De déboisement en déforestation, un désastre planétaire

Les zones boisées et Les forêts disparaissent à un rythme accéléré et chaque année c’est l’équivalent de la superficie de la Grèce qui disparaît. C’est une cause majeure de la perte de la biodiversité. Chaque année, environ 13 millions d’hectares de forêts dans le monde ont été convertis à l’agriculture ou dégradés par l’urbanisation.

Principales causes de déboisement et de déforestation

L’exploitation forestière constitue la plus ancienne cause de déforestation. Quelle que soit la forme de coupe, elle entraîne de nombreux gaspillages ou prive la forêt de son équilibre naturel. Seul 30% du bois coupé est commercialisé. Mais c’est l’élevage qui est la principale cause directe de déforestation.

La conversion forestière en terres agricoles ou en plantations est la principale cause des déboisements et de cette déforestation.Alors qu’historiquement la forêt a tout d’abord disparu dans les pays du nord c’est maintenant principalement les forêts tropicales qui sont menacées. Mais un peu partout dans le monde et la France n’y échappe pas avec des systèmes agricoles intensifs et des terres dégradées qui à terme vont se révéler peu rentables, voire même infertiles, ainsi ce sera toujours plus les zones boisées et les forêts qui en feront les frais…

Excepté les agriculteurs bio ou ceux qui se plient aux règles de l’agroécologie, les méthodes d’exploitation des terres agricoles par les agriculteurs conjuguent trop souvent intensivité avec usage de phytosanitaires et déboisement, ce qui est contraire à la sauvegarde des équilibres des Biotopes auxquels nous sommes tous très sensibles.

Agriculture intensive essentiellement de productions céréalières avec usage de phytosanitaires pour nourrir le bétail

C’est souvent une agriculture intensive de production de céréales, fut-elle plus ou moins étendue en territoires, destinée essentiellement à l’alimentation du bétail, qui entraîne un déboisement excessif. Combien de fois a t-on pu observer en France des zones boisées, autrefois riche, par exemple en châtaigniers, qui aujourd’hui disparaissent ou ont disparu, ainsi que les prairies naturelles. Il suffit de se rendre sur des plateaux de la ville de Givors au sud de la métropole de Lyon pour le constater. La situation écologique de ces secteurs est pour le moins particulièrement préoccupante dans la mesure, où il y a encore quelques années on y trouvait des zones boisées riches de nombreux châtaigniers, les quelques derniers encore debout sont actuellement en train de disparaître totalement sous les effets conjugués du déboisement par les agriculteurs et des pollutions par les phytosanitaires. Mais aussi, en absence de prairies naturelles et de zones boisées suffisantes, l’on déplore une absence d’insectes pollinisateurs et auxiliaires si indispensables pour l’équilibre des biotopes, mais aussi d’oiseaux, voire des lièvres et lapins de Garenne. Et Malgré l’alerte auprès du député de la circonscription et du maire de la ville, où le souhait d’une concertation avec les organisations professionnelles et syndicales agricoles pour prendre des mesures circonstanciées leur a été exprimé...Mais pour l’instant, c’est silence radio… Combien de communes Françaises sont-elles dans la même situation  et combien de désastres en perspective en ces lieux ( glissement de terrains, fortes inondations aggravées par des phénomènes collinéens …) ?

Incendies gigantesques avec 20 % des émissions de CO2 et déforestation de l’ Amazonie pour la production de soja OGM importée du Brésil, cet autre cancer de la planète

Episodiquement de gigantesques incendies ravagent des régions du monde (Australie, Californie, forêts Sibériennes russes) provoquant des dégâts irréversibles car ces feux attisent le dérèglement climatique en relâchant dans l’atmosphère des centaines de millions de tonnes de gaz à effet de serre. Avec l’apparition des incendies des forêt Sibériennes russes, ils accélèrent la fonte du permafrost avec rejet de méthane aux effets catastrophiques pour la couche d’ozone. Mais c’est surtout l’Amazonie qui en est la principale victime (53 % de la déforestation mondiale) avec la disparition de 4.251.000 hectares de couvert forestier par an, soit 1.350 m2 à chaque seconde, ce qui correspond à la surface d’un terrain de football toutes les 7 secondes. Sur cette base, si on ne stoppe pas cette dérive, on prévoit la disparition totale de l’Amazonie vers les années 2150. 17% de sa surface a d’ailleurs déjà été détruite (essentiellement ces 35 dernières années).

Lorsque les sols Amazoniens sont utilisés de manière irrationnelle et anarchique notamment pour l’agriculture dite migratoire, ce sont des dizaines de milliers d’hectares de forêts brûlés chaque année. Ces incendies sont provoqués par les éleveurs ou fermiers pour créer des zones de pâturage ou d’agriculture. Mal maîtrisés, ils déclenchent souvent de graves incendies libérant d’importantes quantités de CO2 (à l’échelle mondiale la déforestation représente 20% des émissions de CO2).

L’agriculture intensive est un facteur majeur de déforestation. La culture dominante est le soja qui se développe principalement au détriment de la zone de forêt tropicale du Cerrado au Brésil. Au Brésil les changements d’affectation des sols, c’est-à-dire convertir par exemple une forêt en une culture de soja ou une prairie pour l’élevage constitue près de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre du pays.

L’urgence climatique imposerait de stopper toute forme de culture intensive, mais tant que ne sera pas résolu le problème DEMOGRAPHIQUE n’est-ce pas mission impossible ?

Quelques rappels : Il nous a fallu 200 000 ans pour atteindre 1 milliard d’humains (1800 ans de notre ère). Puis à peine plus de 200 ans seulement pour arriver à 7,7 milliards.

En 2009 nous étions 6,7 milliards, en 2019 (10 ans plus loin) nous sommes 7,7 milliards et sauf grave pandémie, accident nucléaire majeur ou télescopage avec un astéroïde, les 8 milliards seront atteints en 2020 début 2021, soit une augmentation d’un milliard d’habitants en une décennies. Si ce rythme se poursuivait ainsi, en 2050 il y aurait 11 milliards d’habitants… Et 16 milliards en 2100 soit une augmentation de 10 milliards en un siècle. (6 milliards en 2000)... Si on y ajoute la perte annuelle moyenne de 100 000 km² de terres arables, qui correspond à l’étude de B. SUNDQUIST de l’institut du Minesota, étude un peu ancienne, mais toujours d’actualité et nullement contestée par les experts du climat. C’est, par exemple, la superficie totale de la France qui disparaît tous les 5 ans… Et en 40 ans, c’est presque la totalité de la superficie des 27 pays actuels de l’UE, plus la Grande Bretagne qui en est sortie…

Les impacts de la croissance démographique sur l’environnement et le climat à cause d’un certain mode de production alimentaire

73 Tonnes: C’est la quantité de nourriture consommée par un individu moyen dans sa vie, à raison d’un petit-déjeuner de 500 grammes et deux repas de 1 kg par jour. Cela représente le poids d’un petit avion de ligne, de 50 voitures ou encore plus de 2 camions de 33 Tonnes…

Il faut compter aussi qu’en moyenne un individu boit quotidiennement un quart de litre de thé ou de café le matin , de bière, vin ou eau à midi, un autre demi litre à son repas du soir, enfin en moyenne un demi litre de liquide quelconque dans sa journée, soit plus d’un litre et demi par jour, il s’agit donc d’une consommation annuelle de 550 litres et au bout de 70 années c’est 45 000 litres environ de breuvage englouti. Bien entendu il s’agit là d’une moyenne générale mondiale. A lire également : https://www.planetoscope.com/elevage-viande/1235-consommation-mondiale-de-viande.html

Pression toutefois sur l’environnement très différente entre pays riches et pays pauvres

Aujourd’hui, si un Africain subsaharien exerce un impact sur l’environnement environ 15 fois inférieur à celui d’un Européen ou d’un Américain, sans compter les Asiatiques, mais si sa population augmentait avec un accroissement des biens de consommation correspondant, ce qui serait légitime, cela aggraverait globalement et très considérablement les impacts sur le climat et l’environnement à cause de l’explosion démographique, et des méthodes de productions alimentaires nécessaires.

Parmi les effets sur l’environnement résultant des besoins alimentaires liés à la croissance démographique, on peut citer notamment :

Engrais et pesticides épandus dans les champs modifient la composition du sol et perturbent la vie de la faune. On observe une diminution du nombre d’insectes dans le sol. Ils sont pourtant essentiels pour maintenir une bonne aération du sol et très utiles pour apporter de la matière organique afin de rendre le sol fertile. L’épandage d’engrais dans les champs entraîne aussi une pollution de l’air par les particules.

Consommation d’énergie des tracteurs, des serres chauffées, des bâtiments d’élevage qui émettent des gaz à effet de serre.

Digestion des ruminants produit du méthane, puissant gaz à effet de serre.

Effluents d’élevage, très concentrés en matière organique, engendrant une pollution des sols aux nitrates s’ils ne sont pas gérés correctement.

Production d’aliments pour les animaux d’élevage qui nécessite de cultiver des surfaces agricoles importantes, avec les impacts associés. Une partie de ces aliments sont produits dans des zones soumises à la déforestation. Mais aussi d’immenses étendues fertiles qui servent à des productions pour des agrocarburants, ce qui est une aberration !...

Consommation d’eau pour l’irrigation des champs cultivés qui modifie l’équilibre des nappes phréatiques et de certains cours d’eau, et entre en concurrence avec d’autres usages à certaines périodes de l’année.

Déchets et pollutions agricoles, l'élevage est parmi l'une des plus importantes sources sectorielles de pollution de l'eau et de la terre

Les humains pratiquent l'agriculture depuis environ 10 000 ans, mais ce n'est que depuis une cinquantaine d'années que les techniques agricoles reposent sur l'emploi massif de fertilisants chimiques de synthèse et de pesticides. Les récoltes n'absorbent qu'entre un tiers et la moitié de l'azote ainsi utilisé. Le restant infiltre et pollue les sols et l'eau. La plupart de ces substances chimiques sont utilisées pour la monoculture intensive dédiée à l'alimentation animale : d'après la FAO, la moitié des récoltes de céréales et 90% de celles de soja sont destinées à nourrir les animaux d'élevage. Si à la place ces surfaces agricoles étaient consacrées à produire des végétaux destinés à l'alimentation humaine, avec des modes de production soutenables incluant la rotation des cultures, la quantité de substances chimiques polluantes nécessaires serait considérablement réduite.

Autres impacts des modes alimentaires

On estime en moyenne, 10kg de protéines végétales sont utilisées pour produire 1kg de protéines animales. En effet, pour obtenir de la viande, il faut d'abord nourrir un animal : par exemple, il faut 13kg de céréales et 30kg de foin pour produire 1kg de viande de boeuf. En conséquence, la production d'aliments d'origine animale nécessite en moyenne beaucoup plus de ressources que la production d'aliments végétaux. Ce gaspillage de ressources avec une population qui ne cesse de croître est lourd de conséquences pour la planète et contribue à renforcer l'insécurité alimentaire mondiale.

Nul ne peut nier que les pays riches restent actuellement les principaux responsables de l'insécurité alimentaire mondiale, étant les plus grands consommateurs de produits animaux. Si l'ensemble des pays riches réduisaient ne serait-ce que de 20% leur consommation de produits animaux, cela permettrait de compenser 4 ans de croissance démographique mondiale qu’il convient par ailleurs de stopper. Et les bénéfices pour la santé qui en résulteraient permettraient d'autre part de réduire considérablement les dépenses de santé de ces pays.

Autres effets de la croissance démographique et de son excès de de consommation de viandes dans les pays riches. En Amérique Centrale, 40% des forêts tropicales humides ont été détruites au cours des 40 dernières années, principalement pour laisser la place à des pâturages destinés au marché d'exportation, souvent à destination des hamburgers américains... La viande est trop chère pour les pauvres de ces pays exportateurs de viande de boeuf, alors que dans certains cas les pâturages ont chassé une agriculture traditionnelle hautement productive. Une aberration !

Quelques autres rappels lorsque l’on évoque la question démographique

Evoquer la question démographique c’est aussi avoir à l’esprit que nous avons une perte dans le monde de 275 km2 par jour de terres arables sous le béton et l'asphalte, du aux effets de l'urbanisation, des voies de circulation de circulation routières, ferroviaires à grande vitesse, aéroportuaires, en particulier dans les pays riches et émergents. Avec une démographie qui ne cesse de croître, accompagnée dans les pays riches par des mesures natalistes excessives, on peut imaginer l'impact écologique des plus désastreux !

Faut-il rappeler que le vivant est un monde d’interactions.

La moindre activité d’un organisme suppose toujours des échanges, de matière, d’énergie, d’informations, des mouvements, des comportements. Des interactions qui favorisent ou empêchent. Voilà peut-être ce qui caractérise l’écologue : c’est celui qui veut comprendre le monde des vivants et ses interactions.Vouloir comprendre le monde du vivant et la complexité des interactions de l’écosystème est une chose, adhérer à une pensée écologiste qui s’emploie davantage à questionner notre place dans ce monde et à développer par une interprétation la projection d’un cadre politique et sociétal de l’homme pour son maintien dans cet écosystème, qui peut prendre la forme d’un projet politique, est autre chose.

Par rapport à la notion d’espace, quelle surface actuelle habitable est estimée par habitant ?

La surface totale de la Terre est de 510 000 000 km2, forets, mer, désert compris. La surface des terres immergées est de 360 000 000 km2 (soit 70,7 %). Celle des terres émergées est de 149 000 000 km2 (soit 29,3 %). La surface des terres habitables(?) 134 000 000 km2 (soit 26,3%). La surface des forets tropicales est de 1,7 milliard d’hectares dont 800 millions au Brésil. Celle des des autres forets de 1,8 milliard d’hectares. Les surfaces inhabitables sont officiellement de 1,5 milliard d’hectares avec 7,7 milliards humains aujourd'hui et demain ?...

Sachant que la surface totale de la terre est de 510 millions de km2, soit 51 milliards d'hectares / 7,7 milliards d'habitants cela fait environ 7,4 hectares par humain, de terre, de mer et de désert. 29% de terre émergée (pour le moment, avant la fonte des glaces !) donc, 149 millions de km² désert compris = 14, 9 milliards d’hectares / 7,7 milliards humains = 2,2 hectares par humain de terre et de désert.

134 millions de km² sont déclarés habitables, ce qui signifie que les forets semblent être considérées comme des zones fertiles et habitables. (1,5 milliards d'hectares seraient inhabitables et l’on dénombre 2,73 milliards d’hectares de quasi-déserts).

Si l’on ôte les 2,73 milliards d’hectares des quasi-déserts aux surfaces émergées de la planète on obtient : 12,17 milliards d’hectares / 7,7 milliards d’humains = 1,75 hectare par humain de terre plus ou moins fertile, forets autres et forets tropicales comprises.

Sachant que l’effet de serre naturel remonte la température moyenne de la Planète, à chaque degré supplémentaire, les calottes glacières fondent, le niveau des mers monte et la surface habitable par habitant diminue.

Selon ces données, déjà, aujourd’hui, c’est 1,75 hectare par humain sans rien de prévu pour toutes les autres espèces terrestres : éléphants, rhinocéros, grands félins, chevaux, moutons petits mammifères divers ... donc, il y a réellement bien moins de 1,75 hectare par humain si l’on réserve de la place aux animaux..

Avec une perte de 275 km2 par jour de terres arables sous le béton et l'asphalte, du aux effets de l'urbanisation, des voies de circulation de circulation routières, ferroviaires à grande vitesse, aéroportuaires, en particulier dans les pays riches et émergents, et une population qui explose, on peut imaginer l'impact écologique !

Pour conclure

Si le déboisement et la déforestation provoquent un désastre planétaire, dont les causes se trouvent dans une agriculture intensive, mais c’est essentiellement du à la loi du nombre par l’explosion démographique et ses besoins alimentaires exponentiels. Tant que nous ne parviendrons pas à une décroissance équitable et choisie de la démographie, la situation concernant l’agriculture intensive pour satisfaire les besoins alimentaires et le déboisement ou la déforestation aggravera la situation de la planète, tel un cancer sans rémission possible…

 

 

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