Faut il interdire le voile islamique, Mais n’omettons pas l’essentiel ?

Après l’affaire du « Burkini », voila que ressurgit l’ interdiction du « voile islamique ». Il y a les partisans de son interdiction qui considèrent que le port de ce voile est un signe religieux incompatible avec la loi de la laïcité. Pour les opposants à cette interdiction, cela relève de la liberté vestimentaire et si elle traduisait un aspect religieux, il y a des lois qui s’appliquent.

Mise en avant d’une « identité cultuelle musulmane » sans fondement, ou expression d’une soumission familiale obligée ?

Au moment de l’affaire du burkini On pouvait être surpris et s’étonner des déclarations de certaines de ces jeunes filles, lorsqu’à la télévision elles mettaient en avant « leur identité musulmane », ce qui est n’est pas acceptable!... Car, nous ne sommes pas dans un état confessionnel qui définirait la nationalité de ses citoyens par une identité religieuse, selon qu’ils seraient, musulmans, chrétiens, bouddhistes, juifs, etc. … Ce qui est d’autant plus surprenant pour les musulmans pratiquants, selon des théologiens, le port du « voile islamique » ne fait pas l’objet d’une prescription particulière par le coran. Mais alors pourquoi de plus en plus de femmes de confession musulmanes porte cet élément vestimentaire ? Est-ce pour se distinguer et affirmer volontairement « une identité musulmane » ou par une obligation familiale né d’une tradition de soumission à une société patriarcale qui refuse la modernité ?

Dans un cas, comme dans l’autre, ce n’est pas avec un débat public, tel que celui qui fut organisé après les actions « des gilets jaunes », y compris avec des spécialistes que l’on résoudra ce problème à consonance religieuse. Lors d’une délibération du Conseil régional de Bourgogne, on peut toutefois regretter la déclaration d’un élu RN, faite à l’égard d’une parent d’élève qui accompagnait son fils lors d’une sortie scolaire au Conseil régional et qui relance le débat sur l’interdiction du « voile islamique », jusque là dormant. On peut surtout regretter que cette forme de « marketing  médiatisé » qui s’en ait suivi serve avant tout les intérêts, bien qu’opposés, des rigoristes politiques Français, notamment au RN, et des intégristes musulmans « sunnites, salafistes ou ceux des frères musulmans »…

On peut également regretter que les membres du gouvernement aient ajouté leur touche les uns après les autres dans une cacophonie pour le moins surprenante, parfois même incohérente entre les uns et les autres en oubliant l’essentiel, mais aussi un rappel aux lois existant dans le domaine de ces distinctions vestimentaires à consonance religieuse. De là à imaginer, comme certains l’ont fait, qu’en se comportant de la sorte c’était une occasion idéale, d’un point de vue médiatique, pour évacuer momentanément les dossiers qui posent problème et qu’au fond cet élu RN les a bien arrangé … Mais cela n’a pas de sens et les réactions contradictoires, voire incohérentes, de membres du Gouvernement sont dues à leur propres personnalités, culture et sensibilités politiques.

Robert Badinter déclarait « Mais qu’est-ce que cela veut dire? La République ne distingue pas ses enfants de telle ou telle origine ». Ce qui est vrai, mais là on touche à quelque chose de particulier avec le fait religieux et de sensible pour certaines populations, qu’il ne faut pas confondre avec une simple distinction des origines.

Que dit la législation actuelle par rapport aux tenues vestimentaires à consonance religieuse :

La France fut le premier pays européen à interdire le voile intégral (niqab et burqa) dans l’espace public, avec une loi «interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public» promulguée en octobre 2010 et appliquée depuis avril 2011. Validée par la Cour européenne des droits de l’Homme en 2014, elle prévoit pour les infractions jusqu’à 150 euros d’amende. En cinq ans, plus de 1 600 verbalisations ont eu lieu.

Le port de signes religieux est interdit chez tous les fonctionnaires et tous les agents de l'État. Une charte de la laïcité, adoptée en 2007, stipule que «le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l'exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations». En 2009, à Paris, une agente de la circulation a même été suspendue pour une période de deux ans après avoir refusé d'ôter son voile simple (hijab).

La neutralité religieuse et l’interdiction du port de signes religieux dans les écoles, les collèges ou les lycées s’appliquent seulement aux enseignants, employés de la fonction publique, ainsi qu’aux élèves. « la loi ne concerne pas les parents d’élèves «, indique la circulaire du 18 mai 2004, consultable sur le site du ministère de l’Éducation nationale. 

Au moment de sa « levée de bouclier » contre la femme voilée qui accompagnait son enfant dans un voyage scolaire à l’assemblée régionale, on aurait du rappeler à l’élu RN qu’actuellement la neutralité religieuse et l’interdiction du port de signes religieux dans les écoles, les collèges ou les lycées s’appliquent seulement aux enseignants, employés de la fonction publique, ainsi qu’aux élèves mais en aucun cas, la loi ne concerne pas les parents d’élèves. Et de rappeler que c’est indiqué par la circulaire du 18 mai 2004, consultable sur le site du ministère de l’Éducation nationale. Cette femme étant dans un cadre scolaire, elle ne pouvait être inquiétée de la sorte.

L’interdiction totale en public du port du « voile islamique » serait -elle la bonne solution ?

L’interdiction du « voile islamique » obligerait les femmes musulmanes qui le porte par contrainte familiale, due à des traditions controversées, à s’isoler davantage. Pour celle qui le porte par conviction religieuse pour mettre en avant « leur identité musulmane », il y aurait des risques de sur radicalisation avec dérives djihadistes et alors elles se fondraient dans la masse, et agiraient conformément aux enseignements de la « Taqqiya » pour mieux piéger le « mécréant » Français, y compris en y laissant leur vie…

Port du voile islamique ou non, Il y a une population musulmane fragilisée par un endoctrinement religieux fondé sur des pratiques encouragées aujourd’hui par des organisations musulmanes (frères musulmans, salafistes...) et certains imams. Permettre de déceler et combattre ce type d’endoctrinement qui favorise un communautarisme avec dérive islamique potentielle, incompatible avec les lois de la république, seuls des spécialistes formés à la connaissance de l’Islam et à l’étude psychologique du comportement de ces personnes peut stopper cela. En aucun cas une quelconque interdiction du port du « voile islamique » ne saurait prévenir du risque d’endoctrinement Salafiste et au-delà la dérive vers le djahdisme…

Pour les musulmans, la «  Taqqiya « , ou «mensonge pieux» fait partie intégrante de la religion. Seule une refondation de la théologie pourrait l’effacer du coran, mais est-ce possible ?

Pour les musulmans, le Coran n’est pas l’œuvre d’un homme, mais d’Allah qui l’a dicté au prophète. À ce titre, on ne peut pas changer Dieu. Les paroles de morts et de combats qui sont dans ce livre ne peuvent pas être supprimées ou effacées par les hommes puisqu’elles ne sont pas leur création. Toute la théologie musulmane repose sur le fait que le Coran est issu directement d’Allah. Changer cela, ce n’est pas réformer l’islam, c’est le détruire. On peut ne pas tenir compte de ces phrases, ou les interpréter dans un sens différent, mais nullement les supprimer. Ainsi cela ne dispense pas d’une refondation de la théologie musulmane qui exclurait les références à la partie politique et violente du coran, ainsi que la « Taqqiya », comme le réclame certains de leurs théologiens. Ne pas respecter ces nouveaux enseignements du coran serait considéré dès lors comme blasphème, avec les risque que cela implique pour un musulman croyant.

Mais tant que leurs autorités religieuses, seules habilitées à pouvoir le faire, n’auront pas procédé à une refondation de la théologie musulmane et procéder à un nouvel enseignement du coran et qu’elles considéreront que le dogme du coran est la parole sacrée et immuable de Dieu et que l’homme doit s’y plier, rien ne changera et le problème des traditions avec celle du « voile islamiste »s e posera. L’on peut toujours exiger des imams de France qui ont une influence déterminante sur la vie quotidienne des musulmans qu’ils fassent allégeance aux lois de la république, ce qu’ils feront sans état d’âme, s’il ne l’on pas déjà fait, y compris en le jurant sur le coran, car le parjure est permis pour un musulman quand il défend son Dieu, ou n’a d’autre choix que de se plier aux règles imposées par un rapport de force qui ne lui est pas favorable. Sourate 3, verset 28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d'Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d'eux. Allah vous met en garde à l'égard de Lui-même. Et c'est à Allah le retour ». Ce verset demande aux musulmans de ne pas prendre » les mécréants » comme alliés ou amis, à moins que pour cela ils n’y soient « contraint par un péril à redouter » ce qui suppose également que le mensonge et le parjure sont recommandés. Ainsi, un musulman peut mentir pour la cause de l’islam. Leur prophète lui-même ordonna de mentir. Lorsque des gens à qui il avait ordonné d’aller tuer quelqu’un lui dirent «Nous ne saurions pas le tuer si nous ne lui mentons pas», il leur répondit : «D’accord, c’est bon, mentez».

Il ne faut pas perdre de vue que dans le monde occidental les responsables de l’islam Sunnite, très majoritaire en France, savent comment jouer la partie. Les Salafistes et les frères musulmans excellent dans le style. Ils savent comment présenter leur cause d’une façon qui soit non seulement considérée comme acceptable par la majeure partie de la société, mais qui soit aussi considérée comme sensée et même juste. Ils feront appel aux institutions démocratiques, et aux Droits de l’Homme, tout en sachant très bien que s’ils en avaient le pouvoir ils aboliraient ces institutions et refuseraient ces droits aux autres conformément à la loi islamique ou « charia ».

L’islam est à la fois une religion et un système politique qui dicte, notamment, que l’on doit faire la guerre « aux mécréants » jusqu’à ce qu’ils se convertissent ou se soumettent. Et c’est ainsi que les terroristes de par le monde justifient leurs actes, et cette justification est basée sur des éléments centraux de la tradition islamique.

Ce n’est pas une loi de plus portant sur l’interdiction du » voile islamique » en France qui changera le comportement des familles qui contraignent les femmes ou les filles au port du « voile islamique », pas plus que celles qui le font par communautarisme religieux, parfois provocateur, pour mettre en avant « leur identité musulmane ». La seule façon d’obtenir l’abandon de ces tenues vestimentaires controversées, comme, par ailleurs la partie politique et violente du coran issu de la période « Médinoise », c’est par une refondation de la théologie musulmane et non par des lois d’État faites au nom de la laïcité. Cette refondation difficile, mais possible suivant la lecture du coran ne peut être obtenue que par un consensus des responsables religieux au plus haut niveau et soutenu par les Etats Arabo - musulmans qui ont une prise directe sur les théologiens.

Il faut toutefois éviter de considérer les « Musulmans » comme une sorte de « bloc » unique.

L’islam, comme le christianisme est une religion avec ses divisions entre Sunnites, Chiites et avec entre eux des différences telles qu’on peut les trouver chez les Sunnites avec les salafistes et les frères musulmans ou les alaouites chez les Chiites. On ne naît pas musulman, on le devient, ou non, soit par héritage cultuel, soit par conversion.  Et même pour celles et ceux qui se disent croyant, la pratique peut être plus ou moins régulière, l’observation des dogmes et des règles également.

Pourtant, beaucoup des actions criminelles des « Djihadistes », essentiellement Sunnites et salafistes, paraissent insensées si on ne les envisage pas à la lumière d’une détermination sincère à faire revenir la civilisation à un régime juridique Islamique du VIIe siècle et la soumettre par la force et la violence extrême.

Le pire des difficultés à venir, c’est aussi l’aveuglement des pouvoirs politiques sur la question écologique de la démographie dans les pays de l’islam en regard des contraintes territoriales et climatiques

Le refus des pouvoirs politiques de prendre en compte les lois scientifiques de l’écologie, notamment la  loi de l’équilibre général des espèces, relève de l’irresponsabilité et nous conduit inévitablement à des affrontements inter culturels et inter cultuels des plus violents. Non seulement le refus de toute

autorégulation de l’espèce humaine conduira à une régulation de force par la nature avec des famines et des épidémies de plus en plus difficile à endiguer, mais Il est d’une logique darwinienne qui veut que les populations les plus prolifiques remplacent celles qui le sont moins. Lorsque de façon continue nos dirigeants politiques encouragent une politique nataliste qui par voie de conséquence dynamise la natalité des populations musulmanes, si on y ajoute l’immigration de confession musulmane qui fuient les zones de conflits, à l’origine desquels les USA, Britanniques et Français sont responsables, logiquement l’équilibre démographique actuel entre les population de culture Arabo musulmanes et Européenne sera à terme rompu. Avec les problèmes de surpopulation et de densification de l’habitat urbain qui auront pour conséquence des replis communautaristes et identitaires, ainsi que des affrontements de plus en plus fréquents et violents entre ces populations, les recruteurs djihadistes pour Daech, Al quaïda et consorts ont de beaux jours devant eux….

La croissance démographique qui explose va contraindre les population Arabes, proche et moyen Orient à des migrations forcées vers l’Europe. Que dire alors du »voile islamique »

La croissance continue de la population des pays arabes, proche et moyen orient qui est à l'origine de l'augmentation rapide de la demande de nourriture et ne peut pas être satisfaite par l'agriculture locale, vu les contraintes physiques, surtout l'insuffisance de l'eau et les contraintes politico-économiques va inévitablement déboucher sur des conflits locaux et amplifier ceux existant, avec des vagues migratoire forcée vers l’Europe. La dépendance alimentaire est devenue une barrière du développement économique et social en général. Certains pays, tel le Qatar investissent dans des terres à l’étranger qu’il transforme par ailleurs en arme diplomatique. Il est évident que le financement de l'agriculture par les recettes pétrolières s’avère un fardeau trop lourd, même pour les pays les plus riches.

Quelques chiffres qui résument en partie les raisons démographiques des migrations à venir vers l’Europe

Pour les pays qui s’étendent du Maroc au pays du golfe (pays Arabe - moyen orient), avec une superficie totale de près de 12 millions de km², mais avec une très faible superficie de terres arables, en 50 ans la population totale de ces pays a été multipliée par 3,7 passant de 139 millions fin 1960 à 516 millions d’habitants en 2018 (comparable à celle de l’UE, avec 4,4 millions de km², mais une superficie beaucoup plus importante de terres arables). Avec le développement économique, le régime alimentaire s’est occidentalisé, aussi bien en quantité qu’en qualité. Au final, la demande en produits agricoles a été multipliée par 6, celle de produits végétaux pour l’alimentation animale par 8, et celle de produits végétaux pour l’homme par 6. Or la production agricole a été multipliée par un peu moins de 4 en 50 ans dans ces pays.

Tous les pays de cette région du monde présentent des taux d’urbanisation supérieurs à 60 %, à l’exception du Yémen et de l’Egypte, qui en 2015 étaient urbanisés respectivement à hauteur de 35% et de 43% de la population nationale.

De l’Afrique du Nord au moyen Orient, on a 17 villes de plus de 4 millions d’habitants, dont Le Caire 22 millions, Téhéran 15 millions.

On a aussi une population plus jeune que celle de l’UE. 30 % d’un population de moins de 14 ans quand dans l’UE c’est 16 %. La population de 15 à 64 ans est de 65 % comme celle de l’UE, par contre des plus de 65 ans représente 5 % de la population quand elle est de 19 % dans l’UE.

Si 8 pays ont un taux de fécondité inférieur ou égal à celui de la France (2,5 qui est l’un des plus élevé de l’UE), 9 ont un taux de fécondité beaucoup plus élevé, tel l’Irak avec 4,2 enfants par femme.

Malgré une superficie de près de 12 millions de km² les pays arabes et le Moyen-Orient sont des régions où les marges d'extension de la culture pluviale sont inexistantes : le développement de l'irrigation apparaît donc là comme la seule possibilité d'abonder les superficies cultivables, à condition que la ressource en eau soit disponible et si les terres sont aptes à leur mise en culture. Ce qui est loin d’être le cas. Avec l’explosion démographique et la rareté des surfaces agricoles disponibles, on peut imaginer le choix qu’il reste à ces population en croissance démographique constante pour éviter la famine, alors que les plus fortes proportions de terres avec des superficies très importantes et convenables à l'agriculture par rapport à leur superficie totale sont en Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est.

Ce n’est pas une loi portant sur l’interdiction du » voile islamique » en France qui changera le comportement des familles qui contraignent les femmes ou les filles au port du « voile islamique », pas plus que celles qui le font par communautarisme religieux, parfois provocateur, pour mettre en avant « leur identité musulmane ». La seule façon d’obtenir l’abandon de ces tenues vestimentaires controversées, comme, par ailleurs la partie politique et violente du coran issu de la période « Médinoise », c’est par une refondation de la théologie musulmane et non par des lois d’État faites au nom de la laïcité. Cette refondation difficile, mais possible suivant la lecture du coran ne peut être obtenue que par un consensus des responsables religieux au plus haut niveau et soutenu par les Etats Arabo - musulmans qui ont une prise directe sur les théologiens.

Pour conclure

Ne pas poser la problématique démographique auprès des dirigeants politiques des pays Arabo-musulmans et exiger des mesures drastiques de dénatalité, ce qui doit être fait également en Europe, avec les déséquilibres à venir au vu des écarts de l’évolution des taux de fécondité dans les pays Arabes et du moyen orient, avec les conflits locaux liées aux ressources disponibles qui vont entraîner des migrations massives vers l’Europe, c’est omettre l’essentiel. En ne s’en tenant qu’à la seule forme de « marketing  médiatisé » sur le port du « voile islamique », comme hier celui du « burkini », n’est-ce pas, comme si par rapport aux problèmes sociétaux du moment (emplois, privatisations, retraites...) on débattait sur le fait de savoir s’il faut une loi pour interdire certaines formes l’humour en public ou la choucroute à Marseille…

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.