Iles éparses et braderie possible en silence

Les iles éparses, sont une portion de terres françaises dans l’Océan Indien. Des îles convoitées depuis une trentaine d’années par les pays voisins, territoires français devenus indépendants, avec - il faut le noter - le soutien tiers-mondiste de l'ONU.

Les iles éparses, sont une portion de terres françaises dans l’Océan Indien. Des îles convoitées depuis une trentaine d’années par les pays voisins, territoires français devenus indépendants.

Les îles éparses © Laurent LAGNEAU Les îles éparses © Laurent LAGNEAU

Il est évident que pour un gestionnaire financier, à très courte vue et à court terme, les iles éparses « coutent » en soldes, salaires, et infrastructures à entretenir, bien plus qu’elles ne rapportent financièrement à la France.

Si on pouvait y construire des marinas, des immeubles, des casinos pour blanchir de l’argent, là ce serait intéressant, on agrandirait les aéroports et on construirait des ports ; mais en l’état actuel c’est impossible.

Une idée pourrait être, bien sûr, de « restituer » ces îles à ces pays qui les « réclament » comme les Comores, l’île Maurice et Madagascar.

Ces derniers, la main sur le cœur s’engageraient à continuer la préservation de l’environnement comme le fait la France, en se privant volontairement (sacrifice admirable) des ressources que quelques grands groupes financiers pourraient mettre à leur disposition pour « aménager » ces îles dans le cadre d’un tourisme au départ « écologique » et bien entendu « respectueux de l’environnement » .

Ce n’est qu’après avoir bien bétonné et pollué que les pays concerné pourraient être tentés d’y installer des structures « rentables » soit pour le tourisme, soit pour la pêche, soit pour l’exploitation d’hydrocarbures (ça, c’est déjà commencé). Le tout en excipant de leur souveraineté nationale de petit pays du tiers-monde pour que le monde entier veuille bien fermer les yeux.

Loin de moi l’idée de penser que les groupes financiers (peut-être bien français) qui auraient investi pour soutenir la noble cause du tourisme écologique des pays du tiers-monde puis du casino écolo avec roulette en bois d’arbre et cartes en carton recyclé, pourraient y implanter des sièges sociaux bio et développer une industrie écologique de la mallette (de billets recyclés) en direction de Madagascar (155e / 180 au classement mondial de perception de la corruption en 2017), des Comores  (148e / 180 au classement mondial de perception de la corruption en 2017), ou de l’île Maurice  (54e / 180 au classement mondial de perception de la corruption en 2017).

Pour mémoire, la France occupait en 2017 le 23e rang au classement de perception de la corruption, à égalité avec l’Uruguay. Ce n’est pas le Pérou (96e) mais c’est déjà beaucoup. On peut mieux faire.

Je vous livre un extrait des impressions de l’un d’un vieil officier « colonial » qui a servi en 1975 aux iles éparses pour les protéger, et qui a un peu moins confiance que moi dans l’irréprochable droiture de nos dirigeants politiques :

« C'est à titre tout à fait personnel que je vous adresse ce mail.

J'ai récemment appris par la Presse (Valeurs Actuelles, Libération..) que le Président Macron s'apprêtait à "restituer" les Iles Eparses, situées principalement dans le canal du Mozambique à Madagascar. Pour restituer, il faut avoir pris; or la France occupe ces îles depuis des siècles et Madagascar n'a commencé à revendiquer ces possessions qu'à partir des années 1970 pour des raisons de...proximité. J'en sais quelque chose puis qu'en 1975, je gardais ces iles avec ma section. Si le principe de proximité devait être appliqué, nous devrions peut être aussi rendre la Corse qui était Génoise jusqu'en 1768, je crois, St Pierre et Miquelon au Canada ou aux USA, les mêmes USA devrait restituer à je ne sais qui, Hawaï et nous pourrions continuer la liste à l'infini.

Je présume que vous connaissez plus ou moins l'importance stratégique, géo-politique, économique ( 640.000 km2 de domaine maritime), protection de la nature etc.

Mr Macron, pour je ne sais quel motif est donc prêt à céder ou vendre nos possessions, parce qu'on a découvert des gisements d'hydrocarbure. »

Nous sommes à un peu moins d’un an de l’échéance.

C’est l’été, et dans l’opinion publique tout le monde se fiche bien des « iles éparses ».

C’est pourtant notre territoire national, que l’on ne peut céder ainsi en catimini.

Je n’ai pas vocations à contrarier la politique étrangère de mon pays, mais en tant qu’électeur et contribuable je crois que c’est là une erreur politique et économique, sans parler de la catastrophe écologique qui s’ensuivrait.

Oublions pour l’heure les commissions et rétro-commissions qui pourraient survenir, car il est impossible juridiquement de faire un procès d’intention par avance à qui que ce soit.

Je doute en fait très fortement que l’intérêt de la France et des français soit de « rétrocéder » pour ne pas dire « abandonner » les iles éparses.

Je ne doute pas en revanche de l’intérêt financier pour des dirigeants politiques peu regardants et des investisseurs sans scrupules en dépit de toutes les « assurances » et « garanties juridiques » de la création.

Si ces iles éparses, ces « confetti de l’empire » parviennent à survivre dans ce monde de requins c’est à la pointe des baïonnettes de l’Armée Française qu’elles le doivent.

Nos parachutistes et légionnaires ne sont pas là avec les gendarmes pour rien.

Sans eux, ce serait déjà pillé depuis longtemps. Et sous l’égide de l’ONU, en prime.

C’est l’été, mais sachons ce qui se passe, et restons vigilants pour empêcher cette perte de territoire.

Didier CODANI

Dimanche 21 juillet 2019

 

P.S.: Reportage récent de France 3 sur le sujet :

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/iles-eparses-cette-france-du-bout-du-monde_3544603.html

Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_%C3%89parses_de_l%27oc%C3%A9an_Indien

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