Danièle Obono
Députée de Paris (gpe France insoumise), bibliothécaire et chercheuse en anthropologie sociale
Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 24 juin 2017

Danièle Obono
Députée de Paris (gpe France insoumise), bibliothécaire et chercheuse en anthropologie sociale
Abonné·e de Mediapart

Ma France insoumise

« Black, confident, cocky; my name, not yours; my religion, not yours ; my goals, my own; get used to me. » Ou dit autrement : j’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ! J’y suis, j’y reste et je ne marcherai pas au pas. J’y suis, j’y reste et je ne me soumettrai pas. « Get. Used. To. Me. » Je suis la France insoumise. Je suis 17 autres, 7 millions d’autres, des millions d’autres.

Danièle Obono
Députée de Paris (gpe France insoumise), bibliothécaire et chercheuse en anthropologie sociale
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En février dernier, quand Jean-Luc Mélenchon a présenté sa candidature à l’élection présidentielle et lancé le mouvement de « La France insoumise », j’avoue, j’avoue : j’ai tiqué. C’est mon côté gauche anti-impérialiste. Entre autres… Mais j’ai quand même signé, comme on dit. J’ai signé parce que j’ai été convaincue par la clarté de l’analyse et de la stratégie (ça c’est mon côté marxiste ;), par la perspective de se lancer, enfin, en campagne (le côté mouvementiste), et en gardant en tête les points, les questions, les contradictions qu’il faudrait débattre et dépasser pour construire ensemble. J’ai donc signé et je me suis lancée. J’ai contribué à l’élaboration du programme et participé à la première convention nationale. J’ai co-organisé un groupe d’appui local et l’élaboration des livrets thématiques. Je me suis rendue aux quatre coins du pays présenter « L’ Avenir en commun », discuter, débattre, convaincre... J’ai rencontré cette France insoumise. Elle est devenue « ma » France insoumise.

Certain•e•s, y compris parmi des ami•e•s et camarades, ne comprennent pas toujours bien pourquoi ou comment moi, une internationaliste anti-impérialiste, militante intersectionnelle afro-féministe et antiraciste, j’ai pu me retrouver candidate de la France insoumise élue à l’Assemblée nationale. D’autres, comme celles et ceux qui vomissent leurs tombereaux de haine sur les réseaux sociaux depuis ces derniers jours, en abhorrent l’idée même et refuseront toujours, de toute façon, d’en accepter la réalité. A ces dernier•e•s, comme l’avait déjà si bien dit le boxeur poète, mi abeille mi papillon, aux rageux de son temps, je n’ai qu’un seul message à adresser : « Black, confident, cocky; my name, not yours; my religion, not yours ; my goals, my own; get used to me. » Ou dit autrement : j’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ! J’y suis, j’y reste et je ne marcherai pas au pas. J’y suis, j’y reste et je ne me soumettrai pas. « Get. Used. To. Me. »

Je suis la France insoumise.

Celle des Parisiennes qui en 1789 marchèrent sur Versailles pour réclamer au roi du pain et des droits. Celle de Solitude, la Fanm Doubout, qui vécut libre et mourut pour la liberté. Celle de l’Union des femmes, de Louise l’institutrice, Nathalie l’ouvrière relieuse, Elisabeth l’aristocrate russe, des « pétroleuses », des communardes. Celle des ouvrier•e•s et syndicalistes qui arborèrent sur leurs vestes le premier triangle rouge pour exiger la journée de 8 heures.

Je suis la France insoumise comme l’étaient les tirailleurs africains, sujets de l’Empire, qui laissèrent leur vie dans les tranchées de la Grande guerre. Comme l’était Lamine Senghor, gazé à Verdun, docker à Marseille, dirigeant ouvrier, militant internationaliste et candidat communiste dans le 18e arrondissement de Paris. Comme l’étaient les militants indigènes de l’Union intercoloniale et du journal « Le Paria » précurseurs de la Tricontinentale.

Je suis la France insoumise revendiquant la mémoire et les luttes des grévistes de 1936 qui arrachèrent au Front populaire les congés payés ; de Missak Manouchian et des 22 autres membres des FTP-MOI exécutés par le régime de Vichy et les Nazis le 21 février 1944 ; des porteurs et porteuses de valise du réseau Jeanson et des manifestant•e•s du 17 octobre 61 ; des ouvrier•e•s qui occupèrent leurs usines et des étudiant•e•s qui lancèrent des pavés en mai 1968.

Je suis la France insoumise qui a marché contre le racisme et pour l’égalité en 1983 ; celle qui a bloqué le pays pour sauver la Sécu en 1995 ; celle qui a dit non au Traité constitutionnel et celle qui s’est révoltée dans les quartiers populaires en 2005 ; celle qui a fait abroger le CPE et celle qui s’est opposée à la loi travail.

Je suis 17 autres, 7 millions d’autres, des millions d’autres. Qui ne plieront pas. Qui ne se soumettront pas. La tête dure, le cœur tendre, poings levés, bras ouverts. Convaincu•e•s, déterminé•e•s. Pour que viennent les jours heureux et le goût du bonheur. Ca prendra le temps qu’il faudra, mais ça viendra.

A ’tôt,

D.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Viols, tortures et disparitions forcées : en Iran, dans le labyrinthe de la répression
Pour les familles, l’incarcération ou la disparition d’un proche signifie souvent le début d’une longue recherche pour savoir qui le détient et son lieu de détention. Le célèbre rappeur Toomaj, dont on était sans nouvelles, risque d’être condamné à mort.
par Jean-Pierre Perrin
Journal — Outre-mer
Karine Lebon, députée : « Ce qui se passe à La Réunion n’émeut personne »
La parlementaire de gauche réunionnaise dénonce le désintérêt dont les outre-mer font l’objet, après une semaine marquée par le débat sur les soignants non vaccinés et le non-lieu possible sur le scandale du chlordécone. 
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal
Loi « anti-squat » : le gouvernement se laisse déborder sur sa droite
En dépit de la fronde des associations de mal-logés et l’opposition de la gauche, l’Assemblée a adopté la proposition de loi sur la « protection des logements de l’occupation illicite » à l’issue d’un débat où le texte a été durci par une alliance Renaissance-Les Républicains-Rassemblement national.
par Lucie Delaporte
Journal — Asie et Océanie
Après les inondations, les traumatismes de la population du Pakistan
Depuis 2010, des chercheurs se sont intéressés aux effets dévastateurs des catastrophes naturelles, comme les inondations, sur la santé mentale des populations affectées au Pakistan. Un phénomène « à ne surtout pas prendre à la légère », alerte Asma Humayun, chercheuse et psychiatre à Islamabad.
par Nejma Brahim

La sélection du Club

Billet de blog
La vie en rose, des fjords norvégiens au bocage breton
Le 10 décembre prochain aura lieu une journée de mobilisation contre l’installation d’une usine de production de saumons à Plouisy dans les Côtes d’Armor. L'industrie du saumon, produit très consommé en France, est très critiquée, au point que certains tentent de la réinventer totalement. Retour sur cette industrie controversée, et l'implantation de ce projet à plus de 25 kilomètres de la mer.
par theochimin
Billet de blog
L’aquaculture, une promesse à ne surtout pas tenir
« D’ici 2050, il nous faudra augmenter la production mondiale de nourriture de 70% ». Sur son site web, le géant de l’élevage de saumons SalMar nous met en garde : il y a de plus en plus de bouches à nourrir sur la planète, et la production agricole « terrestre » a atteint ses limites. L'aquaculture représente-elle le seul avenir possible pour notre système alimentaire ?
par eliottwithonel
Billet de blog
La baguette inscrite au patrimoine immatériel de l'humanité
La baguette (de pain) française vient d’être reconnue par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité : un petit pain pour la France, un grand pas pour l’humanité !
par Bruno Painvin
Billet de blog
Pesticides et gras du bide
Gros ventre, panse,  brioche,  abdos Kro, bide... Autant de douceurs littéraires nous permettant de décrire l'excès de graisse visible au niveau de notre ventre ! Si sa présence peut être due à une sédentarité excessive, une forme d'obésité ou encore à une mauvaise alimentation, peut-être que les pesticides n'y sont pas non plus étrangers... Que nous dit un article récent à ce sujet ?
par Le Vagalâme