DISPLACED OBJECTS / Objets de l'exil

Appel à Textes : DISPLACED OBJECTS (D.O.) Un projet du programme de recherche NON-LIEUX de l'EXILUn  appel à courts textes pour mieux cerner ce que l'exil (la migration, le déplacement, la fuite) fait aux objets mais surtout ce que le statut des objets dit de l'exil. 

Appel à Textes : DISPLACED OBJECTS (D.O.) Un projet du programme de recherche NON-LIEUX de l'EXIL

Un  appel à courts textes pour mieux cerner ce que l'exil (la migration, le déplacement, la fuite) fait aux objets mais surtout ce que le statut des objets dit de l'exil. 

En mai 1922, une exilée dénommée Marina Tsvetaieva quitte Moscou pour Berlin, décrivant soigneusement les objets qu'elle emporte avec elle. En 1939, de Paris à Moscou, elle consigne une liste des objets qu’elle ramène. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes et n’importe comment ils sont devenus autres. Mais ils sont siens ; comme elle, ils sont en et de l’exil et leurs destins sont liés, dans les voyages successifs comme dans l'épreuve de la famine et de la disparition.  En quoi ces objets seraient-ils différents de ceux des plages de Lampedusa, des camps de la frontière marocaine ou mexicaine, des campements de  Calais ou de la Porte de la Chapelle à Paris ? 

L’objectif de ces courts textes d’abord publiés en ligne sur le carnet du programme Non-lieux de l'exil est de rendre compte du parcours d’objets singularisés par une expérience, celle de l'exil. 

Le principe est simple et ouvert à tous : choisir un objet (matériel, littéraire, cinématographique, artistique, muséal) et dérouler une expérience de l'exil.

Il ne s'agit pas nécessairement de convoquer sa propre histoire ou celle de sa famille. Les objets de l'exil participent de notre quotidien, en arrière plan de toute évocation des "flux migratoires";  l'actualité en pourvoit d'abondance, tour à tour présentés comme traces, empreintes, vestiges, restes ou déchets (1). Très vite, certains d'entre eux deviendront objets de musée ou d'art, posant des questions d'ordre éthique sur leur nature ou leur propriétaire légal. On ne saura que rarement ce que sont devenus leurs détenteurs.

Ce projet s’intitule Displaced Objects (D.O.) paraphrasant la désignation de Displaced Persons (D.P), pour intégrer mais aussi distinguer de ce qu’il est convenu d’appeler le patrimoine des migrations : les objets de l’exil peuvent en effet être des objets en exil, progressivement déliés de tout contexte de signification et d’histoire, catégorisés ou patrimonialisés autrement : objets du quotidien, de la sphère familiale ou religieuse, objets de l’entre-deux du déplacement,  "nôtres" ou "autres", transmis de génération en génération ou au contraire spoliés, abandonnés, disparus, retrouvés ou recréés en exil (...)

Suite : http://nle.hypotheses.org/2934

 

Les propositions de 2-3 pages doivent être envoyées à l'adresse suivante :  displaced.objects@gmail.com.

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