Entre les Verts et la démission de Nicolas HULOT, mauvais temps pour l’écologie !

La démission de Nicolas Hulot, loin d’être une tempête dans un verre d’eau, signe les limites du discours d’Emmanuel MACRON sur le climat, sa volonté d’imposer des réformes fondamentales par rapport à l’extrême gravité de la situation écologique et confirme la toute puissance de certains lobbys. Les Verts, quant à eux, sont totalement discrédités.

A l’évidence, la démission brutale de Nicolas HULOT démontre qu’un militant écologiste un tant soit peu sincère et honnête membre d’un gouvernement,  lorsque il ne lui est pas ou plus possible d’agir, au vu de la gravité de la situation écologique, il n’a d’autre choix que celui de partir… Sans ajouter de commentaires, alors que les Verts en profitent pour faire se faire un peu de « pub » sur le dos de l’écologie, ils ne se distinguèrent guère par un soutien à ce Ministre. Il est vrai qu’ils sont toujours plus occupés par leur tambouille politicienne interne que de la situation de la planète…

 Des Verts plus enclin à s’occuper de leurs problèmes internes que de la gravité de la situation écologique

Depuis longtemps « Europe Ecologie les Verts », ou plus exactement les Verts sont devenu un parti comme tant d’autres, peu préoccupés de la situation écologique et qui ne regardent que leur nombril, alors que la planète brûle de tous cotés. Ancré à gauche, voire pour certains à gauche de la gauche, ils ne sont qu’une caricature politique de l’écologie plus souvent occupés à régler publiquement leurs querelles internes, où ceux qui vont vers le sud accusent ceux qui vont vers le Nord des pires maux, idem pour ceux qui vont l’Est et réciproquement pour les autres… Mais ce n’est pas récent. Certes, il y a encore au sein de ce parti quelques militants qui sont conscients de la gravité de la situation écologique et de ses causes, mais quel poids pèsent-ils pour faire bouger aux marges des hiérarques et leurs fidèles englués dans leurs combinaisons de tambouille électorale permanente, où les uns lorgnent vers HAMON, les autres vers MELANCHON quand ce n’est pas vers les deux à la fois.

Les Verts semblent oublier que vouloir opérer une « transition écologique, c’est une obligation de survie.

Cette formulation n’est pas exagérée quand plus de 15 000 scientifiques de 184 pays signent un appel contre la dégradation catastrophique de l’environnement. Cette alerte solennelle a été publié en novembre 2017 dans la revue « Bio Science » par plus de 15 000 scientifiques de 184 pays. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes ou ­encore agronomes, spécialistes du climat ou des océans, de zoologie ou d’halieutique, les auteurs mettent en garde contre la destruction rapide du monde naturel et le danger de voir l’humanité pousser « les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ». Ils soulignent également qu’il faut « estimer une taille de population humaine scientifiquement défendable et durable à long terme tout en rassemblant les nations et les dirigeants pour soutenir cet objectif vital ».

C’est la deuxième fois que les « scientifiques du monde » adressent une telle mise en garde à l’humanité. Le premier appel du genre, publié en 1992 à l’issue du Sommet de la Terre à Rio (Brésil), avait été endossé par quelque 1 700 chercheurs, dont près d’une centaine de Prix Nobel. Il dressait déjà un état des lieux inquiétant de la situation et s’ouvrait sur cette alerte : « Les êtres humains et le monde naturel sont sur une trajectoire de collision. » Ce premier appel n’a pas été suivi d’effets. Un quart de siècle plus tard, la trajectoire n’a pas changé, alors qu’aujourd’hui il y a une extrême urgence de le faire … 

La question centrale de la croissance démographique n’est pas à l’évidence une préoccupation pour les Verts

Mais qu’importe cet appel ou le fait qu’entre 2010 et 2018 (8 ans seulement) la population mondiale ait progressé de plus d’un milliard d’habitants passant d’une estimation de 6,6 milliards à 7,6 milliards. Pour une progression à peu près identique cela s’était fait précédemment sur 15 ans. Si en 2010 la population était de 6,6 milliards d’habitants il faut remonter à 1995 pour avoir une population Mondiale inférieure d’un milliard d’habitants soit 5,6 milliards d’habitants. Si on considère également la perte moyenne des terres arables à 100 000 km2 par an (institut du Minesota) ça signifie qu’en 40 ans avec environ 4 millions de km2 de perte de terres arables, c’est presque la superficie des 28 pays de l’U.E.  Que l'annonce du «jour du dépassement» au 1er Août 2018 où la population mondiale aura consommé toutes les ressources naturelles créées en une année sur la planète (et où les écosystèmes auront atteint leur capacité maximale d'absorption des émissions humaines de CO2), alors que le jour du dépassement est atteint en France le 5 mai, un jour plus tôt qu'en 2017. Les Verts en « journées d’été » à Strasbourg ont d’autres préoccupations avec leur tambouille politicienne.

Il y a également ces anciens députés et une Ministre Verts de la Présidence Socialiste, dont à l’évidence les convictions écologiques se limitaient à un opportunisme de circonstance et pour lesquels la seule chose qui comptait c’était de conserver leur siège en rejoignant LREM. L’un est même devenu Président de l’Assemblée Nationale, quand d’autres jouant maintenant les « frondeurs » s’apprêtent à faire un bras d’honneur à leur sauveur en voulant participer à un nouveau groupe politique à l’assemblée nationale… Curieuse façon de remercier et respecter l’électorat de LREM et de MACRON qui les a envoyés au palais Bourbon…  Mais, bon, ils ne sont plus Verts, sauf que chez les Verts, nul doute que l’opportunisme qui fait office de convictions écologiques chez certains n’a rien à leur envier.   

Excepté Monsanto, l’accueil des immigrés et à un degré moindre, « casser » HULOT quand il était Ministre semble faire l’unanimité chez les uns comme chez les autres parmi les Verts, mais pour l’écologie, c’est plutôt le néant. 

Par rapport aux critiques à l’égard de Nicolas HULOT exprimées par les Verts

Leur tête de liste aux prochaines élections Européennes, Yannick JADOT s’est montre incontestablement aussi, sinon plus  impitoyable à l’égard de Nicolas HULOT que Brigitte BARDOT, lorsqu’au détour d’en entretien  avec un journaliste du JDD il déclarait de façon peu élégante que « HULOT est devenu la caution Verte d'un gouvernement gangrené par les lobbys, se contentant d'une écologie d'affichage » et évoquait les « combats perdus » du Ministre d’Etat sur le glyphosate, la souffrance animale, la santé alimentaire… Sauf que Mr. JADOT oublie qu’à la place de Nicolas HULOT et malgré toutes les réserves que l’on pouvait émettre à son égard, si Emmanuel MACRON lui avait offert le poste, vu la conjoncture Gouvernementale et celle de l’assemblée Nationale, après s’être empressé de l’accepter, il n’aurait pas fait plus et peut-être n’aurait-il même pas eu la capacité d’imposer l’abandon de Notre Dame des landes ou un gel de certains projets autoroutiers, tel l’A45.

Mr. JADOT et les Verts oublient que leur présence au Gouvernement sous la Présidence de François Hollande n’a pas laissé une trace indélébile de leur action au service de l’écologie, là c’était le néant total, alors qu’ils avaient, contrairement à Nicolas HULOT, la présence d’un groupe pléthorique de Députés à l’assemblée nationale, en regard de leur faible représentativité électorale. Groupe qui s’était d’ailleurs fortement dilué en cours de législature, au gré des aléas de la majorité présidentielle et de l’opportunisme de certains de ces députés.

Même leur participation au Gouvernement JOSPIN de 1997à 2002 avec Mme. VOYNET et avec seulement quelques députés, ils avaient obtenu l’arrêt définitif de Super Phénix à Malville et l’abandon du projet de canal à grand gabarit Rhin - Rhône.     

Concernant le problème des immigrés

Je pense que nous sommes tous d’accord pour un traitement objectif et empreint de beaucoup d’humanité pour aborder et traiter ce problème qui affecte dramatiquement dans leur chair plusieurs millions de personnes. Mais Encore, pour que le robinet des migrations puisse un jour se fermer, faudrait-il poser la question pourquoi en est-on arrivé là ? Répondre objectivement à cette question, N’est-ce pas déjà ouvrir une perspective de solution ?...

Il y a incontestablement deux causes essentielles pour des populations différentes, même si pour les uns où autres, la Méditerranée reste tragiquement un immense cercueil, il y a celles et ceux qui fuient les zones de combat contre Daech de Syrie, et d’Irak, mais aussi le chaos libyen et les autres venus essentiellement de l’Afrique subsaharienne, poussés par la misère due en partie aux problèmes climatiques.

Concernant la situation des migrants qui viennent de la Libye, de Syrie et d’Irak, les Verts oublient un peu trop rapidement la responsabilité qu’ils ont dans le chaos du moyen Orient, car ils furent des soutiens inconditionnels à la politique étrangère de la France, totalement alignée sur celle des USA, qu’il s’agisse de celle de SARKOZY en Libye et de celle de HOLLANDE en Syrie et en Irak. HOLLANDE avec leur soutien Gouvernemental n’hésitant pas à aider financièrement et militairement le front Al Nosra en Syrie (antenne locale de Al Quaïda) au prétexte, comme le justifiait FABIUS « parce qu’ils sont efficaces contre Bachar AL-ASSAD ». Fort heureusement le régime Syrien a tenu le coup grâce aux Russes, sinon on peut imaginer ce qui serait arrivé au Liban et à tous les pays de la ceinture sud méditerranéenne. Mais tant que les criminels islamiques de Daech ne seront pas totalement éradiqués et que la théologie musulmane ne sera pas refondée par les responsables religieux musulmans, afin de supprimer du coran sa partie politique et violente, ce qui à l’évidence n’est pas pour demain, le robinet de l’immigration venant de cette région du monde continuera de couler longtemps encore. Seule une meilleure implication des Etat Arabes pour lutter contre Daech et pour leur accueil allègera les contraintes que peuvent subir les Européens …

Pour les migrations fuyant la misère et les aléas climatiques de l’Afrique subsaharienne, tant que l’on maintiendra des « kleptocraties » pour piller leurs ressources naturelles et énergies fossiles, outre le fait d’en jeter une partie dans les bras de DAECH, pour les autres c’est bien le rêve des pays riches qui va les attirer dans le cauchemar de l’immigration et souvent celui de l’immense cimetière méditerranéen. Mais là encore sous le quinquennat HOLLANDE n’y avait-il pas eu un ministre Vert « du développement », sous entendu pour les pays du tiers monde, dont personne se souvient tellement son action fut discrète, sinon absente ? Pour mémoire il s’agissait de Mr. CANFIN, aujourd’hui recyclé comme directeur général du WWF France. Entre les aléas climatiques, les politiques « kleptocratiques » des dirigeants de ces pays, synonyme de misère pour les populations et la croissance démographique, là encore le robinet des migrations continuera à couler longtemps encore…

Ce n’est pas la joie en perspective !    

Entre une sixième extinction qui est en cours ou quand l’homme par son nombre qui ne cesse de croître et par son économie devient une force géologique destructrice de la planète, de ci et de là certains ne cessent d’affirmer qu'on n'a plus besoin d’une force politique de l’écologie, puisque celle-ci est prise en compte par toutes les formations politiques. C’est très loin d’être exact et malgré l’engagement ou la pression des scientifiques et des associations, aucun parti n'a encore réellement fait la preuve concrète de son engagement, en particulier sur la problématique démographique (y compris les Verts sur cette question). La démission de Nicolas HULOT démontre que cela ne semble pas non plus être le cas du ou des gouvernements MACRON. Incontestablement, comme sous les précédents quinquennats, et malgré des discours réalistes sur le climat, le Président de la république est plus sensible à la pression des lobbys, pas seulement des chasseurs ou de l’agrochimie qui aujourd’hui doivent se réjouir, qu’à la gravité de la situation écologique …

Pour conclure

Si la démission de Nicolas HULOT et le discrédit incontestable des Verts laissent aujourd’hui présager une période de forte turbulence très dommageable pour l’écologie, en regard de la gravité de la situation écologique, une force politique de l’écologie réellement indépendante et se situant au-delà des clivages traditionnels et à reconstruire d’urgence. Une force politique de l’écologie qui place la problématique fondamentale de la croissance démographique et économique au cœur de son projet, mais et-ce encore possible et n’est-il pas déjà trop tard ?  

 

 

 

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