Philippe PETAIN et nos anciens combattants

Je trouve les propos de Monsieur Emmanuel MACRON - dont je suis un adversaire politique – mesurés et justifiés concernant ce que fut, dans l’histoire de France, Philippe PETAIN. Philippe PETAIN fut à mes yeux exactement ce que Monsieur Emmanuel MACRON a dit de lui.

Vu de loin (Corse du Sud) et de haut (Alta Rocca) j’ai écouté attentivement les propos du président de la République concernant Philippe PETAIN.

Je trouve les propos de Monsieur Emmanuel MACRON - dont je suis un adversaire politique – mesurés et justifiés concernant ce que fut, dans l’histoire de France, Philippe PETAIN.

Portait officiel du Maréchal PETAIN © Domaine public Portait officiel du Maréchal PETAIN © Domaine public

Philippe PETAIN a été jugé et condamné pour ce qu’il a fait entre 1940 et 1945. Je ne suis pas partisan de sa politique, et à l’époque si j’y avais vécu, j’aurai probablement pris les armes contre les ennemis de la France ; j’ai quelques références et preuves en ce domaine, titre de guerre notamment. Pour autant, je crois que l’on ne peut ni ne doit oublier l’intégralité de la carrière de Philippe PETAIN avant 1914, où il avait été un officier et chef de corps parfaitement honorable.

On ne peut oublier ou minorer son rôle éminent durant la période 1914-1918 où ce colonel qui allait partir en retraite est devenu général, puis Maréchal de France pour la qualité et l’humanité de ses décisions dans la conduite d’une guerre aussi intensément meurtrière.

On ne peut pas oublier Verdun en 1916 ;  on aurait certainement dû mieux en partager la gloire, mais Philippe PETAIN y a sa juste et très large part.

Impossible non plus, sauf aux écervelés qui n’usent de notre histoire que comme d’un marchepied, d’omettre l’importance de la contribution de PETAIN à la suite de LIAUTEY dans la campagne du Rif.

A la veille du centenaire de l’armistice, je pense sincèrement que l’on a surévalué JOFFRE au détriment de FOCH et de quelques autres, dont notamment GALLIENI qui dénotait en tant que vieux Colonial alors qu’il était si méritant, et de CASTELNAU qui fut à mes yeux le vrai généralissime, mais que l’on a écarté après avoir exploité tout son talent, et dont on garde la mémoire sous le boisseau parce qu’il fut catholique ouvertement pratiquant.

Ce centenaire nous aura au moins permis de réaliser la richesse que nous avions en grands officiers, et la mesquinerie avec laquelle certains des meilleurs ont été écartés dès les périls passés.

On a su faire de même, dès 1946, pour d’autres…

Philippe PETAIN fut à mes yeux exactement ce que Monsieur Emmanuel MACRON a dit de lui.

A tous ces braillards qui estiment (de quel droit ?) que le président de la République aurait « trébuché sur PETAIN » je répondrai qu’il a - pour une fois – exprimé avec juste mesure ce que fut cet homme : Aucune louange excessive, aucun oubli de ses crimes ensuite.

Le général de GAULLE l’a dit lui-même il y a plus de 50 ans, lors du discours de commémoration de la bataille de Verdun, en 1966 :

« Si, par malheur, en d’autres temps, dans l’extrême hiver de sa vie et au milieu d’événements excessifs, l’usure de l’âge mena le Maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire que, vingt-cinq ans plus tôt, il avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée, ni méconnue, par la patrie ».

Je rappellerai aussi aux braillards où était l’immense majorité de leurs parents et grands-parents quand les pleins pouvoirs ont été votés à celui qui était présenté alors comme « le sauveur de la France » et pour qui était créée une chanson (Maréchal, nous voilà) qu’ils ont pratiquement tous chanté, jusqu’au 7 juin 1944 ; date à laquelle (la formule n’est pas de moi) « 40 millions de Pétainistes sont devenus 40 millions de Gaullistes ».

Propagande pour la Révolution Nationale © Domaine public Propagande pour la Révolution Nationale © Domaine public

 

Les descendants de ces retourneurs de vestes, il y en a dans toutes les familles de France. Même si en Corse, premier département Français libéré, nous en aurions – dit-on – un peu moins qu’ailleurs... Il devait y en avoir aussi, on les nommait « Piétristes » en fait et de mémoire.

Je conclus sur cette période de 39-45 en reprenant les mots d’AUDIARD prononcés avec talent par Maurice BIRAUD dans le film « Un taxi pour TOBROUK » (1961). Ils résument bien la situation de notre «élite politique » durant la seconde guerre mondiale :

« Actuellement, il est à Vichy, mon cher père.

C'est un homme qui a la légalité dans le sang.

Si les Chinois débarquaient, il serait mandarin... Si les Nègres prenaient le pouvoir, il aurait un os dans le nez, si les Grecs... Enfin, passons.

Alors selon la tournure des événements, je serai le dévoyé gaulliste ou le héros purificateur. »

Carte d'identité officielle (jamais signée) du Maréchal PETAIN © Domaine public Carte d'identité officielle (jamais signée) du Maréchal PETAIN © Domaine public

 

Je vous souhaite un bon dimanche du centenaire de ce 11 novembre 1918.

Essayons de ne pas nous faire récupérer par des politicards à deux sous.

Souvenons-nous de ceux qui sont morts pour que nous ayons encore le droit de vivre et de parler.

Presque librement.

 Je me souviens des miens, il n’y en a heureusement qu’une poignée. Heureusement pour ma famille.

Je me souviens aussi de ceux qui sont rentrés, dont mes grands-parents qui les ont connus me parlaient, car les petits-enfants écoutaient plus les grands-parents que les smartphones, à l’époque.

 

C’est de ces hommes qui ont tout donné, de gré ou de force, pour la patrie, que nous descendons.

Il y a un siècle.

Le général Philippe PETAIN inspectant la troupe en 1916 © Domaine public Le général Philippe PETAIN inspectant la troupe en 1916 © Domaine public

Pour certains ils ne sont que prétexte à « passer à la télé » ou grappiller un point dans des sondages.

Pour moi ils sont notre cœur et nos tripes ; nos « anciens combattants », ceux qui se sont levés, les armes à la main, pour nous montrer l’exemple, en se sacrifiant pour protéger notre avenir :

« Plus de morgue, plus d'arrogance,

Fuyez barbares et laquais,

C'est ici la porte de France,

Et vous ne passerez jamais. »

Il fallait le dire, il fallait le faire ; ils l’ont dit et ils l’ont fait, au péril de leur vie.

Gloire à ces hommes courageux, dont le sang a coulé, pour que vive la France.

 

Didier CODANI

10 novembre 2018

 

P.S. Pour mémoire : Verdun ! On ne passe pas.

https://youtu.be/j84CHrVekUc

Paroles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Verdun_!_On_ne_passe_pas

N.B. : Les illustrations de ce billet de blog sont toutes passées dans le domaine public.

Ce billet est mis en ligne sur mon blog MEDIAPART ainsi que ma page LINKEDIN sur Internet.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.