Gattaz, l’idiot utile du FN !

Le MEDEF voudrait encourager le vote FN qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Pensez-vous, faire croire que le FN défend une politique sociale dans l’intérêt des salariés et qui plus est aussi forte que fut le programme commun de 1981 ! Et par dessus le marché, en assimilant M. Le Pen à J.L Mélenchon, il fait d’une pierre deux coups. Dédiabolise la première pour mieux décrédibiliser le second.

Le MEDEF voudrait encourager le vote FN qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Pensez-vous, faire croire que le FN défend une politique sociale dans l’intérêt des salariés et qui plus est aussi forte que fut le programme commun de 1981 ! Et par dessus le marché, en assimilant Marine Le Pen à Jean Luc Mélenchon, il fait d’une pierre deux coups. Dédiabolise la première pour mieux décrédibiliser le second. Gattaz reste égal au patronat qui défend sa classe sociale et qui comme hier préférait plutôt Hitler que le Front populaire. Il reconnaît en creux qu’il pourrait s’accommoder du FN au pouvoir s’il donnait les garanties d’un programme libéral dans la ligne droite extrême de ses propres intérêts. Gattaz est l'idiot utile du FN et le FN l'idiot utile du système. Quand à Valls qui s’empresse ce matin de saluer Gattaz quand celui-là piétine allègrement la mémoire de Mitterrand. Misère... C’est vrai qu’il a changé de camp.

Gattaz n’est qu’un menteur !

Le FN n’a jamais défendu la hausse du SMIC de 200€, mais la création d’une TVA sur les produits importés, qui servirait à prendre en charge par l’Etat 200€ de cotisations sociale sur tous les salaires jusqu’à 1,4 fois le SMIC. En clair, le FN, comme le discours libéral dominant défendu tant par LR que par le PS et les gouvernements successifs, considère que le problème c’est le coût du travail et en partie les cotisations : or, les cotisations salariales sont un salaire différé ! Ainsi, baisser les cotisations salariales payées par les salarié-e-s en le finançant par une hausse de la TVA, impôt le plus injuste, comme le propose Madame Le Pen, ne change rien au rapport capital / travail ! En revanche, le patronat des entreprises du CAC40 ne voit pas sa contribution augmenter, et tire donc son épingle d’un jeu ! Un discours de gauche vise au contraire à considérer que c’est le capital qui coûte cher, les dividendes des actionnaires qu’il faut taxer et les richesses qu’il est urgent de redistribuer. Mais au capital, jamais le FN ne s’attaque !

Cette proposition de hausse de la TVA finançant la baisse de cotisations est de fait la même proposition défendue par la fille que celle auparavant défendue par le père. Au passage pour les femmes, ce que que défend le FN ce n’est pas la bataille pour l’égalité salariale mais un revenu pour les femmes au foyer...

Le FN n’a jamais défendu la retraite à 60 ans !

Nicolas Bay, le secrétaire général du FN l’a pourtant bien rappelé dernièrement  «Nous n’avons jamais défendu la retraite à 60 ans. Nous avons défendu le principe des 40 annuités, ce qui est un peu différent.» C’est même très différent ! Qui peut croire qu’avec 40 annuités on puisse partir en retraite à 60 ans alors que l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail selon l’INSEE tourne autour de 23 ans, ce qui ne permettrait pas dans les faits une retraite à taux plein avant 63 ans minimum ? Avez-vous le souvenir d’un seul message de soutien du FN aux nombreuses grèves et mobilisations syndicales pour les retraites ? Rien.

Normal, pour garantir le départ en retraite à 60 ans et à taux plein, il faut assumer là aussi de s’attaquer à l’inégale répartition de la valeur ajoutée qui ne cesse de de se faire au détriment des revenus du travail et au profit de ceux du capital. Il faut assumer d’augmenter les cotisations patronales des grandes entreprises, et poursuivre une politique de plein emploi, répondant aux besoins sociaux et aux urgences écologiques. Il faut assumer que la marche vers le progrès social, reste en ce début de siècle la même qu’au siècle précédent : la réduction du temps de travail sur la semaine, l’année et la vie, au service de nos émancipations et du partage du temps de travail.

Bref, que reste t-il des comparaisons avec 1981, ne serait-ce qu’au niveau économique et social ? Côtés augmentation du SMIC et de la retraite à 60 ans, aucun parallèle donc. 81, c’est aussi la 5ème semaine des congés payés, la semaine de 39h, les lois Auroux sur le droit du travail. Ce fut aussi la nationalisation des banques, que le FN se garde bien de défendre, mais que le  Front de Gauche lui assume !

Le FN ne cesse de défendre un programme des plus austéritaires, de baisses des dotations de l’état aux collectivités et de baisse des dépenses publiques des régions. Avec le FN c’est beaucoup moins de services publics, et l’arrêt de nombre de financements associatifs et culturels. Normal, Marine Le Pen a bien prévenu les marchés financiers pour les rassurer dans sa conquête du pouvoir : elle, elle respectera la règle des 3% de déficits publics. Sa sortie de l’euro ne signifie aucunement désobéissance aux directives libérales européennes !

Quels rapports avec le programme défendu par Jean luc Mélenchon à la présidentielle ? Lui qui portait haut et fort un SMIC à 1700€, défendre la retraite à 60 ans et à taux plein sans  décôte ? S’attaquer à la finance en instaurant un salaire et un revenu maximum ? Taxer bien plus les revenus du capital ? Nationaliser les banques ? Lui qui entend impulser au niveau international un sommet permanent pour un plan B en Europe, alternatif à l’austérité ?

Pour le reste, Gattaz ne s’émeut pas du programme ultra réactionnaire et raciste du FN qui ne visera qu’à encourager la guerre civile. Sa politique anti immigration est aussi inefficace qu'insupportable. Le FN poursuit toujours la même stratégie que l’extrême droite des années 30, en modifiant sa com’, faire croire en un discours “social” pour mieux briser les consciences de classe et les consciences républicaines, en ayant pris soin de troquer en façade l’antisémitisme du père contre l’anti-musulman de la fille, tout en gardant en son sein le cumul des deux. Mais le patronat du CAC40 semble lui aussi rester dans la même stratégie que celle qui fut la sienne dans les années 30. Ce grand patronat qui fit le choix majoritairement de la collaboration et ne cesse depuis 45 de vouloir remettre en cause un à un les acquis du Conseil National de la Résistance. Quand pour eux “mieux vaut [valait] Hitler que le Front populaire”, mieux vaudrait Marine Le Pen que Jean Luc Mélenchon. En tirant un trait égal entre les deux, Gattaz dédiabolise la première, en omettant de se prononcer sur sa profonde remise en  cause de nos fondamentaux républicains, pour mieux décrédibiliser le second, en omettant qu’il incarne au contraire la poursuite de l’oeuvre de la République inachevée.

Quand Manuel Valls se permet de saluer Gattaz, reniant ainsi les grandes avancées permises par la victoire historique d’une gauche qui s’assumait en 81, il ne fait que confirmer qu’il a lui bien changé de camp, comme l’ensemble des lois votées en attestent depuis le début de son mandat.

Pour l’heure, à quelques jours des régionales, qui seront le dernier rendez-vous électoral avant 2017, je ne peux que vous conseiller le seul bulletin de vote qui vaille au 1er tour, celui des listes d’opposition de gauche et de rassemblement citoyen dans lesquelles le PG est impliqué. Aux urnes citoyennes et citoyens !

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