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Billet de blog 16 juil. 2018

Paris est notre bien commun, ne la laissons pas aux commissaires priseurs !

La politique d'Hidalgo et de son équipe de commissaires priseurs conduit Paris droit dans le mur. Leur discours c'est toujours la bourse ou la vie, nous faire marcher plus vite, crever plus vite, dans des JO sans honneur, tout pour l'argent. Non merci, pour nous ce sera l'espoir et la vie. Avec nous, Paris peut avoir à nouveau un avenir, celui du bien vivre en commun.

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Gabegie des JO, mini Défense avec ses tours de Bercy Charenton à l'Est, RER des riches au Nord, Dubaï Unibail au Sud avec la Tour Triangle, massacre du Champs-de-Mars à l'Ouest, Zones de Tourisme International et centres commerciaux en explosion partout, grandes soldes de bâtiments et de terrains municipaux bradés aux promoteurs à travers l'opération Réinventer Paris, sans parler des marchés catastrophiques de Vélib, d'Autolib ou de la pub numérique, Paris fait aujourd'hui complètement fausse route.

La politique d'Hidalgo conduit la ville droit dans le mur. Digne de Macron, elle réussit même l'exploit antisocial et antiécologique cumulé de dépeupler et en même temps d’hyper densifier Paris. La crise urbaine est totale, et comme souvent dans les phases terminales, l'alternative se posera entre ceux qui proposeront d'accélérer encore (Benjamin Griveaux ou autre macroniste) ou bien bifurquer pour repenser la ville et ses usages, en fonction de l’intérêt général et non comme terrain de jeux des spéculateurs et autres intérêts privés. 

Même Richard Florida, le promoteur de la « classe créative » qui a inspiré les pires politiques de gentrification urbaine dont le programme Oser Paris d'Hidalgo, reconnaît l'échec formidable de cette vision de la ville attractive et compétitive : « La crise urbaine, c'est la crise centrale du capitalisme » !

La formule ne doit pas faire oublier le productivisme inhérent au capitalisme, responsable de la crise climatique, de la crise de la biodiversité. Alors qu'aujourd'hui plus de la moitié de l'humanité s'entasse dans les villes et que plus de trois quart vit à proximité (moins d'une heure de trajet) d'un centre-ville, il est évident que la solution passe par une politique qui repense la ville d’un point de vue à la fois social et écologique, deux faces aussi liées que celles d’une même pièce. En d’autres mots, il est temps de penser la ville écosocialiste. Avec 2500 morts prématurés par an à cause de la pollution, cela doit guider nos consciences !

C'est d’abord toute la logique de métropolisation qu'il faut revoir, car le destin des grandes métropoles est de devenir les Metropolis de Fritz Lang et Osamu Tezuka, des cités à deux vitesses et à deux humanités, avec ceux d'en bas, rejetés dans les bas-fonds ou les périphéries, et ceux d'en haut, toujours plus riches, toujours moins nombreux, protégés de la révolte des esclaves humains par des robots obéissant à leur mode de vie connecté et coupé de la vie. Il est au contraire possible et nécessaire de penser mixité des usages et des résidents et non spécialisation et ségrégation spatiales, réduction des distances domicile-travail, coopération entre les territoires et non concurrence et attractivité ! 

Seul un sursaut citoyen et une mobilisation massive des laissés pour compte de l'Hôtel de Ville peut nous permettre de nous en sortir à Paris. De la Porte de Montreuil à la Porte de Versailles, citoyens écolos et insoumis, prolos, bobos, chômeurs, retraités, il y a dans cette ville une saine colère, des femmes et des hommes de tous âges et de toutes conditions qui demandent: où sont les arbres, où sont les bancs, où sont les rues piétonnes, où est le calme, où sont les papillons, où est la solidarité, où est le civisme, où sont la police et la justice de proximité, où sont les services et l'espace publics, où sont les espaces vraiment verts, où sont les logements dignes aux loyers abordables, où sont les lieux pour se rencontrer et partager nos vies, nos cultures, où est notre avenir commun ?

Pour reprendre les travaux d’Henri Lefebvre sur le droit à la ville, il est temps de dépasser le marché, la loi de la valeur d’échange, l’argent et le profit, et pour ce faire, engager une réappropriation citoyenne de la société urbaine, de la ville comme valeur d’usage. Et tant de luttes et d’initiatives locales, sociales, écologiques et citoyennes y contribuent, fédérons-les, fédérons-nous !  

Nous avons deux ans pour construire ensemble une alternative salutaire aux rançonneurs. L’enjeu des prochaines élections ne peut se réduire au renouvellement d’une équipe de commissaires priseurs d’un Conseil de Paris réduit à un rôle de salle des enchères ! Leur discours c'est toujours la bourse ou la vie, nous faire marcher plus vite, crever plus vite, dans des JO sans honneur, tout pour l'argent. Attractif, compétitif, aligné sur la mondialisation économique, fusillé sur son mur. Non merci, pour nous ce sera l'espoir et la vie. Avec nous, Paris peut avoir à nouveau un avenir, celui du bien vivre en commun.

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