Canada Brésil : OGM sans gêne.

L’arrivée proche dans nos magasins des poissons et des viandes canadiennes et brésilienne nourris aux OGM et même modifiés génétiquement m’a donné l’idée de corriger et republier un ancien billet.

Ceci est une correction d’un billet que j’avais écrit en 2016 ou 2017. Il est inspiré de la conférence de Christian VÉLOT que je vous encourage à écouter, c’est pour tous niveaux.

https://www.youtube.com/watch?v=Sq7gIq7_uYQ

Si vous n’êtes pas intéressé par les explications sur à quoi servent nos gènes, vous pouvez aller en fin de billet au chapitre : Plantes et animaux OGM quels sont les risques ?

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Les OGM ont trente cinq ans dans l’agro alimentaire mais aussi dans la médecine.

Pourquoi ne peut-on  pas mettre tous les OGM dans le même paquet ?

OGM = organisme vivant (animal ou plante) dont les caractéristiques génétiques  initiales ont été modifiées par l’homme par modification, suppression ou addition d’au moins 1 gène.

C’est quoi un gène et à quoi servent-il ?

L’homme est un ensemble de cellules, idem pour la plante. Ces cellules sont différenciées suivant leur spécialisation (cerveau, muscle, œil, etc.),  mais ont aussi des caractéristiques communes. A l’intérieur on trouve un noyau qui contient des chromosomes (2 fois 23 pour l’homme et la femme). Chaque chromosome contient  4 modèles de molécules (Adénine, Thymine, Cytosine, Guanine notées A T C G) organisées par paires en double hélice (ADN). Pour le moment nous avons réussi à séquencer (pas décrypter comme souvent dit par erreur) ces chromosomes. Nous connaissons l’ordre des 4 lettres de chacun des 2 brins de nos 23 chromosomes différents. Nous aurons décrypté notre génome quand nous aurons identifié tous les morceaux de séquence qui détiennent une information biologique pour la cellule et qui permettent à l’usine cellulaire de fonctionner. Ces morceaux de séquence sont appelés les gènes.

En résumé, les gènes sont des petites parties des chromosomes contenus dans le noyau de la cellule et détiennent des informations biologiques qui permettent à l’usine cellulaire de fonctionner. Chaque gène détient le secret de fabrication d’une ou de plusieurs protéines. Les protéines sont constituées par enchaînement de 20 petites molécules différentes, les acides aminés. C’est l’ordre de succession des molécules de chaque gène (A T C G) qui détermine l’ordre enchaînement des acides aminés constituant la protéine. On appelle traduction l’action de la cellule quand elle décode le gène pour coder l’ordre des acides aminés pour fabriquer une protéine. Il faut imaginer la cellule comme une usine qui irait lire les plans contenus dans les gènes pour fabriquer les acides aminés constituant les différentes protéines.

NOTA : Cette explication de la fabrication des protéines a été très simplifiée, notamment en faisant l’impasse sur le boulot de l’ARN, sur les interactions ADN – ARN dans les ribosomes (autre bidules contenus dans nos cellules), sur la transcription cellulaire, voir ici pour ceux qui veulent plus compliqué.

http://genet.univ-tours.fr/

https://www.decitre.fr/media/pdf/feuilletage/9/7/8/2/8/0/4/1/9782804171384.pdf

 

Les protéines ont 2 rôles :

1/ Dans la structure  des cellules.

2/ Ce sont les ouvriers de l’usine cellulaire, par exemple dans nos corps il y a des millions de réactions biochimiques catalysées par des enzymes, ces enzymes sont des protéines. Les hormones, les récepteurs (communications inter cellulaires) sont aussi des protéines.

Tous les organismes sont constitués par des minis usines, les cellules, dans lesquelles il y a des minis chaines de montage et de démontage, les processus biologiques, dans lesquels il y a des ouvriers, les protéines. Le secret de fabrication est contenu dans les gènes, sur les chromosomes, compactés dans le noyau de chaque cellule.

Le langage génétique (A T C G) est universel pour tous les organismes vivants que nous connaissons. Nous pouvons prendre un gène de n’importe quel organisme et le mettre dans un autre et celui qui le reçoit devient capable de le décoder, de le prendre à son propre compte et de fabriquer la protéine correspondante. Ce qui confère des nouvelles propriétés à cet Organisme Génétiquement Modifié.

Domaines d’application des OGM :

1/ Recherche fondamentale, comprendre les processus biologiques. Savoir à quoi sert tel gène ou identifier le gène qui accomplit une fonction connue.

2/ Domaine médical, production de médicaments. Exemple l’insuline pour les diabétiques. On a remplacé (en 1981) l’insuline prélevée sur les porcs qui provoquait des allergies, par des bactéries OGM auxquelles on a rajouté le gène humain correspondant. Dans ce domaine l’avantage c’est qu’il y a un suivi très complet de qui consomme et quoi. Et surtout on ne consomme pas l’OGM mais la protéine fabriquée par l’OGM. Donc aucun risque de modification de notre génome.

3/OGM dans l’agro alimentaire. « Dans » parce que dans le cas de l’agro alimentaire on le plante, on le récolte, on le mange, donc il n’est plus utilisé seulement comme un outil, mais comme un organisme à part entière. Cela pose des questions nouvelles, il faut maîtriser les conséquences de la modification génétique sur l’ensemble du métabolisme de l’organisme  et les conséquences de la modification génétique sur les interactions de la plante avec son environnement. Les questions posées sont beaucoup plus vastes que dans le cas des médicaments.

 

Deux grandes catégories :

1/ Les plantes à pesticides (99%) produisent un insecticide qui leur permet de résister à un insecte ravageur, ou qui absorbent un herbicide sans mourir.

Produisent un insecticide qui leur permet de résister à un insecte ravageur, Maïs BT qui résiste à la pyrale à qui on a injecté un gène d’une bactérie tueuse de pyrale.

Qui absorbent un herbicide sans mourir ex Soja qui résiste au Roundup à large spectre, soja dont on a modifié le gène de fabrication des protéines ce qui empêche le Roundup de se fixer dessus.

 

2/ Les autres 1%, les plantes qui résistent aux maladies virales. Une sorte de vaccination génétique par injection d’un gène du virus dans la plante. (Tabac, courge, poivron, étude sur la vigne). Recherche sur la résistance aux champignons. Bien qu’on ne maitrise pas les mécanismes de virulence on envisage de fabriquer des OGM, par exemple un Colza sans fleurs. Aussi les plantes à valeur ajoutée, par exemple le riz doré qui fabrique du carotène.

Les animaux destinés à la consommation humaine, par exemple le poisson géant du Canada, dont on a modifié le gène hormone de croissance, en labo des porcs géants qui mangent moins et grossissent plus. Des vaches génétiquement modifiées pour faire plus de viande.

Plantes et animaux OGM quels sont les risques ?

Les risques sanitaires :

Plantes à pesticides : Sont-elles évaluées comme des pesticides ?  Non il n’y a pas d’obligation d’évaluation, et quand il y a des tests, ils sont réalisés en secret par les fabricants. Les quelques tests à trois mois connus montrent des différences  physiologiques, métaboliques bio chimiques entre les rats nourris aux OGM et les autres.

Que devient le Roundup accumulé dans la plante OGM qui nourrit l’animal que nous consommons ? (nous consommons donc du Roundup). Pas de recherche. Pas de traçabilité.

Risque d’allergie du aux protéines codées par les gènes étrangers. Par exemple soja avec gène de l’albumine de la noix du Brésil pour enrichir la teneur en souffre qui a provoqué des allergies et dont la commercialisation a du être abandonnée.

Présence dans les OGM des gènes de résistance aux antibiotiques qui servent de gènes marqueur dans les opérations de fabrications OGM.

Perturbation des métabolismes, les rajouts de gêne dans la cellule peuvent déclencher des effets collatéraux. Les premiers saumons géants avaient la tête déformée, le riz doré OGM avait plus de carotène mais se retrouvait avec moins de vitamine E et de chlorophylle.

Les risques environnementaux :

 Passage dans le sol, apparition d’insectes résistants par sélection. Dans les faits on assiste à une augmentation de consommation des insecticides puisque les plantes y résistent.

Les animaux OGM qui s’échappent, bénéficiant d’avantages sélectifs, se reproduisent plus et éliminent les autres.

La propagation du pollen du colza OGM donne un croisement avec des variétés sauvages, avec survie des graines pendant 15 ans, lesquelles plantes deviennent impossible à éliminer.

Expériences réalisées en plein champ avec les plantes OGM favorisant  la dispersion des pollens et le transfert horizontal entre la plante OGM et un organisme du sol (bactéries, microbes, champignons microscopiques) avec destruction des plantes OGM par broyage et enfouissement dans le sol donc libération des ADN dans ce sol.

Les plantes qui résistent aux virus car contenant un gène du virus, peuvent créer un virus recombinant  avec gène mosaïque qui sont beaucoup plus virulents.

 

Remarques :

Dans certains cas les plantes OGM sont des Organismes Génétiquement Monstrueux.

Pourquoi ne discutent pas des alternatives aux OGM avec les agriculteurs, les consommateurs, les protecteurs de l’environnement ?  Force est de constater que les réponses apportées par les fabricants semenciers de ces OGM-PGM ne sont pas convaincantes, quand elles existent.

 

https://www.pressesante.com/5-risques-majeurs-des-ogm-sur-la-sante/

http://tpe-ogm-un-defi-alimentaire-mondial.e-monsite.com/pages/ii-b-les-ogm-dans-les-cultures-agricoles-et-chez-les-vegetaux.html

https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/securite-alimentaire/du-saumon-ogm-vendu-pour-la-premiere-fois-au-canada_115376

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