L'État russe veut-il aider au développement des associations à vocation sociale ?

Quels changements attendent des autorités les associations russes qui interviennent dans le champ des services sociaux et de l'action sociale ? Exprimés et reconnus dans un dialogue serré avec le gouvernement russe, ils sont d'abord budgétaires, en second lieu dans la simplification administrative.

Dans le champ du social, le secteur associatif (dans la terminologie russe, les organisations non commerciales à vocation sociale, SONKO) est en développement en Russie. Il cherche à proposer une nouvelle offre de services sociaux, répondant aux besoins des citoyens russes. Cette fonction est reconnue par une loi de 2013, et cette évolution est soutenue par les autorités russes, au niveau fédéral, notamment par le ministère du travail et de la protection sociale, et dans une majorité des sujets de la Fédération de Russie, par les ministères régionaux chargés de la protection ou du développement social, qui ont compétence dans ce domaine. Le secteur associatif s’est lui-même organisé pour son développement, avec des structures comme l’Agence de l’information sociale (Агентство социальной информации), qui publie sur son  site  des informations utiles aux associations, dont celle reprise dans ce billet.

Le travail de lobbying fait par les SONKO, notamment au sein du conseil du patronage, un comité compétent en matière d’action sociale placé directement auprès de la vice-première ministre chargée des affaires sociales, Tatiana Golikova, a porté ses fruits. Le conseil a en effet retenu début octobre 2019 des orientations visant à développer «  des mécanismes compétitifs dans le domaine des services sociaux », qui devraient s’imposer aux ministères du développement économique, des finances, du travail et de la protection sociale, de l'enseignement supérieur et de la science, de la santé, et de l'instruction et de la culture et à l'Agence fédérale de la jeunesse.

Le protocole conclu au sein du comité prévoit un accès privilégié aux financements budgétaires pour 2021-2024 pour les associations à vocation sociale. Les activités concernées sont notamment l'organisation des soins de longue durée, les soins palliatifs, la prise en charge précoce et l'éducation des enfants handicapés et la prévention des retraits de l’autorité parentale.

Il demande également de réduire les obstacles administratifs rencontrés par les SONKO dans la fourniture de services sociaux et de promouvoir leur intervention au niveau municipal. Un exercice d’analyse, puis d’homogénéisation des tarifs de prise en charge est confié au ministère du travail et de la protection sociale, et le ministère des finances expertisera la possibilité d’une imposition à taux nul des organismes prestataires de services sociaux.

Ces orientations sont prises dans un contexte où interviennent dans le champ du social et du médico-social des structures publiques, en modernisation, les associations, organismes à but non lucratifs, mais également le secteur privé, dont la plus-value n’est pas encore prouvée, mais qui voit de nouveaux marchés s’ouvrir. Les contraintes budgétaires comme les rapports de forces et les fausses bonnes idées sauront s'exprimer. Mais le dynamisme associatif est réel, à l'image de celui que nous avons connu en France, et qui a débouché sur la création des grandes fédérations intervenant dans le champ du social.

Des équilibres qui seront trouvés dépendra le développement d’acteurs issus de la société civile, porteurs de solidarités, et dont le financement semble devoir revenir majoritairement aux pouvoirs publics, comme cela est le cas dans les pays développés qui donnent priorité à l'action sociale.

https://www.asi.org.ru/news/2019/10/07/kakie-izmeneniya-v-sotsialnoj-sfere-zhdut-nko/

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