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Billet de blog 2 oct. 2018

Devenir de la petite ceinture: pas sans les parisien-ne-s !

La maire de Paris, sentant qu’elle allait être minoritaire, a retiré de l’ordre du jour du Conseil de Paris de septembre son projet de créer une société commerciale avec la SNCF pour exploiter la vingtaine de bâtiments de la petite ceinture et en faire une véritable machine à cash. Néanmoins, l’exécutif parisien peut tenter de présenter de nouveau une délibération à un prochain conseil.

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Ecrivez à la maire de Paris

pour préserver la petite ceinture de toute marchandisation et bétonisation !

La maire de Paris, Anne Hidalgo, avait prévu de faire adopter au Conseil de Paris de septembre une délibération relative à la petite ceinture pour créer une société commerciale (SAS- Société par action simplifiée à répartition du capital à parité entre la ville et SNCF-Réseau), afin d’exploiter la vingtaine de bâtiments de la petite ceinture et en faire une véritable machine à cash.

La délibération était claire : Cette Société par action simplifiée avait vocation à trouver des activités dans ces emprises foncières répondant à “l’objectif de rentabilité”, afin de générer “des revenus domaniaux et d’autres recettes”. Il s’agissait de “mettre en valeur” ces bâtiments de la SNCF, y permettre des extensions ou constructions nouvelles localisés sur la petite ceinture.

Le conseil d’administration aurait été réduit entre 6 à 8 membres au total, à parité toujours entre la Ville et la SNCF. Les maires d’arrondissement, les élu-e-s de l’opposition n’auraient pas pu y siéger, et encore moins des représentants des habitants et du mouvement associatif. 

Ce statut de SAS est la négation de tout contrôle démocratique sur le devenir de ces bâtiments de la petite ceinture. Vouloir en faire une machine à cash ne pourra que contribuer à amplifier la gentrification et la bétonisation. Il faut au contraire préserver ce réservoir de biodiversité que constitue la petite ceinture. On doit pouvoir s’y promener gratuitement et y envisager des activités en lien avec la préservation de l’environnement.

Dès les conseils d’arrondissement, l’opposition à ce projet s’est fait entendre. Je m’y suis opposée dans le 20e, les groupes écologistes et communistes également. Puis d’autres groupes et élu-e-s sont également montés au créneau. L’exécutif parisien, se sentant minoritaire, a retiré de l’ordre du jour son projet de délibération au Conseil de Paris de septembre. Mais ils peuvent décider de le présenter de nouveau, modifié à la marge à un prochain Conseil de Paris.

Je vous invite donc toutes et tous à faire entendre votre voix : écrivez à la Maire de Paris pour lui exprimer votre refus de toute marchandisation et bétonisation de la petite ceinture ! Vous pouvez vous inspirer de cette lettre type ci-dessous que je mets à votre disposition.

Les parisien-nes doivent faire entendre leurs aspirations et se réapproprier les usages à venir de ces bâtiments. Cet espace naturel crucial doit rester non lucratif et préservé de toute bétonisation. Sur la petite ceinture, notre ville doit se montrer exemplaire dans la préservation de la biodiversité. Tant de projets écologiquement responsables et répondant à des besoins sociaux et culturels peuvent être inventés pour la petite ceinture, notre bien commun ! 

Trop de projets ont été actés par la majorité parisienne sans demander l’avis des parisiennes et des parisiens, comme la candidature aux jeux olympiques, les tours de grandes hauteurs, de la tour triangle aux tours de Bercy Charenton ou encore le recours aux bâches publicitaires géantes sur les monuments historiques notamment les églises, pour ne prendre que quelques exemples. 

Je demanderai au prochain Conseil de Paris qu’aucun projet sur la petite ceinture ne soit envisagé sans consultation et vote des parisiennes et des parisiens. 

Exemple de message pouvant être adressé à la Maire de Paris à ce lien :

Madame la Maire,

Citoyen-ne parisien-ne, je tiens à vous faire part de mon attachement à la petite ceinture. Cet espace naturel doit être protégé car il constitue une réserve de biodiversité. On doit pouvoir s’y promener gratuitement.

La recherche de “rentabilité financière” des bâtiments qui s’y trouvent n’est pas compatible avec la protection de ce bien commun.

Je souhaite que tout projet à venir concernant les bâtiments et la petite ceinture puisse faire l’objet d’une consultation et d'un vote des parisien-ne-s.

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