Surpopulation, déforestation, dérèglement climatique, au bonheur des pandémies

l’Homme par son nombre, son activité économique, ses besoins d’espaces avec déforestation et destruction de la biodiversité, dont une sixième extinction des espèces en cours, participe ainsi très fortement au réchauffement climatique. Dès lors ne nous étonnons pas que ce cocktail participe activement à diverses pandémies .

Une croissance démographique qui nous conduit tout droit au fond de l’abîme

Faut -il rappeler et rappeler encore à l’attention des anti malthusiens qui pullulent dans notre pays : Il nous a fallu plus de 200 000 ans pour atteindre 1 milliard d’humains (1800 ans de notre ère). Puis à peine plus de 200 ans seulement pour arriver à 7,7 milliards. Elle se situait à 3,7 milliards en 1970, elle a grimpé rapidement dans les trois décennies suivantes, pour franchir la barre des 5 milliards dès 1987... En 2009 nous étions 6,7 milliards d’habitants, en 2019 (10 ans plus loin) nous sommes 7,7 milliards et sauf pandémie plus mortelle que le Covid-19, accident nucléaire majeur ou télescopage avec un astéroïde, les 8 milliards seront probablement atteints en fin 2021, début 2022, soit une augmentation d’un milliard d’habitants en une décennies. Si ce rythme se poursuivait ainsi, en 2050 il y aurait 11 milliards d’habitants… Et 16 milliards en 2100 soit une augmentation de 10 milliards en un siècle. (6 milliards en 2000)…

Si on y ajoute la perte annuelle moyenne de 100 000 km² de terres arables comprenant les forêts, qui correspond à l’étude de B. SUNDQUIST de l’institut du Minesota, étude un peu ancienne, mais toujours d’actualité et nullement contestée par les experts du climat. C’est, par exemple, presque la superficie totale de la France qui disparaît tous les 5 ans… Et en 40 ans, c’est presque la totalité de la superficie des 27 pays actuels de l’UE, plus la Grande Bretagne qui en sort… Si l’on ne rectifie pas en urgence la trajectoire, mais n’est-il pas déjà trop tard, nous subirons inévitablement les situations d’effondrement évoqués par les collapsologues ( https://www.linfodurable.fr/environnement/collapsologie-pour-pablo-servigne-il-est-primordial-dapprendre-de-nos-erreurs-17387 )

En France, la population augmente en moyenne d’un peu plus de 200 000 habitants par an (l’équivalent de la ville de Montpellier), avec un rythme moyen annuel de perte des surfaces agricoles de 60 000 hectares (ou 600 km², presque 4 fois la superficie de la ville de Nîmes qui fait 162 km2 ). En 2019, selon le gouvernement, l’ADEME et le Ministère de la transition écologique, ces institutions ont estimé que le bilan carbone d’un Français était de 12 tonnes d’équivalent CO2 par an. Soit un rejet en progression annuelle lié à l’augmentation de la population de plus de 2,4 millions de tonnes. Pour rappel, en théorie on ne devrait pas dépasser de 1,2 à 2 tonnes de CO2

Une croissance démographique exponentielle cependant très inégalement répartie

selon les projections, sans maîtrise de la population mondiale, elle va continuer de croître et avoisiner les 10 / 11 milliards d’habitants en 2050. A l’évidence des pandémies fussent-elles aussi graves que celle du Covid-19 n’ont que peu d’influence sur la baisse de la démographie. Toutefois, même si l’accroissement de la population marquait nettement le pas dans le reste du monde, le nombre d’habitants en Afrique subsaharienne devrait plus que doubler d’ici à 2050, pour atteindre et dépasser les 2,2 milliards d’habitants (soit dix fois plus qu’en 1960). 

La part du continent Africain dans la population mondiale devrait donc augmenter, pour s’établir selon les projections à 23 / 25 % de la population mondiale en 2050, contre 7 % seulement en 1960 et 14 % en 2018. Près d’un habitant sur quatre vivra en Afrique subsaharienne en 2050, alors que cette proportion était de un sur 13 en 1960.

Il convient toutefois de souligner que les pays les plus impactant sur le plan écologique et climatique que sont l’Europe (UE + Russie et autres pays) et les USA aient eu une progression démographique sensible, bien qu’ils représentent 14,6 % de la population mondiale en 2019 (4,8 % pour les USA, 9,8 % pour l’Europe), quand en 1960, les USA représentaient 6,8 % et l’Europe 20 % de la population mondiale ( soit un total de 26,8%). Imaginons si cela avait été l’inverse. Sauf que la population Mondiale était de 3 milliards d’habitants en 1960 et 7,8 milliards en 2019. Ce qui signifie par exemple que pour l’ensemble de l’Europe cela faisait 20 % de la population mondiale de 3 milliards soit 600 millions d’habitants, quand en 2017 avec 9,8 % de 7,4 milliards cela représentait 725 millions, soit quand même une progression de 125 millions d’habitants.

Même en la bloquant définitivement au niveau de celle de 2018, en 2050 avec une croissance de population qui évoluerait au rythme de la décennie 2009-2019, la consommation exploserait

Par exemple : La consommation mondiale d’électricité était en 2018 de 3130 kw heure par habitant. La population mondiale était de 7,6 milliards d’habitants, soit 3130 kw heure X 7,6 milliards d’habitant= 23 788 milliards de Kw heures.

Avec la même consommation par habitant qu’en 2018, mais avec une population de 10 milliards d’habitants en 2050, cela ferait une consommation de 3130 kw/h X 10 milliards = 31 300 milliards de kw/heure (soit plus de 7 512 milliards de kw/h).

Avec le niveau actuel de croissance démographique et les besoins économiques minimaux qui l’accompagne, il s’avère impossible de réduire les émissions globales de CO2.

Ignorer le problème de l’intervention Humaine dans le réchauffement climatique n'est plus possible

Désormais c’est une certitude, la croissance démographique reste l’une des causes essentielles du réchauffement climatique. Sans une décroissance choisie et la plus équitable possible, nous filons vers l’abîme, et toutes les mesures envisagées lors des conférences nationales ou internationales pour le climat seront vaines si l’on aborde pas la question démographique. Il est, par ailleurs, fort regrettable que la question démographique reste encore un sujet tabou chez de nombreuses personnes se réclamant de l’écologie, tels ces responsables des Verts plus sensibles aux combinaisons politiciennes à gauche plutôt qu’à la question fondamentale de l’écologie qu’est la démographie. Ils ne sont pas les seuls, une personne comme Pierre Rabhi, tant adulé par certain(e)s politique est pire qu’eux sur cette question, n’hésitant pas à taxer d’imposteurs celles et ceux qui s’inquiètent de l’impact démographique. A lire : ( https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Environnement/VIDEO-Pierre-Rabhi-Largument-demographique-imposture-sauver-planete-2017-11-14-1200891955 ).

Depuis la nuit des temps, il y a eu des changements climatiques. Des périodes froides se succèdent à des périodes chaudes. Si depuis des siècles, l’homme observe les taches solaires et le parallèle entre leur nombre et le temps qu’il fait, depuis peu, les changements climatiques sont attribués à l’homme qui jouerait ainsi un rôle néfaste en multipliant les émissions de CO2, avec pour effet de provoquer et accélérer un réchauffement climatique... Cette version est contesté par les « climato-sceptiques », bien que la majorité d’entre eux ne contestent pas l’existence du dérèglement climatique, mais en minimise la responsabilité humaine. Mais quoi qu’en pensent les « climato- septiques », le doute est de moins en moins permis, l’Homme par son nombre et son activité économique est responsables du réchauffement climatique. Concernant L’impact de l’Homme sur le climat, les scientifiques sont formels, celui-ci intervient au moins pour plus de la moitié, selon le GIEC .

Certes, le climat n'est pas un système figé. Comme l’expliquent les météorologistes, Il n'a cessé de changer au cours de l'histoire de notre planète, passant de périodes glaciaires à des épisodes plus chauds. Avant même de chercher une cause au changement climatique que nous traversons, il faut donc comprendre comment évolue naturellement le climat. Cette variabilité naturelle a trois origines principales.

- Le rayonnement solaire que reçoit la Terre n'est pas constant. Cette quantité d'énergie reçue dépend surtout de l'orbite terrestre, de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre mais également de la variabilité même du soleil et de ses cycles.

- Les forts épisodes volcaniques s'accompagnent du relâchement dans l'atmosphère de grandes quantités d'aérosols et de gaz à effet de serre (GSE), influant directement sur le climat.

- Enfin, le système climatique présente également une variabilité interne, liée en partie aux interactions entre ses différentes composantes (atmosphère, océans, banquise, végétation, etc.).

Le réchauffement climatique est aujourd’hui indiscutable, les causes sont multiples mais l’action de l’homme est plus que prépondérante dans ce processus.  « Chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude à la surface de la Terre qu'aucune des décennies précédentes depuis 1850 » Telle est la principale conclusion du nouveau rapport du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (Giec) rendu public le 27 septembre 2013.

L'impact sur les températures s'est déroulé en deux temps, d'abord sans influence humaine, avec des causes de réchauffement bien connues : El Niño, le rayonnement solaire, les aérosols volcaniques... Puis, au cours des 60 dernières années avec l’intervention Humaine qui n’a cessé de s’amplifier en ajoutant les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines, telles que la déforestation avec l’artificialisation des sols, les rejets de méthane, l'utilisation massive de combustibles fossiles…

Lors des conférences internationales sur le climat ( COP...) une omission inacceptable et irresponsable

Lors des conférences pour le climat, si un texte d’accord commun sous l’égide des Nations Unies est nécessaire, il n’est certainement pas suffisant. Par exemple, l’objectif de la conférence de Paris (COP 21) était d’arriver à un accord qui nous mette sur la bonne trajectoire pour rester sous deux degrés de réchauffement d’ici la fin du siècle. Si l’objectif est réaffirmé et même renforcé en mentionnant 1,5 degré, le texte de l’accord ne donne absolument pas les moyens d’y parvenir. Sans compter que la problématique démographique en fut totalement exclue, comme elle l’a été des précédente et pour les suivantesOn peut comprendre que face à cette omission qui caractérise une irresponsabilité des dirigeants de la planète , des personnalités et des associations s’inquiètent et réagissent, telle « Démographie responsable » dont Didier Barthès son porte parole National avait lancé une pétition pour que la problématique démographique soit enfin intégrée à l’ordre du jour de la COP 22 ( http://www.demographie-responsable.org/ ) mais hélas sans succès. Il est évident que si l’on ne parvient pas à l’imposer, cette question fondamentale de la démographie dans ces conférences nationales ou internationale pour le climat, elle en sera toujours exclue

Déboisement et déforestation abusive autre conséquence d’une croissance démographique explosive

Explosion démographique et dilapidation des terres arables qui comprennent les forêts avec forts rejets de GES vont de pair. Au cours des quarante dernières années, la population de la planète a quasiment doublé, tandis que l'on enregistre une diminution de 58% de la population d’animaux sauvages et parallèlement, selon B. SUNDQUIST de l’université du Minesota, à l'échelle du globe, les pertes de surfaces arables sont estimées  en moyenne à 100 000 km2 par an. Autrement dit, en cinq ans c’est presque la superficie de la France et en quarante ans c’est plus que la superficie des 27 pays Européens. 

Il faut savoir que la Terre a perdu près de la moitié de ses arbres depuis l'apparition de l'homme. La déforestation était déjà grave il y a 10/15 ans ans, mais désormais on a atteint un tel niveau que c’est une urgence planétaire de stopper ce processus. Les forêts fournissent notre oxygène, protègent le climat et abritent 80% de la vie terrestre.

15 milliards d'arbres sont abattus chaque année

15 milliards d'arbres détruits par an. Pour parvenir à ce décompte, en 2015 les scientifiques ont combiné les images prises par satellite, plus de 400 000 relevés de terrain récupérés auprès d'organisme nationaux ou dans la littérature scientifique. Aujourd’hui, le nombre d'arbres détruit semble encore plus important que prévu, avec des pertes plus élevées dans les régions tropicales, où vivent une partie des plus anciens et des plus grands arbres.

Il y a environ 3 mille milliards d'arbres sur Terre, soit la moitié moins depuis l’apparition de l’homme

Une équipe internationale de chercheurs, emmenée par l'université de Yale, a égalent tenté en 2015 de répondre dans la revue Nature. Leur réponse tient en un chiffre, assez long : 3.041.173.150.000. Autrement dit, un poil plus de trois billions. Soit trois mille milliards et des poussières (41 milliards de poussières pour être précis). ( https://www.nature.com/news/global-count-reaches-3-trillion-trees-1.18287 ).

A très cours terme, avec 8 Milliards d’habitants, cela ferait 385 arbres par habitants. Mais Il convient toutefois de nuancer ces chiffres suivant la région du monde où l’on se trouve, en regard de la superficie arborée et la densité de la population. Il convient aussi de souligner que depuis l’apparition de l’Homme, la moitié des forêts de la Terre a aujourd’hui disparu.

Surpopulation, déforestation, leur impact sur le climat sans oublier sans oublier le problème de l’eau, du bonheur pour les pandémies

Avec moins de population,c’est moins de consommation, moins de pollution, moins de maladie, moins de chômage etc. Ainsi, aucune autres solutions n'apportent autant de réponse à nos problèmes. Par exemple : l’eau est la ressource la plus précieuse sur Terre . La surpopulation mondiale va entraîner des conflits généralisés liés à « l’or bleu » qui va être de plus en plus une denrée rares si l’on ne parvient pas rapidement à une décroissance démographique . Des heurts existent déjà, puisque l'eau est l'une des principales causes des tensions au Proche-Orient. À l'heure actuelle, 80 pays manquent d'eau et une personne sur cinq n'a pas accès à l'eau potable. Pour pallier cette pénurie, des solutions existent toutefois, comme la désalinisation de l’eau de mer, mais elle demeure encore très coûteuse.

Si l’urgence climatique impose de stopper toute forme de déforestation, tant que ne sera pas évoqué et résolu le problème Démographique ce sera mission impossible ?

Il est évident que les Incendies gigantesques qui ont ravagé des régions du monde en 2020 (Australie, Californie, forêts Sibériennes russes) provoquant des dégâts irréversibles, avec 20 % des émissions de CO2 ont attisé le réchauffement climatique. Mais aussi, la déforestation de l’Amazonie pour la production de soja OGM afin de satisfaire les énormes besoins pour la nourriture du bétail des populations Européennes, ainsi que les gigantesques plantations d’huile de palme en Indonésie, ces autre cancer de la planète lié à la surpopulation, avec leur corollaire de propagation des pandémies qui seront de plus en violentes .

S’il est vrai qu’une approche de l’écologie a été de plus en plus présente dans les programmes des partis politiques, au fur et à mesure que la conscience du danger progressait dans l’opinion, elle n’a jamais consisté qu’en l’habillage d’un même projet économique dans les différentes déclinaisons de « la croissance verte ». « La croissance verte « est aussi illusoire que le mythe qui la fonde : le découplage entre la production des richesses et la consommation d’énergie, c’est-à-dire la possibilité de produire plus de richesses avec moins d’énergie. Un tel découplage n’a en effet jamais existé dans la réalité.

Une telle situation appelle deux réorientations radicales : la première concerne la place centrale de l’écologie dans la conduite des affaires publiques, la seconde, la plus difficile, consiste en une réévaluation des objectifs que s’assigne la société.

L’écologie ne peut plus être un simple accompagnement de l’action gouvernementale, elle doit en constituer le principe opérant : la raison dernière de l’activité du pays, ce par rapport à quoi tout prend sens et s’organise.

Il nous faut changer complètement de paradigme : ralentir, notre consommation et réduire de façon drastique ses gaspillages, mais aussi notre population, nos déplacements, nos connexions, relocaliser l’économie. La différence posée ici avec certains « collapsologues » est qu’il faut le faire dès maintenant, en tout cas le plus vite possible, sans attendre un effondrement, secrètement espéré par les vertus salvatrices du Déluge, de l’Apocalypse ou du Grand Soir. Il n’y aura pas de catharsis de l’effondrement, l’homme ne sera pas plus sage, ni meilleur après la catastrophe.

Pour conclure

Nos décisions en matière de production de biens et services, de mix énergétique, de consommation et de ravitaillement, de commerce extérieur, de démographie, d’immigration, de santé publique et d’éducation, devraient être déterminées par l’objectif prioritaire de notre survie collective, si du moins nous ne nous résignons pas à subir l’effondrement.

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