La loi contre le séparatisme islamique, ne délaissera t-elle pas l’essentiel ?

A l’occasion d’un discours prononcé depuis l’hôtel de ville des Mureaux le 2 Octobre, Emmanuel Macron a tenu à préciser clairement sa pensée contre le terrorisme islamique et y répondre à travers un projet de loi qui sera présenté en conseil des ministres le 9 décembre et devrait être baptisé « laïcité et libertés ».

Vouloir mettre fin aux dérives séparatistes islamistes ne signifie pas stigmatiser la population de confession musulmane, comme peuvent le prétendre certains responsables politiques

L’islam, comme le christianisme est une religion avec ses divisions entre Sunnites, Chiites et avec entre eux des différences telles qu’on peut les trouver chez les Sunnites avec les salafistes et les frères musulmans ou les alaouites chez les Chiites.

Contrairement aux Chrétiens qui ont au cours des âges refondé la théologie, ce qui peut expliquer des divergences entre leurs églises, le coran est un livre dont le contenu est unique pour tous et immuable. Les différences entre Chiites et sunnites reposent sur des références successorales de leur prophète ou des interprétations des phrases coraniques (sourates et versets). On ne naît pas musulman, on le devient, ou non, soit par héritage cultuel, soit par conversion. Et même pour celles et ceux qui se disent croyant, la pratique peut être plus ou moins régulière, l’observation des dogmes et des règles également. 

Ce n’est pas stigmatiser les personnes de confession musulmane, que de vouloir répondre à un réel danger sociétal du à l’islamisme politique et violent, dont les éléments théologiques qui le conforte sont inscrits dans le coran depuis la période « Médinoise » (période où le prophète du fuir la Mecque et s’attacha avec ses fidèle à l’inscription de cette partie politique et violente du coran). La période « Mecquoise » étant celle où fut rédigée la partie essentiellement religieuse du coran avec ses dogmes d’éthique, de miséricorde, d’amour de son prochain etc. Bref, ce qui doit être le fondement d’une religion et à laquelle se réfère la majorité des croyants musulmans, sans toutefois bannir quelques versets de la période « Médinoise », auxquels ils peuvent se référer dans la confusion et c’est bien là le problème.

Les orientations du projet de loi énoncé par Emmanuel Macron 

Parmi les orientations du projet de loi énuméré par le président de la république, on peut retenir son intention de lutter contre le phénomène des écoles illégales administrées par des extrémistes religieux (écoles coraniques). A cet effet, il a annoncé que, « dès la rentrée 2021 », l’instruction au sein d’une école sera rendue obligatoire pour tous dès 3 ans. L’enseignement à domicile, qui concerne près de 50 000 enfants, devra dorénavant être limité aux impératifs de santé. Le chef de l’Etat entend aussi renforcer l’encadrement des écoles hors contrat, où selon lui : « parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République non celles d’une religion, former des citoyens, non des fidèles » .

Il entend aussi combattre les « ingérences étrangères » en mettant fin au dispositif d’enseignement de langue et de culture d’origine (ELCO), ces cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par des gouvernements d’autres pays. Une décision déjà prise en 2016 par la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem, mais mise en œuvre que partiellement en 2017.

Autres mesures envisagées qui sont indiquées par le chef de l’Etat  :

- La fin, « sous quatre ans », du système des imams étrangers détachés, ou encore le contrôle plus strict du financement des mosquées, qui seront incitées à sortir de la forme associative pour basculer vers le régime de la loi de 1905, ce qui peut être une formule pour le moins controversée, car il peut y avoir une approche « concordataire » incompatible avec les lois de la république.

- L’instauration d’un dispositif « antiputsch », pour empêcher des « extrémistes » de prendre le contrôle de certains lieux de culte musulmans, est également prévue.

- interdiction aux communes d’envisager d’imposer des menus confessionnels  dans les cantines ou d’exclure  les hommes et les femmes de certains créneaux d’accès aux piscines , les préfets pourront suspendre d’autorité les pratiques contraires aux principes de laïcité et d’égalité imposées par certains maires. Si la décision du représentant de l’Etat n’est pas appliquée, ce dernier pourra alors se substituer à l’autorité locale, avec l’accord du juge.

- Mise en place d’un « contrat de respect des valeurs de la République » pour les associations. En cas de non-respect, ces structures devront rembourser les subventions perçues. L’exécutif envisage également d’intégrer au projet de loi l’interdiction des certificats de virginité, une mesure chère à la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa.

Remarques par rapport aux mesures évoquées dans le cadre de la future loi contre le séparatisme islamique

Avant de commenter les mesures portées par ce projet de loi, encore faudrait-il en avoir pris connaissance, mais à ce stade des déclarations faites par le chef de l’État, vu l’urgence de la lutte contre le séparatisme islamique, sans oublier les autres, il convient toutefois de saluer ce projet de loi dans son principe. En espérant que les parlementaires, plutôt que de faire certaines obstructions politiciennes stériles engageront une réflexion de façon objective permettant de prendre des mesures qui soient les plus efficaces possible

Par exemple, par rapport à la scolarité des enfants dans des écoles jugées illégales, pourquoi une nouvelle loi spécifique, quand la loi actuelle permet déjà de vider une école de ses élèves en envoyant une mise en demeure aux parents de scolariser leurs enfants ailleurs. Dès lors, la difficulté n’est donc pas de prendre la décision de fermer une école qui risque de rouvrir à proximité avec un nouveau coloris de façade, mais bien de la faire respecter et veiller au retour de ces enfants en école publique.

Concernant les écoles hors contrat, (qui sont, faut-il le rappeler, confessionnelles à plus de 80 %), la loi Gatel d’avril 2018 avait déjà considérablement durci les conditions de création et de contrôle des écoles hors contrat dûment déclarées. Cela n’a pas fait progresser d’un iota le démantèlement de ces structures qui ne sont précisément pas déclarées juridiquement comme des écoles, et qui donc ne sont pas soumises aux inspections de l’éducation nationale. Dès lors il semblerait plus urgent d’impliquer davantage le ministère de l’intérieur qui en liaison avec les inspecteurs de l’éducation nationale se consacreraient à cette mission très spécifique des contrôles et fermeture de ces écoles suspectées de séparatisme,

Le problème pour lequel il ne semble pas qu’il existe aujourd’hui des dispositifs efficaces pour fermer ces lieux, ce sont les endroits (parfois dans des salles en annexe des mosquées) où en périscolaire il se donne des cours de soutien organisés avec l’appui des structures islamiques, ainsi que les cours de langue arabe ou turque, qui sont parfois dans les faits des écoles clandestines coraniques passant totalement sous les radars de l’éducation nationale.

Ne pas oublier toutes les structures périscolaires : Trop d’associations sportives posent aussi problème dans les quartiers, lorsqu’elles associent allégrement subventions publiques et embrigadement religieux. La loi devra être stricte, car parfois en filigrane ce sont des opérations politiques clientélistes qui prévalent…

Le risque que présente certains conférenciers doit aussi mieux être pris en compte, notamment lorsqu’il s’agit conférenciers extérieurs étrangers ou binationaux intervenant dans des établissements scolaires privés, de manière à éviter qu’un Tariq Ramadan fasse des conférences dans un établissement musulman sous contrat, comme le fit au lycée Averroès de Lille. Un lycée modèle, mais à l’environnement douteux quand on se souvient les déclaration d’un ancien professeur, il y a quelques années (https://www.marianne.net/politique/averroes-un-lycee-modele-lenvironnement-douteux ). Actuellement ce lycée vient d’être privé de subvention par la région.

Ce lycée est considéré comme une réussite de l’association Musulmans de France (ex-UOIF) proche du mouvement des Frères musulmans. Cette école confessionnelle située à Lille, sous contrat d’association avec l’État, scolarise 450 élèves - auxquels il faut ajouter les 450 élèves du collège hors contrat - avec des taux de succès au baccalauréat toujours proches des 100 %, dont une majorité de mentions. (https://www.lefigaro.fr/actualite-france/prive-de-financement-par-la-region-le-lycee-averroes-de-lille-saisit-la-justice-20201001 ) Ce lycée reçoit des subventions de la «  fondation Qatar Charity ». Or cela ne devrait-il pas cesser au même titre que le financement étranger des mosquées ?…

Par rapport à la population musulmane, quelle réalité ?

Le rapport, intitulé « Un islam français est possible « , avance que les musulmans comptent pour 5,6% des habitants de métropole, soit un pourcentage « moins important que ne l'avancent bon nombre de chiffres plus ou moins fantaisistes », souligne en avant-propos Hakim El Karoui, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et ex-président de l'Institut des cultures d'islam, encore, ne faudrait-il pas ignorer les populations de migrants. Les jeunes sont 10% des moins de 25 ans, signe de la prégnance croissante de la deuxième religion du pays auprès des jeunes générations. (https://www.bfmtv.com/societe/religions/musulmans-de-france-pour-29-des-sondes-la-charia-est-plus-importante-que-la-loi-de-la-republique_AN-201609180005.html ). Il faut toutefois noter des déséquilibres importants entre territoires, où ces chiffres peuvent être très supérieurs et amplifient les processus de séparatisme islamique dans ces secteurs.

A noter que de récents sondages confirment qu’environ 30 % des musulmans, dont 45 % chez les jeunes, préfèrent la « Charia» (la loi islamique ) et considèrent qu’elle devrait s'imposer par rapport aux lois de la République. Parmi ceux qui sont français de naissance, 18% pense que la charia doit s'imposer. Contre 26% pour les français d'acquisition ou encore 46% pour les étrangers. 

Le port du voile s'est légèrement renforcé depuis une dizaine d'années. Presque 30% de femmes affirment porter le voile en 2019, contre 24% en 2003. 19% d'entre elles le portent toujours. En revanche, 68 % des sondées disent ne jamais porter le voile. A lire : https://www.atlantico.fr/pepite/3579363/l-ifop-revele-une-enquete-sur-la-population-musulmane-en-france

Les mesures envisagées dans le cadre du projet de loi contre le séparatisme islamique seront-elles vraiment efficaces  si l’on omet les référentiels cultuels de l’islam ?

L’islam est à la fois une religion et un système politique. Pour les musulmans, le Coran n’est pas l’œuvre d’un homme, mais d’Allah, qui l’a dicté au prophète, à ce titre, on ne peut pas changer Dieu. Les sourates et versets du coran qui encouragent le séparatisme islamique, charia, taqîya ou les paroles de morts et de combats qui sont dans ce livre ne peuvent pas être supprimées ou effacées par les hommes puisqu’elles ne sont pas leur création. Toute la théologie musulmane repose sur le fait que le Coran est issu directement d’Allah. Changer cela, ce n’est pas réformer l’islam, c’est le détruire. On peut ne pas tenir compte de ces phrases, ce que font la grande majorité de musulmans, ou les interpréter dans un sens différent, mais nullement les supprimer.  N’est-ce pas là une contradiction sur le plan de l’intellect cultuel coranique, dans la mesure où l’on ne peut rien modifier du coran qui est considéré comme « sacré », œuvre de dieu et non des hommes, tout en autorisant de refuser d’appliquer une partie de ce texte, donc désobéir à Dieu ? Au vu de cette contradiction, on peut ainsi considérer que cela ne dispenserait pas d’une refondation de la théologie musulmane, comme le réclame certains de leurs théologiens, ainsi qu’un nouvel enseignement du coran rendant caduque les versets violents de la « période Médinoise » qui seraient dès lors considérés comme « Blasphème », avec ce que cela signifie pour un croyant musulman.

Ne pas oublier que pour les musulmans, la taqîya ou le « mensonge pieux », fait partie intégrante de la religion.

En l’absence d’une refondation de la théologie musulmane, avec un nouvel enseignement du coran, l’on peut toujours exiger des autorités musulmanes ou des imams de France qu’ils fassent allégeance aux lois de la république, ce qu’ils feront sans état d’âme, s’il ne l’on pas déjà fait, y compris en le jurant sur le coran, car le parjure est permis pour un musulman quand il défend son Dieu et « ses textes sacrés », ou n’a d’autre choix que de se plier aux règles imposées par un rapport de force favorable aux non musulmans. Sourate 3, verset 28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d'Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d'eux. Allah vous met en garde à l'égard de Lui-même. Et c'est à Allah le retour ». Ce verset demande aux musulmans de ne pas prendre » les mécréants » comme alliés ou amis, à moins que pour cela ils n’y soient « contraint par un péril à redouter » ce qui suppose également que le mensonge et le parjure sont recommandés.

Ainsi, un musulman peut mentir pour la cause de l’islam. Leur prophète lui-même ordonna de mentir. Lorsque des gens à qui il avait ordonné d’aller tuer quelqu’un lui dirent « Nous ne saurions pas le tuer si nous ne lui mentons pas », il leur répondit : « D’accord, c’est bon, mentez ».

Il ne faut pas perdre de vue que dans le monde occidental les responsables de l’islam Sunnite, très majoritaire en France, savent comment jouer la partie. Les Salafistes et les frères musulmans excellent dans le style. Ils ont un artiste en la matière avec Tarik Ramadan. Ils savent comment présenter leur cause d’une façon qui soit non seulement considérée comme acceptable par la majeure partie de la société, mais qui soit aussi considérée comme sensée et même juste. Ils feront appel aux institutions démocratiques, et aux Droits de l’Homme, tout en sachant très bien que s’ils en avaient le pouvoir ils aboliraient ces institutions et refuseraient ces droits aux autres conformément à la loi islamique ou « charia ».

Parler « d’islam de lumière » en France» est un non sens

Parler ainsi, cela signifierait que les musulmans Français se réfèrent à une théologie de l’islam avec des textes d’un coran dont l’interprétation serait différente des textes du coran d’origine. Or, l’Islam repose sur des textes inamovibles depuis plus de quatorze siècles. Aujourd’hui il n’y a qu’un seul texte, celui du coran de l’époque du « prophète » qui est considéré comme la parole absolue de Dieu, auquel chaque musulman doit se plier. Celui qui évoque la refondation de la théologie musulmane, peut faire l’objet d’une « Fatwa » qui le condamne à mort par les radicaux de l’islamisme, mais également par certains hauts dignitaires religieux musulmans qui se comportent en « cerbères » gardiens criminogènes de l’enfer islamique…Voilà la réalité et peu importe si « dieu » peut changer d’avis, un vrai délire intellectuel !

Tant qu’il n’y aura pas eu une profonde révision de l’enseignement du coran avec une refondation de la théologie musulmane et que la substance toxique ne sera pas éliminée, toutes les mesures prises pour lutter contre le séparatisme islamique qui prend sa source dans cette lecture du coran n’auront qu’un effet très limité. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y aurait rien à faire pour imposer, y compris par la force, l’État de droit dans des secteurs où il est bafoué. La question démographique ne devrait également pas être ignorée.

Il faut aussi avoir à l’esprit que le séparatisme islamique entretenu par des responsables musulmans, ne peut que servir les commerces illicites, dont les trafics de drogues qui sévissent dans ces secteurs, lesquels échappent de plus en plus aux lois de la république.

Par ailleursalors qu’ils disposent de moyens de pression puissants auprès des monarchies musulmanes Arabo - pétrolières et par voie de conséquence de leurs autorités religieuses à influence planétaire auprès des leurs, on ne peut que déplorer le manque d’enthousiasme des Gouvernements des pays membre de l’ONU lorsqu’il faut aider et soutenir les théologiens musulmans qui prônent une refondation de la théologie musulmane afin d’en extraire la partie politique et violente de la période dite « Médinoise ».

Pour conclure

Si nous voulons réellement que soit « éliminé » tout ce qui encourage le séparatisme islamique et impose à cette population l’obligation de respect des lois de la république, il est urgent d’imposer  aux autorités Religieuses Musulmanes, notamment, via les Etats Arabes qui les drivent de revoir intégralement l’enseignement du Coran et de refonder la théologie musulmane. Mais aussi de soutenir les théologiens musulmans sui le réclame, tel  Ghaleb BENCHEIKH, physicien Français et théologien pour qui « ce n'est plus suffisant de clamer que ces crimes n'ont rien à voir avec l'islam. Il est temps de reconnaître qu'un corpus violent a existé dans la tradition islamique, qu'il est le seul référentiel des djihadistes. Pour que cette partie ne gangrène pas le tout, il faut désormais le proscrire totalement et renouer avec l'humanisme arabe »… 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.