Un instant de colère et d'émotion

J'ai vu comme vous peut-être, ces images d'une jeune stagiaire de la Police Nationale, de la Préfecture de Police qui est blessée et que deux de ses camarades trainent pour la dégager de gens qui la frappent dans le dos, qui lui jettent des pierres pour la blesser encore plus, pour la tuer s'ils le peuvent...

Un instant de colère et d'émotion.

J'ai vu comme vous peut-être, ces images d'une jeune stagiaire de la Police Nationale, de la Préfecture de Police qui est blessée et que deux de ses camarades trainent pour la dégager de gens qui la frappent dans le dos, qui lui jettent des pierres pour la blesser encore plus, pour la tuer s'ils le peuvent.

Policière blessée, frappée dans le dos, manifestation interdite 13 juin 2020 © X Policière blessée, frappée dans le dos, manifestation interdite 13 juin 2020 © X

J'ai vu d'autres fumiers, qui pour moi ne peuvent pas être des journalistes qui sont là, autour, comme des charognards cramponnés à leur caméra, et qui filment tels des voyeurs malsains.

 

Pas un seul de ces crapauds ne va au moins faire un geste pour aider la malheureuse qui est blessée et presque inconsciente, pas un seul ne va bien entendu s'interposer.

Ils voient une jeune femme blessée frappée dans le dos, à répétition et ils ne font rien. Ils filment, ces crétins.

 

Je n'aime pas utiliser des gros mots.

Cela ne sert à rien habituellement.

 

Mais là, comment vous dire ce que je ressens en le voyant..?

Cette racaille des rues n'est pas la France.

Pour moi des hommes qui assistent à cela sans réagir ne sont pas des hommes; c'est autre chose, une nouvelle espèce animale...

 

Je sais, vous savez, nous savons, que celui qui s'interposera sans être policier sera frappé, prendra des coups.

 

Eh bien, il est des moments dans une vie où il faut savoir où se trouve son honneur, et faire face, et se battre.

Frapper ceux qui frappent une femme blessée, même à un contre cent.

 

Si j'étais à coté de ça, à filmer, et que ma famille, mes amis me voient en train de filmer sans m'interposer, sans aider la blessée... mais est-ce que je pourrai continuer à vivre? Est-ce que je pourrai simplement me regarder dans une glace?

 

Oh oui, à plus de 5 contre un c'est sûr que je tomberai, que je serai blessé, et gravement; tué peut-être. Mais il y en a au moins un ou deux qui auront ramassé sérieusement avant.

Peut-être plus, car les charognards sont toujours surpris quand on les frappe, quand on se dresse pour combattre face à la meute.

 

C'est ça la France, c'est ça les français à Paris en 2020?

Je préfère les rue d'Ajaccio, de Bastia ou de Corte.
Là où parfois on tire, mais où on ne laisse pas achever une femme dans le dos sans rien faire.
En tous cas, pas à ce jour.

 

Persiste et signe.

Didier CODANI

Nice, 14 juin 2020

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