Démographie mahoraise

Mayotte est une île qui détient bien des records, en particulier en matière de démographie. La croissance de la population y est la plus rapide de France.

Depuis 2011, Mayotte est administrée comme un département français. L’île est donc devenue une terre de records nationaux. Elle détient notamment la plus forte croissance démographique de France avec une augmentation de la population de 3,8% par an (sur la période 2012-2017). Cette forte croissance démographique est imputable au très grand nombre de naissances sur l'île, plus de 10.000 par an, pour un territoire de seulement 256.500 habitants. On y trouve aussi la densité de population la plus élevée du pays (après l'île de France). Si l'immigration est élevée, elle est compensée par l'émigration importante des jeunes qui vont en France métropolitaine où à la Réunion après l'obtention de leur baccalauréat. Au final, n'en déplaise aux nombreux électeurs du Front National, le solde migratoire à Mayotte est négatif. La population n'augmente donc qu'avec les naissances car l'indice de fécondité est de 5,03 enfants par femme.

Mais Mayotte détient de nombreux autres records, comme celui du département le plus pauvre de France avec un PIB/habitant à seulement 7400 euros1 et le plus faible taux de réussite au baccalauréat avec 69,7% d'admis en 2016 contre 88,5% au niveau national. Le chômage est à 26% en 2017 – voir 29% selon les calculs – celui des jeunes est de 43%. Des jeunes qui sont majoritaires au sein de la population de l'île car 50% des habitants ont moins de 17 ans alors que les plus de 60 ans ne représentent que 4%. Face au manque de perspectives pour de nombreux jeunes, la délinquance et la violence se banalisent.

Les problèmes sont donc nombreux sur cette île de l'Océan Indien qui affiche un important retard de développement et ne voit pas venir les investissements nécessaires à son essor et à la promotion de sa jeunesse. Les enseignants, les chauffeurs de bus scolaires, des policiers et des associations de citoyens manifestent d'ailleurs quotidiennement leur mécontentement dans les rues de Mamoudzou depuis le 20 février.

1Contre 18500 euros à la Réunion

Bidonville à Koungou © Damien Gautreau Bidonville à Koungou © Damien Gautreau

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