La classe moyenne russe ne pourrait-elle s'acheter que sa nourriture et ses habits ?

La moitié des familles russes déclarent avoir assez d’argent pour la nourriture et les habits, mais non pour acheter des biens durables, comme les équipements ménagers. 14,1 % déclarent pouvoir se nourrir, mais ont des difficultés pour les habits et les charges de logement. 0,7 % ne peuvent faire face aux dépenses d'alimentation. 2,7 % indiquent avoir assez d'argent pour tout ce qui est utile.

Le service fédéral des statistiques russe (Rosstat), réalise régulièrement une enquête auprès des ménages russes, en leur demandant de se classer dans l’une des cinq catégories suivantes :

- « nous n’avons pas assez d’argent pour manger »,

- « nous avons assez d’argent pour manger, mais il est difficile de payer les habits et les charges »,

- « nous avons assez d’argent pour la nourriture, les habits, mais il est difficile d’acheter des biens durables »,

- « nous avons assez d’argent pour la nourriture, les habits, et pour acheter des biens durables, mais nous ne pouvons pas nous acheter une automobile, un appartement, une datcha »,

- « nous avons assez d’argent pour tout ce qui est utile ».

Les résultats de l’enquête sont publiés quatre fois par an. Les derniers ont été largement repris dans la presse et sur les sites internet, bien qu’ils ne fassent pas apparaître de ruptures de tendance. 

Au second trimestre 2019, 49,4 % des familles russes déclaraient ainsi avoir des ressources suffisantes pour la nourriture et les habits, mais ne pouvoir s’acheter de biens durables (équipements ménagers, meubles, informatique, etc.).

Les commentateurs soulignent que cette proportion est en augmentation continue, de 0,2 point par rapport au premier trimestre 2019, et de 0,6 points par rapport au premier trimestre 2018. Rosstat indique que cette évolution est alimentée par la baisse de la part des plus pauvres (la part des réponses indiquant que le ménage n’a pas assez d’argent pour manger passe de 1,1 % à 0,7 % sur la même période, et celle de ceux qui peuvent se nourrir, mais ont des difficultés à s’acheter des habits et à payer leurs charges de logement diminue aussi, de 16,7 % à 14,1 %).

Les catégories de ménages qui se déclarent le plus fréquemment être dans cette situation sont les familles composées uniquement de retraités non actifs (58,8 %), les familles nombreuses (56,1%) et les familles monoparentales (53,9%).

Géographiquement, les inégalités sont aussi sensibles, et les réponses sont plus élevées dans les républiques d’Ingouchie (78,8%) et de Tchouvachie (70,6%), le district autonome des Nenets (69,7%), le kraï de Krasnodar. (69,2%), la république des Maris (69 %), etc. L’oblast de Novossibirsk, une des régions les plus peuplées de Sibérie, est à 65,2 %.

Au-delà de ces évolutions et de cette caractérisation, le plus significatif est que cette catégorie, en position médiane par rapport aux quatre autres, représente la moitié de la population. S’il y a une classe moyenne en Russie, elle est donc aussi nombreuse que dans la gêne.

S’il y a une classe moyenne supérieure, alors elle serait constituée par ceux qui déclarent avoir assez d’argent pour la nourriture, les habits, et les biens durables, mais ne pouvoir s’offrir une automobile, un appartement ou une datcha. La part des réponses positives à cette question passe de 29,8 % à 32,6 % entre le premier trimestre 2018 et le deuxième trimestre 2019.

Appréciation des ménages russes sur leurs revenus © Daniel AC Mathieu Données Rosstat Appréciation des ménages russes sur leurs revenus © Daniel AC Mathieu Données Rosstat

RBK - Izvestia

 

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