EELV : entre gravité de la situation écologique et « tambouille électorale »...

EELV et Yannick JADOT (nouveau personnage fort des Verts) sont totalement « rivés » sur ce qui semble désormais leur horizon politique de court terme, c’est à dire les élections municipales de 2020. Ainsi, seule compte les contraintes de la tambouille électorale, pour créer des « rapports de force électoraux » qu’ils leur soient les plus favorables. L’écologie peut attendre…

La « tambouille électorale » d’EELV phénomène bien marginal en regard de la situation politique mondiale et des risques climatiques que court l’humanité, et pourtant !

Des scientifiques français présentent de nouvelles simulations climatiques qui serviront de base au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ils indiquent que le réchauffement climatique s'annonce plus prononcé que prévu, quels que soient les efforts faits pour le contrer. Une centaine de chercheurs et d'ingénieurs, notamment du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de Météo-France, ont participé à ces travaux. Ils viendront alimenter le sixième rapport d'évaluation du groupe des experts de l'ONU sur le climat, prévu pour 2021-2022.

Pour les scientifiques français qui ont produit deux modèles climatiques différents, ensuite soumis à plusieurs scénarios socio-économiques. Selon une présentation, « dans le pire des scénarios considérés, la hausse des températures moyennes globale atteint 6,5 à 7 °C en 2100 ». Dans le dernier rapport du GIEC, le pire scénario prévoyait +4,8 °C par rapport à la période pré-industrielle. Pendant ce temps, malgré « le dire » EELV et Yannick JADOT sont totalement « rivés » sur ce qui semble désormais leur « quête du Graal », c’est à dire gagner des exécutifs locaux lors des élections municipales de 2020.

Si on y ajoute les problèmes du moyen Orient et ceux du golfe persique, au Yémen entre les centaines de milliers de victimes, avec du matériel Français, par les bombardements de l’Arabie Saoudite, qui à son tour a des puits de pétrole bombardés par des « drones inconnus » ce qui provoque un vrai désastre écologique, et une augmentation des cours du baril de pétrole, sans compter des risques de conflit nucléaire. Mais il est évident, aussi marginal que cela puisse apparaître en regard de la situation politique mondiale ou de la situation écologique de la planète, que l’on ne peut faire l’impasse sur la vie démocratique et politique de notre pays, et des organisations politiques de l’écologie ou de celles qui s’en réclament.

Après la gauche, pour les Verts, voici l’« écologie plurielle »

Après le tout à gauche voici « écologie plurielle », avec en perspective de la bonne vieille tambouille électorale qui va mobiliser toutes « les énergies vertes », lorsque Yannick JADOT (EELV), Delphine BATHO (Génération Ecologie), Antoine WAECHTER (Mouvement écologiste indépendant), Jean-Marc GOVERNATORI (Alliance écologiste indépendante) et François DAMERVAL (Cap21) ont annoncé, en Juin 1019 à Ivry-sur-Seine, qu’ils prépareraient dès la rentrée un rassemblement en vue des élections municipales de l’année prochaine...

Quand on sait les divergences qui peuvent exister entre les différents courants d’opinion dont ces responsables « écologistes » sont les portes paroles, si ce rassemblement se concrétise cela ressemblera plutôt un « PACS entre la carpe et le lapin ». Les équilibres d’influence électorale étant démesurément plus favorables à EELV qu’aux autres qui seront contraints de passer sous ses fourches caudines, ce sont certains fondamentaux de l’écologie qui passeront sous la table, tel la problématique démographique que seul le MEI de WAECHTER semble inscrire parmi ses priorités, alors que c’est le cadet des soucis de JADOT pour EELV, ainsi que de Mme. BATHO pour GE ou d’autres.

Avec les contraintes de la « tambouille électorale », des accords au second tour, oui selon JADOT, mais tout sauf LREM

Depuis, Yannick JADOT (fort de son résultat aux élections européennes avec 13,5%) ne cesse d’affirmer qu’il souhaite un «rapport de force écolo» qui soit «fort» dès le premier tour des élections municipales en mars 2020, se donnant pour objectif de «garder» Grenoble et en conquérir de nouvelles. Mais pour cela il faudra nécessairement envisager des alliances au second tour pour les municipales, « mais tout sauf COLLOMB...Et LERM» (déclarent JADOT et DOUCET tête de Liste à Lyon). Autrement dit, point de salut hors de la gauche toute…

Certes l’élection qui a lieux le même jour dans toutes les communes du pays en fait une élection nationale au sens politique et médiatique, mais il ne faut pas se tromper d’élection. Ce n’est pas au niveau de la gestion municipale que va se définir la politique internationale, de sécurité, de santé, de justice, d’éducation nationale du pays... même si parfois il peut y avoir une incidence sur la gestion locale, compte tenu des compétences des collectivités territoriales.

Mr. JADOT et les responsables d’EELV sont vraiment de piètres stratèges, car annoncer avant le premier tour d’une élection avec qui on ne s’alliera pas au second et sous entendre que l’alliance ne se fera qu’à gauche est totalement contre productif. Pour un électeur de la droite modérée ou de LREM qui a conscience des problèmes climatiques ou environnementaux et souhaiterait l’exprimer, afin de renforcer les écologistes dans leurs actions, quel intérêt aurait -il à faire cela, c’est à dire voter « rassemblement EELV » au premier tour puisqu’il s’agit « d’un machin de gauche » de plus. Exclure les représentant d’une sensibilité politique de l’espace démocratique et républicain, au prétexte que LREM, comme le Modem, l’UDI ou LR, est un parti productiviste et que, de fait, l’on va privilégier des alliances exclusivement à gauche avec le PC, le NPA, la FI, le PS est tout de même surprenant comme justificatif, quand on sait que ces partis sont hyper productivistes et que pour certains au pouvoir de leur communes ils font des politiques locales les plus anti écologistes qui soient.

Et l’écologie dans tous ça ?

la commune est aussi un lieu de pouvoir où le Maire doit se considérer comme l’animateur d’une équipe au service de la population pour conduire une politique conforme au projet électoral pour lequel il ou elle a été élu(e), et non comme l’unique détenteur du pouvoir. C’est le lieu privilégié où il est possible d’initier des pratiques de gestion municipale écologique au niveau du vécu quotidien des citoyens. Quelques exemples : relocalisation des activités économiques en offrant des conditions d’accueil avantageuses, revalorisation des commerces de centre ville là où ils sont en déclin, par l’innovation commerciale et artisanale, protection des terres agricoles et des zones boisées, organisation de la production alimentaire de proximité par une agriculture sans OGM ni intrants chimique en encourageant et aidant financièrement les reconversions vers le Bio, alimentation Bio dans les cantines scolaires, avec au moins un repas végétarien par semaine, protection et mise en valeur du patrimoine et du paysage urbain, réduction des consommations d’énergie, en particulier au niveau de l’usage du parc des véhicules municipaux et de l’éclairage public, réduction des mobilités, notamment, domicile – travail en développant des structures locales de télétravail qui permettent de travailler à distance, tout en maintenant des espaces de socialisation des personnes, ce qui n’est pas incompatible avec des mobilités bas carbone, lorsqu’elles s’avèrent nécessaire.

Garantir un environnement sain et sûr, des logements décents et la prise en compte des besoins spécifiques à certaines catégories de la population (petite enfance, handicapés, personnes âgées) cela suppose aussi de raisonner désormais en terme de MENAGEMENT du territoire et de MAÎTRISE DEMOGRAPHIQUE des territoires, plutôt qu’aménagement du territoire et de toujours plus de croissance des populations, en particulier en secteur urbain, ce qui à pour effet de produire de l’étalement en périphérie rurale des zones urbaines. Cela signifie de stopper les densifications d’habitats, synonymes du mal être des habitants concernés. A partir d’un certain seuil acceptable d’habitants pour un mode de vie apaisé, ne plus délivrer des permis de construire excepté pour les opérations de rénovation...

Que les responsables des diverses organisations d’écologie politique souhaitent se rassembler lors de Municipales, quoi de plus normal, mais cela doit impliquer que tout accord intègre ces principes minimaux et s’il y a des partenaires de l’espace démocratique et républicain ( Gauche, centre, droite ou LREM ) qui acceptent d’intégrer ces principes pour un accord dès le premier tour, alors pourquoi faudrait-il passer par des combinaisons électoralistes, pour un meilleur rapport de force au second tour, qui peuvent s’avérer inefficace pour l’écologie ?

La déclinaison de ces objectifs prend évidemment des formes différentes selon qu’il s’agit d’une ville ou d’un village.

Il est évident que l’explosion non maîtrisée de la bombe démographique a encouragé des politiques de densification de l’habitat et pour répondre à la tertiarisation des activités économiques, toujours plus de bureaux concentrés à l’intérieur des grandes zones urbaines. Ce phénomène qui ne cesse de se développer, conduit, à la fois, à rejeter à l’extérieur des zones rurales de proximité les populations moins aisées, les obligeant quotidiennement à des contraintes de déplacement domicile - travail, ainsi que par aspiration du à la centralisation des activités économiques et des services à la désertification de pans entier de certaines zones rurales, en particulier celles de moyenne montagne.

Mais aujourd’hui, la nouvelle révolution des « intelligences artificielles » peut et doit participer à la restructuration des territoires, tout en conduisant des politiques locales de décroissance et rééquilibrages démographiques entre grandes zones urbaines et zones rurales actuellement délaissées. Tel devrait être l’objectif des accords que devraient animer les responsables écologistes au niveau local.

Il ne s’agit pas pour autant de nier les problèmes d’approvisionnement énergétique à plus long terme en métaux issus des « terres rares » (qui ne le sont pas toutes). En effet, la demande de terres rares est explosive, notre dépendance totale. Il n´existe peu de matières premières, dont la demande, a été multiplié par 30 fois en 50 ans. Mais aussi avec les besoins d’électricité et vu l'explosion de la croissance démographique, En 1973 la population mondiale est estimée à 3,7 milliards, elle est passée à 7,4 milliards en 2016 (7,7 milliards en 2018). La consommation mondiale d’électricité est passée de 6 129 TWH ( un TW = mille milliards de watts) en 1973 à 23 107 TWH en 2016 et ne cesse d’augmenter de plus de 6% par an ( https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/le-developpement-durable/la-consommation-d-electricite-en-chiffres ). soit une augmentation près de 4 fois , quand celle de la population mondiale a doublé pendant la même période (ce qui est considérable). Il y a toutefois des écarts considérables entre pays riches et pays pauvres, mais tous, sans exception ont enregistré des progressions continues

Les nouvelles « intelligences artificielles »offrent des Perspectives nouvelles pour le rééquilibrage des territoires, les économies d’énergie et des pollutions en moins

Les nouvelles « intelligences artificielles » sont un ensemble d’algorithmes conférant à une machine des capacités d’analyse et de décision lui permettant de s’adapter intelligemment aux situations en faisant des prédictions à partir de données déjà acquises. En se substituant ainsi à l’homme pour des opérations complexes, les robots changent de statut. Dans tous les domaines : entreprises, services, santé, hôpitaux, enseignement, transports, militaires etc. désormais l’Intelligence artificielle s’installe partout avec des applications de substitution totale de l’intervention humaine aux robots par phases successives. Il est évident que les « Intelligences artificielles » vont susciter des espoirs, parfois surréalistes, mais aussi des craintes apocalyptiques, dont certaines peuvent être justifiées, compte tenu de notre culture actuelle et du recours trop réactif à la violence...

Faut-il rappeler qu’aujourd’hui on est en mesure de confier des taches sélectives de décision, notamment, pour la justice, la médecine, l’enseignement, mais aussi faire déplacer des véhicules sans chauffeur ou des drones-taxis sans pilote, y compris faire fonctionner des « entreprises 4.0. « sans aucune intervention humaine grâce aux interconnexions de l’intelligence numérique entre les machines, avec toutes les conséquences d’éthique et sociétale que cela suppose. Par exemple, s’agissant de la justice pour désengorger les tribunaux, lorsque cela ne relève pas de décisions concernant des jugements dans des situations complexes, où elles doivent être prises en « son âme et conscience », les robots peuvent très bien suppléer les magistrats pour prononcer des sanctions en fonction de critères très précis.

Les nouvelles formes de travail rendent possible les délocalisations vers de zones rurales délaissées

Les nouvelles « intelligences artificielles » avec les nouvelles technologies contribuent à l'augmentation du nombre de travailleurs atypiques et de travailleurs indépendants. Le rapport ESDE (https://ec.europa.eu/commission/news/employment-and-social-developments-europe-2018-jul-13_fr ) constate que les nouvelles formes de travail avec le recours aux nouvelles intelligences artificielles peuvent apporter des bénéfices tant pour les salariés que pour les entreprises, en termes d'augmentation de la flexibilité et de meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Elles offrent de nouvelles opportunités aux personnes, y compris les personnes handicapées et âgées, pour entrer ou rester sur le marché du travail. Désormais et sous réserve que les responsables politiques encouragent leurs élu(e)s locaux à prendre les dispositions pour permettre l’organisation du travail à distance afin de réduire considérablement les mobilités , avec les économies d’énergie correspondant et les pollutions en moins...Des aides d’encouragement à l’installation doivent être apportées à toute personne qui quitte un centre métropolitain ou sa périphérie et va s’installer dans une zone rurale actuellement délaissée. Cela suppose aussi que cette commune rurale est accès à toutes les technologies de pointe en matière d’interconnexion très haut débit d’internet et fibre optique.

Il faut toutefois noter que le rapport ESDE établit également un lien entre la l'accroissement des formes de travail atypiques qui vont être imposées par les nouvelles technologies des « intelligences artificielles » et la détérioration des conditions de travail, avec une volatilité des revenus plus grande, une sécurité de l'emploi plus faible et un accès insuffisant à la protection sociale, comme il a été constaté dans le cas des travailleurs de plateformes numériques. Mais, pour corriger ces situations c’est au niveau gouvernemental et Européen que des mesures doivent être prises par la concertation entre les différents partenaires… Encore faudrait - il que les responsables politique s’en préoccupent... Notamment chez celles et ceux du « rassemblement d’EELV »...

Pour conclure

La prochaine mandature des élus municipaux devra, de gré ou de force, intégrer la gravité de la situation écologique et climatique dans toute sa dimension, démographique, territoriale, énergétique, alimentaire… Ainsi que la nouvelle révolution des « intelligences artificielles » ... De ce point de vue on pourrait au moins espérer que le « rassemblement des écologiste », s’il se confirme, serve d’aiguillon dans ce sens… A moins qu’une fois de plus la « politique politicienne » pour préparer l’élection suivante prenne le pas sur l’essentiel...

 

 

 

 

 

 

 

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