurations internes.
Je ne vous parlerai pas de la ligne éditoriale, de la souplesse d'échine d'une partie des dirigeants et des tendances dictatoriales plus qu'éditoriales de certains.
Je reste pragmatique: Premier et seul vrai journal à Nice.
Qui peut s'en passer? Qui peut - réellement - le mépriser?

Un peu comme Corse-Matin sur la Corse. Et dans Corse-Matin l'ancien rédacteur en chef et l'ancien rédacteur en chef adjoint restent des gens de valeur avec lesquels je continue à entretenir des relations amicales alors même qu'ils en sont partis.

Il y a le journal, et il y a les journalistes. Je ne vais pas dresser la liste des journalistes ou en faire l'évaluation annuelle.
J'en ai mentionné au fil du temps quelques-uns, quelques-unes.
Il y en a que je connais, personnellement. Que j'apprécie, ou pas.

Il y en a que je ne connais que par leurs écrits.
Objectivement, les noms que j'ai donné pour avoir scanné leurs derniers articles, Grégory Leclerc, Stéphanie Gasiglia, Laure Bruyas, ou encore Célia Malleck, ce sont des gens qui savent écrire, relater des faits et quand ils/elles le peuvent, donner leur opinion. La leur, pas une qui tombe de Paris.
Nous avons tous le droit de douter de leur talent, ou de penser qu'on pourrait faire mieux.
Pas le droit de les insulter.

Le journalisme dans la PQR, la Presse Quotidienne Régionale, pour s'en moquer et ricaner il y a déjà la presse parisienne. Leurs confrères parisiens savent à l'occasion leur témoigner plus de mépris que ni vous ni vous (pas moi, merci) ne pourront jamais mettre en ligne.

Alors si nous voulons que les journalistes de Nice-Matin soient vraiment nos journalistes, commençons par leur donner les moyens d'exister. En respectant leur travail, en achetant au coup par coup leurs articles via la pub en ligne, ou mieux, en prenant un abonnement.

Quand ils le peuvent, et parfois tous seuls dans leur coin, le temps d'une critique littéraire ou d'un commentaire politique, ils/elles écrivent merveilleusement bien.

La mode est aux #FakeNews, c'est l'excuse que j'ai trouvée pour me dire que je devais aller vérifier... © Laure BRUYAS La mode est aux #FakeNews, c'est l'excuse que j'ai trouvée pour me dire que je devais aller vérifier... © Laure BRUYAS

Difficile de susciter l'intérêt ou l'émotion quand on est confiné à la rubrique des "chiens écrasés".

Et pourtant, je me souviens de la fin d'un billet Facebook de Célia MALLECK le 16 juillet 2016. Ce n'étaient pas des chiens qui avaient été écrasés, 48h00 auparavant, Promenade des Anglais :
"Demain, je sentirai la haine et la tristesse suinter de mes paupières, je sentirai la rancœur serrer mes dents violemment au fil du décompte mortifère, je hurlerai l’injustice de ces innocents fauchés parce qu’ils étaient là, au mauvais endroit, au mauvais moment, quand, lancé dans sa course effrénée, le conducteur du camion blanc - l’esprit du fou tatoué comme une balafre dans sa tête nécrosée - arracha la vie à ces hommes, ces femmes et ces enfants.
Mais ce soir, ce soir, j’essaierai d’oublier le filet de sang qui étrangle ma gorge, mon cœur, et je pleurerai la vie soufflée, la mémoire salie, l’insupportable vérité d’une nuit assassinée.
Seu Nissart."

Allez-y, dites-moi que c'est mal écrit, que ça manque de sincérité ou de talent... Je saurai ce que vous valez.

C'est pour des femmes et des hommes capables de cette qualité de rédaction que j'accepte d'acheter Nice-Matin. Pas pour son directeur, ou son actionnaire majoritaire.

Je vous laisse en juger.
Ce n'est que mon opinion et elle souffre la contradiction.

Didier Codani
9 mars 2020, quelque part entre le 2e et le 3e café du matin.
☕️

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