"Escales" sur la promenade des anglais

Ce n'est pas "une nuit sur le mont chauve" mais "un soir sur la Promenade des anglais", à Nice. C'était hier et ce sera encore ce soir, vendredi 11 octobre, pour celles et ceux qui sauront téléphoner. Lecture itinérante entre invités, de passages du dernier livre de Patrick MOTTARD, "Escales".

"Vingt participants selon la police, trente selon les organisateurs".

C'est sur le ton de la plaisanterie que j'ai fait le bilan de la soirée avec Patrick MOTTARD.

Le programme pour ce soir © Patrick MOTTARD Le programme pour ce soir © Patrick MOTTARD

 

Universitaire, homme politique (PRG, oui les radicaux de gauche existent toujours...), et aussi, encore et surtout auteur, écrivain.

C'est en tant qu'auteur et à titre totalement amical que l'invitation m'est arrivée de sa part:

Participer à une "lecture itinérante".

 

C'est étonnant, atypique, et surtout cela semble désintéressé.

On doit simplement y lire des passages de son dernier livre, "Escales", au bout de la Promenade des anglais, à la tombée de la nuit.

Désintéressé car même si l'on pourra acheter le livre sur place au final, la vente est anecdotique. La "promotion" de ce livre sorti depuis plus de six mois est bien terminée. Quant aux élections, c'est dans un peu moins de six mois mais ce rendez-vous est clairement tout sauf politique.

Nous sommes en fait dans une démarche culturelle pure.

Lecture publique d'un livre particulier ou lecture particulière d'un livre en public?

Là est la question, nous dirait Shakespeare.

Je n'ai pas la réponse, et pourtant j'y suis allé. Non sans hésitation, je dois le dire. A Nice en ce moment tout le monde récupère tout le monde, et le moindre petit mot devient étiquette puis affiche en 4x3 sur les murs ou dans les colonnes de Nice-Matin, notre canard local.

 

Mais la cordialité, la convivialité de l'auteur, font que l'hésitation ne dure pas longtemps. Et puis il y a les deux lectrices prévues pour animer ce véritable spectacle vivant. Très loin des pom-pom girls (je sais, je vais décevoir plein de spectateurs possibles, mais ceux-là, pas besoin qu'ils viennent), c'est un duo verbal remarquable qui s'annonce... et qui tiendra ses promesses.

Même si ma connaissance du milieu théâtral niçois est plus que limitée, il y a tout de même une des deux lectrices que je connais pour l'avoir vue jouer au "Théâtre de l'eau vive" et elle y était remarquable, c'est Sabine VENARUZZO (notez le nom, il y a interrogation écrite à la fin). Je connais moins, pour ne pas dire peu, pour ne pas dire pas, Marie-Hélène CLEMENT. Quant à la compagnie "Une petite voix m'a dit", c'est de l'ordre de la bonne réputation au fond d'une oreille distraite.

Je ne confond pas avec une chanson de Carla BRUNI, c'est déjà ça.

Donc c'est entre amis (sans politique), et sur le nom de l'auteur et d'une des interprètes que se fonde ma décision. J'ai décidé de m'endormir plus cultivé hier soir qu'avant-hier. Et j'y suis allé.

Patrick MOTTARD au téléphone pour guider les derniers invités © Didier CODANI Patrick MOTTARD au téléphone pour guider les derniers invités © Didier CODANI

Pour ceux qui sont pressés, je vous donne la conclusion tout de suite: Excellente idée, très belle expérience. Allez-y, moi j'en viens.

Pour celles et ceux qui aiment prendre le temps de lire et celui d'écouter je vais détailler.

 

D'abord une ambiance "heure bleue" chérie des photographes qui passe "entre chien et loup" pour finir à la lueur du "collier de perles" de la Promenade des anglais. Téléphones portables s'abstenir, vrais photographes régalez-vous.

Le soleil tombe, la lune monte et la mer rythme nos pas de ses flots.

Nous commençons par un premier déplacement vers un des môles d'enrochement de la plage. Une première étape, des premiers extraits. Sono improvisée, mais portable et efficace à courte portée. Beauté des mots et rythme des flots, c'est unique.

Face à la lune, Sabine VENARUZZO au micro, auteur et auditoire attentifs, © Didier CODANI Face à la lune, Sabine VENARUZZO au micro, auteur et auditoire attentifs, © Didier CODANI

Nous ne sommes pas qu'une poignée, mais plutôt cinq ou six poignées d'auditeurs; ma blague n'est pas qu'une blague, c'est intime.

Nous entrons, mot à mot, pas à pas, dans l'univers de l'auteur qui partage les morceaux choisis de sa prose avec nous.

Quittant le môle, quittant la plage, nous faisons une première étape vers le port de Carras  avec un soleil presque éteint et une lune de plus en plus lumineuse. D'une des pergolas blanches de cette Promenade des anglais, nous descendons au port de Carras, pour jouer des barrières et des barreaux en écho aux textes évoquant le rideau de fer. Pas de défections, tout le monde suit. Il est vrai que nous marchons vers l'Ouest...

Retour sur la plage pour une ultime lecture à la lueur de la lune et de la Promenade.

Je vous l'ai fait courte, mais tout ceci a duré une heure; une heure où l'on fait connaissance, où l'on marche ensemble, où l'on discute, et surtout on écoute... avec son cœur, car l'essentiel est invisible aux yeux.

Et à la fin de l'envoi... on dédicace. Avec le temps de parler, avec les mots qui touchent.

Patrick MOTTARD en action, au stylo et au débotté, en dédicace © Didier CODANI Patrick MOTTARD en action, au stylo et au débotté, en dédicace © Didier CODANI

Expérience unique, en petit comité; Un peu magique. Hors du temps, dans l'espace, avec l'infini de l'horizon au Sud, et la mer pour frontière.

 

Alors, pour mémoire, je vous le redis: Allez-y, moi j'en viens. Et je ne le regrette absolument pas.

 

Didier CODANI

A Nice, ce 11 octobre 2019

 

 

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