Je reviens de chez mon épicier

C'est un petit épicier niçois qui travaille comme un fou sans compter ses heures, et qui arrive à vendre pas mal de choses à des heures où les autres sont fermés, à des prix pas forcément plus chers. J'ai bien écrit: "pas forcément plus chers". Il faut arrêter les préjugés et regarder les étiquettes. Souvent, il est au même prix, voire moins, que la grande distribution voisine.

Je reviens de chez mon épicier.

C'est un petit épicier niçois qui travaille comme un fou sans compter ses heures, et qui arrive à vendre pas mal de choses à des heures où les autres sont fermés, à des prix pas forcément plus chers.
J'ai bien écrit: "pas forcément plus chers". Il faut arrêter les préjugés et regarder les étiquettes. Souvent, il est au même prix, voire moins, que la grande distribution voisine.

Un petit épicier de quartier dans les rues de Nice © Didier CODANI Un petit épicier de quartier dans les rues de Nice © Didier CODANI

Lui, il m'a dit que pour la prochaine élection il n'avait "pas l'intention de finir comme les taxis."
En clair - au nom de la liberté du commerce, bien entendu - voir les grands groupes alimentaires lui prendre les quelques heures, les quelques produits où il arrive encore à survivre.
A survivre, et à faire vivre le quartier, vu qu'autour ce ne sont que des rideaux de fer baissés.

Mais comme il dit:"soyez heureux, dormez braves gens, votez pour votre banquier," vous pourrez payer par Internet dans une économie 100% numérique et bien taxée, ou dans une grande surface placée au meilleur endroit.
"Ce sera plus loin de chez vous, et probablement aussi cher (voire plus quand les petits auront disparu), mais dormez tranquilles."

Le petit épicier il est au bout du rouleau, mais il reste bien éveillé.
Non seulement il sait pour qui il va voter, mais il l'explique aux clients, aux voisins, aux amis...

Tout a déjà été fait pour tuer les petits épiciers.
C'est un survivant, un rescapé, une exception.
Mais il ne va pas mourir sans se battre.
C'est un Français.

Ne l'oublions pas, ne l'oubliez pas.

Didier CODANI

N.B.: Pour des raisons évidentes de représailles possibles, c'est une devanture au hasard des rues de Nice qui a été choisie pour illustrer.

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