Appel « putschiste » d’anciens Généraux et soutien inacceptable de Mme. Le Pen

Il y a soixante ans, le 22 avril 1961, en Algérie une partie de l’armée française dirigé par quatre généraux, Challe, Jouhaud, Salan et Zeller, organisait un « putsch » contre la république et le général De Gaulle. Voilà que 60 ans plus tard cinq quarterons de généraux à la retraite semblent rêver de refaire le coup.

A propos du « putsch » d’Alger d’Avril 1961 qui semble toujours inspirer nos généraux « en charentaises »

le 18 mars 1962, les accords d'Evian, entre le Gouvernement français et le FLN algérien, contiennent d'abord un accord de cessez-le-feu et, approuvés par le référendum du 8 avril 1962, ils ouvrent la voie à l'indépendance de l'Algérie, qui est reconnue par une déclaration du président de la République le 3 juillet 1962. Des accords historiques qui vont permettre de mettre un terme aux combats engagés depuis le 1er novembre 1954 en Algérie, où se déroulait une guerre qui ne disait pas son nom, ainsi qu’à 132 ans de colonisation française.

Un an plus tôt, dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, En Algérie encore territoire Français, des parachutistes et des légionnaires s'emparaient de tous les centres nerveux d'Alger et arrêtaient les principaux représentants de l'État, sans résistance. « Il ne s'agit pas de prendre le pouvoir ; ce qui importe, c'est la pacification » assuraient-ils, ce qui est pour le moins surprenant et incohérent par rapport à leurs actes et ses perspectives.

Face à une guerre sans issue de victoire militaire pour l’armée Française, entraînant des pertes humaines considérables et inutiles pour la France, comme pour l’Algérie, le général De Gaulle avait décidé de rendre l’indépendance à l’Algérie. Challe se sent frustré de la victoire qu'il escomptait pour conserver l’Algérie et il a promis à ses officiers de ne pas abandonner l'Algérie. A l'aube, sur Radio Alger, il annonce qu'il entend, avec les généraux Zeller, Jouhaud et Salan, tenir le serment fait par l'armée de garder l'Algérie.

A leurs côtés se trouve une équipe de colonels baroudeurs, pour la plupart anciens d'Indochine.

Grâce à l'effet de surprise, le putsch semble avoir parfaitement réussi à Alger. En quelques heures, toute la zone algéroise tombe. Le problème pour les putschistes, c’est que le reste de l’Algérie ne va pas faire de même. La radio, rebaptisée Radio France, diffuse des communiqués de victoire et des appels au ralliement. Cependant, les directeurs de service de la délégation générale, représentants de l'autorité officielle en Algérie, ne sont pas ralliés et les soutiens attendus de la France ne viendront pas...

Quand des généraux « en charentaises » semblent nostalgiques de « putschs » militaires à l’algéroise

Voila que 60 ans (jour pou jour) après le « putsch militaire d'Alger, qui échoua au bout de 4 jours, cinq quarterons de généraux à la retraite s'efforcent de donner du sens à leur retraite en se découvrant des «  talents rédactionnels » dans une tribune d'un journal de sensibilité politique très à droite où ils en appellent leur collègues d'active à se préparer à prendre les armes pour rétablir un ordre au nom de valeurs à relents « pétainistes »…

On peut citer la fin de leur tribune qui est sans appel :« Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. »

Autrement dit pour résoudre des problèmes bien réels dans certains territoires devenus de véritables zones de non droit, ainsi que l'islamisme politique et violent qui menace, ces militaires « en charentaises » ont trouvé la solution en remettant à jour la sinistre méthode Pinochet du Chili de 1973.

Ne pas confondre liberté d’expression avec appel à l’insurrection de l’armée, par certains de ses membres

Nul doute, comme l’a indiqué la ministre des armées, que pour ces généraux « en charentaises » et d’autres des sanctions pénales doivent être prises. Et pourquoi pas ne pas aller jusqu’à la radiation de leur qualité militaire et la suppression de leur confortables pensions, comme ce fut le cas pour l’un deux dans un passé récent...

Le droit fondamental à la liberté d'expression ne peut être confondue avec l'appel, même au conditionnel, à une insurrection militaire, surtout quand il s’agit de leurs membres ne fussent-il plus dans l’active.

La république n’a pas besoin des mises en demeure de la part de généraux « en charentaises » pour connaître les problèmes politiques et sociétaux qui l’agitent et agir pour les résoudre

La république dispose de suffisamment de moyens pour faire face aux problèmes sociétaux de quelques nature qu'ils soient et les résoudre, sans subir les éructations de généraux « en charentaises ». Il suffit, par de la volonté politique, de mettre en parfaite adéquation le Droit avec les problèmes sociétaux à résoudre, qu’il s’agisse d’éradiquer la situation de violence qui règne dans certains territoires, de même que mettre hors d’État de nuire l’islamisme politique, violent et conquérant.

Quelques remarques par rapport aux problèmes migratoires, si souvent évoqués

Ne pas négliger, également certains aspects démographique, leur évolution et leurs impacts sociaux économiques et environnementaux.

Pour rappel : à l’indépendance de l’Algérie en 1962 le pays comptait 11,6 millions d’habitants, en 2020 c’est 43.8 millions d’habitants soit une augmentation de plus de 3,7 fois,

Pour la France métropolitaine en 1962 la population est de 47,4 millions d’habitants. En 2020 elle est de 64,8 millions (67 millions avec les territoires ultramarins ) soit une augmentation de 1,36 fois

Le rappel de la dichotomie entre la croissance démographique de l’Algérie et la France pour la période 1962 - 2020, de même qu’entre d’autres pays de culture Arabo-musulmane ou d’Afrique subsaharienne et les pays Européens, est révélateur de certaines situations. Si on ajoute, pertes de terres arables, déficit en eau, dérèglement climatique conjugués à des explosions démographiques et influence d’un islam politique et violent générant des conflits locaux violents, un cocktail explosif qui explique les problèmes migratoires auxquels nous sommes et continueront être confrontés.

Par rapport à la lutte contre l’islamisme politique et violent, désormais, il convient de refuser d’accueillir certains migrants, notamment, ceux venant de Syrie, Irak ou de pays dans lesquels ces populations ne sont pas menacées, sauf s’ils s’agit d’opposants islamistes et dans ce cas, au prétexte de la dureté des régimes politique de ces pays, les accueillir en France, ce sont des bombes à retardement que l’on introduit, de même qu’autoriser le retour de djihadistes qui sont partie combattre au coté de Daech.

Par le soutien de Marine Le Pen à ces généraux « en charentaises » et à leur éructations de type « Pétainiste », c’est : Chassez le naturel, il revient au galop...

Et voila que Marine Le Pen dans le rôle de Don Quichotte en combattante des moulins à vent pour rétablir, selon elle, l’ordre actuellement déliquescent de la France, flanquée de Dupont-Aygnant dans celui de Sancho Panza applaudissent ces cinq quarterons de généraux « en charentaises »… Candidate à la présidentielle de 2022, elle les a aussitôt invités à « se joindre » à elle, ajoutant ainsi à la polémique...

Cette invitation de marine Le Pen n’est pas du goût de la ministre des armées Florence Parly qui rappelle dans un Twist : « La politisation des armées suggérée par Madame Le Pen affaiblirait notre outil militaire et donc la France. Les armées ne sont pas là pour faire campagne mais pour défendre la France et protéger les Français ».

Il convient effectivement d'être ferme et sans équivoque à l'égard de l'armée. Dès le 19e siècle, l’histoire de la France a démontré que chaque fois que l’on fait entrer l’armée dans le jeu politique, cela se termine par une tentative de putsch militaire. Si l’on veut éviter que de telles situations se reproduisent, il convient de maintenir fermement l’armée dans son unique rôle, celui de défendre le pays.

Par une telle attitude et sa confusion des genres, pour Marine Le Pen, les vieux démons du FN nostalgiques de l’époque « pétainiste » reprennent le dessus. Car ce sont les fondateurs du FN, au premier rang desquels Jean - Marie Le Pen et leurs disciples qui furent partisans, de l’Algérie Française, avec l’OAS qui fit des victimes innocentes tant en Algérie que sur le territoire national. Sans oublier l’attentat contre le général De Gaulle dirigé par le lieutenant colonel Jean Bastien-Thiry, au Petit- Clamart le 22 août 1962. Si le Général y échappa, ce fut surtout grâce au sang froid de son chauffeur.

Le même Bastien-Thiry, arrêté, jugé et condamné à mort, dont le futur Président du FN Jean Marie Le Pen tenta d’organiser l’évasion, comme il le raconte en 2018 au Figaro. Entouré de «quelques amis», il avait mis au point une opération destinée à faire évader le condamné à mort par hélicoptère. A lire :https://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/07/14/25001-20180714ARTFIG00011-le-jour-o-le-pen-a-voulu-faire-evader-bastien-thiry-par-helicoptere.php .

Pour conclure

Par les temps qui courent entre crises sociétales, sanitaire, un islamisme politique, violent et conquérant, la déclaration de type inspiration« putschiste » d’anciens généraux doit être sanctionné, comme toute dérive de militaires dans l’active. L’attitude politique de Mme Le Pen qui encourage l’armée à entrer dans le jeu politique avec les risques que l’on sait doit être dénoncée, voire également sanctionnée.

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