Charlie à Noël, quatre ans après

Il y a bientôt 5 ans, j'ouvrais ce blog. Je prenais le pari que Médiapart allait marcher. L'idée d'un "Club Médiapart" permettant de publier en amateur me plaisait. J'ai écrit en près de 5 ans une centaine de billets de blog. Le premier réellement sérieux se nomme "Charlie", c'était il y a bientôt quatre ans. Persiste et signe, je n'en change pas un mot ou une ligne.

Il y a bientôt 5 ans, j'ouvrais ce blog.
Je prenais le pari que Médiapart allait marcher.


L'idée d'un "Club Médiapart" permettant de publier en amateur me plaisait.
J'ai écrit en près de 5 ans une centaine de billets de blog.


Le premier billet réellement sérieux se nomme "Charlie", c'était il y a bientôt quatre ans.
Persiste et signe, je n'en change pas un mot ou une ligne.

Voilà le lien:

https://blogs.mediapart.fr/d-codani/blog/090115/charlie

Je ne crois pas à ces commémorations hypocrites. Les terroristes ne vivent pas avec un calendrier du passé.

Ils rient généralement du temps que nous passons à gémir et nous lamenter. C'est du temps qu'ils prennent pour imaginer de nouvelles frappes. C'est du temps et surtout de l'argent que nous perdons au lieu de les employer à les détruire.

Quant à l'efficacité des ours en peluches et des bougies allumées sur les trottoirs... Récemment, un homme, retraité fort sympathique, a eu la gentille idée de mettre un sapin de Noël attaché à une rambarde de la Promenade des Anglais, à Nice. Idée généreuse. Déconnectée du réel vivant, mais généreuse et que je respecte dans sa conviction.

Sapin de Noël (image pour illustrer) © X Sapin de Noël (image pour illustrer) © X

Que s'est-il passé?

Un individu aidé de quelques complices a coupé les attaches du sapin décoré de cadeaux factices et de peluches, et l'a volé.

Oh, il n'est pas allé bien loin. Nous avons (quoi qu'on en dise) une assez bonne Police (Nationale, comme Municipale à Nice) et la crapule a été arrêtée. La crapule est en détention en attendant son procès, car nous avons aussi une Justice, en France. Et la presse en parle.

La presse à Nice, c'est Nice-Matin. Quotidien local incontournable, et dont je suis d'ailleurs abonné pour soutenir ses journalistes.

Si vous aviez le bonheur (très accessible financièrement) d'être au nombre des abonnés vous auriez la chance de lire un bel article dans lequel PAS une seule fois il n'est indiqué ni le prénom, ni encore moins le nom, ni surtout l'origine réelle ou supposée des voleurs et du chef de bande.

L'individu âgé de 25 ans (c'est ainsi qu'il est sobrement désigné) en est pourtant à son troisième vol reconnu depuis le 21 décembre... le dernier, le vol du fameux sapin, ayant été commis en réunion.

Je vous donne le lien pour cet article. On ne sait jamais, peut-être y accèderez-vous.

Quel rapport avec "Charlie"? La lâcheté.

Qu'on ne donne pas de noms en raison de la présomption d'innocence, je le comprends. Encore qu'on le donne à la "une" pour utilisation solo de passeports diplomatiques ce qui est moins grave, vous en conviendrez, qu'un vol qualifié en réunion... Mais on pourrait donner les prénoms, "on" pourrait permettre au journaliste de dire d'où sortent les prévenus qui ont été arrêtés, car "on" le sait. Mais "on" ne le dit pas.

Pour "préserver la paix sociale"? Non.

Par lâcheté, et parce que notre liberté de la presse devient peu à peu une liberté virtuelle.

Alors pour mon 101e billet de blog, je voulais simplement rappeler les termes de l'un des premiers.

Dans les trois points, le point 3: "Je n'aime pas la récupération et la manipulation des émotions".

Je ne suis pas, je ne serai jamais "Charlie". Je ne fais pas partie de ces Tartuffes qui ne pleurent qu'une catégorie de Français et qui n'ont pas le courage de mener un combat jusqu'au bout.

Nice-Matin est dans l'ensemble un bon quotidien de la presse régionale. Ce sapin ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. Y travaillent des journalistes sérieux et compétents. Y sévit une forme de censure discrète, acceptée tacitement, qui est celle du "politiquement correct", du "vivre-ensemble" au nom de laquelle on pratique le mensonge par omission, la restriction mentale.

Ce sont les mêmes qui ont crié "plus jamais ça" et "Je suis Charlie" qui s'étouffent pour un simple vol de sapin de Noël. Ce ne sont pas les journalistes qui s'étouffent. Eux, ils auraient probablement bien voulu aller au bout de l'info. Prenez un instant, demandez-vous qui.

Qui?

Pour les 48 heures de cette fin d'année, je vous souhaite de trouver une bonne réponse à cette question...

"Mal nommer les choses augmente la misère du monde", disait je crois Albert CAMUS.

Défiler, s'indigner, se faire manipuler par un pouvoir financier et toute une classe politique "où les partis ne sont plus que des syndicats d'intérêts" à la manière du regretté Michel AUDIARD dans "Le Président (1961), il faudrait que cela cesse en 2019.

Nous y arriverons, ensemble, en sachant ne pas perdre de temps dans des lamentations inutiles du passé, et en étant lucides sur les manipulations du présent.

Je vous souhaite le bonjour, nous vivons une époque moderne.

Quant à l'année 2018, je vous l'assure, nous y mettrons un terme mardi prochain, à la première heure. Parole d'homme et bon réveillon.

Bises aux dames, salut aux messieurs.

Didier CODANI

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