Covid-19: des migrants ouzbeks quittent la Russie

Par crainte de l’épidémie et de ne pas pouvoir être soignés, ils se massent à la frontière entre la Russie et le Kazakstan.

L’arrivée de la deuxième vague de covid-19 en Russie a décidé ses travailleurs migrants ouzbeks à retourner en Ouzbékistan. Plus que la crise économique c’est la difficulté pour des citoyens étrangers d’être admis dans les hôpitaux russes, et le coût des traitements qui serait la cause de leur départ. 

Encore faut-ils qu’ils puissent passer les frontières.

Elles sont fermées en raison de l’épidémie de covid-19, et il n’y a pas de frontière terrestre entre la Russie et l’Ouzbekistan : le trajet se fait par le Kazakhstan, qui n’admet que les ressortissants ouzbeks que s’ils ont un visa de séjour, un parent résidant sur le territoire kazakh ou en cas d’urgence médicale. 

Dans la région de Rostov sur le Don, plusieurs milliers d’Ouzbeks ont été ainsi bloqués à la frontière. Les autorités russes ont installé deux camps de tentes. 1500 d’entres eux ont pu partir pour Tachkent les 19 et 23 septembre. Pour les autres, restées sans solution, un transfert par bus vers Voljski, et de là par train spécial pour Tachkent, a finalement été organisé. Quatre trains sont prévus, les 23, 26, 29 et 31 octobre. Le 22 octobre, un milliers travailleurs ouzbeks se sont regroupés devant la gare. Une partie venait de la mosquée de Voljski, qui a assuré leur hébergement d’urgence, dans des conditions satisfaisantes, mais sans que le risque sanitaire ne puisse être maitrisé. 

Gare de Volsjki, 22 octobre 2020 © Yachenko (Kavkazi Ouzel) Gare de Volsjki, 22 octobre 2020 © Yachenko (Kavkazi Ouzel)

D’autres points de passage de la frontière sont également concernés : dans l’oblast d’Astrakan, trompés par des informations inexactes sur l’ouverture de la frontière, 200 Ouzbeks y attendent sur une route, dans la steppe. 

Ceux de ces voyageurs qui ont été interrogés par les journalistes n'expriment pas leur impatience : « нормально », tout se passe normalement. Il n’empêche. Face à l’épidémie, les inégalités demeurent et se renforcent. 

Kavkazi Ouzel (23 octobre 2020) - Azzatyq TV (22 octobre 2020) 

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