Quand la République s'attaque à ses enfants

Déjà depuis quelques années la population pauvre de Mayotte est menacée par des collectifs d'habitants l'ayant prise pour cible. Déjà des centaines de familles ont été chassées des villages, leur cases détruites ou brûlées, leurs biens spoliés et pillés. Les étrangers sont stigmatisés bien qu'il soit difficile de les distinguer parmi la population pauvre.

séance de tressage, art féminin pratiqué dès le plus jeune âge © daniel gros séance de tressage, art féminin pratiqué dès le plus jeune âge © daniel gros
Déjà depuis quelques années la population pauvre de Mayotte est menacée par des collectifs d'habitants l'ayant prise pour cible. Déjà des centaines de familles ont été chassées des villages, leur cases détruites ou brûlées, leurs biens spoliés et pillés. Les étrangers sont stigmatisés bien qu'il soit difficile de les distinguer parmi la population pauvre : un ménage est souvent composé d'un père ou d'une mère français, l'autre conjoint venant d'une île voisine, les enfants étant français ; des femmes comoriennes célibataires élèvent des enfants français, soit par déclaration, soit par filiation. Toutes les combinaisons familiales sont possibles*. Aussi s'en prendre aux étrangers revient inexorablement à s'en prendre à des français.

Les parlementaires du département ont obtenu une modification de l'application du Droit du sol pour Mayotte, sans doute pour flatter leurs électeurs. Du coup les groupuscules enflent leurs prétentions : ils auraient obtenu l'agrément tacite des autorités d'assiéger la préfecture et de fermer le service de l'immigration et de l'intégration et d'empêcher ainsi tout renouvellement et demande de titre de séjour. Ils ont enflammé leurs ardeurs en bloquant l'entrée  du Conseil Département. Enfin, c'est l'Agence Régionale de la Santé qui jeudi 27 septembre a été cadenassée après l'expulsion du personnel sous prétexte que les enfants d'étrangers seraient favorisés par rapport aux enfants français !

Voici deux papiers, publiés ailleurs,

le premier au sujet des jeunes bacheliers étrangers empêchés de poursuivre des études par la fermeture de la Préfecture

le second propose une réflexion sur la modification du droit du sol à Mayotte paru dans Libération.

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* Il en va de même pour la population aisée, mais cela pose moins de problème.

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