Mélenchon - La Gauche de Vichy subliminale

Retour sur la relation Mélenchon – Buisson. Une médaille de la compromission - Pour une fin des ambiguités.

Retour sur la relation Mélenchon – Buisson. Une médaille de la compromission - Pour une fin des ambiguités.

Melenchon - La Gauche de Vichy subliminale © Danyel Gill Melenchon - La Gauche de Vichy subliminale © Danyel Gill

La relation est reconnue par les deux hommes depuis 1993. Bientôt vingt trois ans. Considérons qu’il s’agit d’une relation plus ou moins distante entre professionnels de la politique. Il faut admettre qu’un certain carriérisme et corporatisme du milieu puisse amener dans les coulisses à des rencontres, des croisements fortuits ou peu recommandables. Au nom du « respect républicain » cela peut être toléré dans une certaine limite. Mais cela mérite d’être interrogé, par exemple,  quand un de ces personnages, a été condamné pour avoir tenu des propos racistes, ou remis en cause quand tel autre se révèle être un tricheur des règles de nos institutions démocratiques.

 M. Buisson, lui, est un adorateur de Vichy, un historien complaisant du régime, un véritable contemplateur de Pétain.

Accepter spontanément d’aller à la cérémonie privée de sa remise de la légion d’honneur c’est d’abord considérer l’invitation de ce récipiendaire. C’est engager un processus de réflexion raisonné sur l’estime et la valeur de cette relation professionnelle. C’est faire un choix,  celui d’assumer une déclaration d’intérêt. Enfin, considérer une invitation amicale c’est envisager une part d'amitié ou d'estime. C’est choisir de la révéler ou au pire de s’y sentir respectueusement obligé. C’est organiser l’échange, entre une part de notre honneur et de ce que l’on représente; que l’on offre par notre présence, contre une part de l’honneur qui lui est rendu ce jour là au nom des ses services (sic) et de ses idées.

Il s’agit forcément d’une démarche volontaire qui implique un engagement conscient, une acceptation, une décision personnelle de sa part avec le geste affreux de l’inscrire dans son agenda. Il n’y a rien de subliminal. Ce n’est pas un acte pulsionnel qui conduit dans les coulisses de ce moment républicain où l'on veut être…ou surtout pas.

Quand dans les coulisses, un homme politique de gauche choisit de saluer le complaisant de Vichy, il amène avec lui la gauche. Enfin, la sienne ! Et quand sous les ors sont rendus les honneurs pour un Vichyste nostalgique, il fait indirectement et personnellement de sa gauche des coulisses - symboliquement - une gauche de Vichy qu’il légitime pour un moment. La gauche de Vichy, c’est le nom d’une compromission innommable. Subliminal, le nom du cynisme qui lui répond auquel il nous renvoie avec autorité. Bien au-delà du seuil de conscience et de tolérance de nos valeurs.

Depuis, il est dans la fuite totale et balaye dans l’embarras et la maladresse toutes questions sur le sujet poussant le mépris sur un divan en justifiant son gout du spectacle ! De la gourmandise ! Comme à son habitude, il a évoqué la persécution médiatique à des fins électorales et renvoie lâchement au nom de la bidouille vers un candide essoufflé* pour nous expliquer le caractère subliminal de cette relation. (*Alexis Corbière est secrétaire national du Parti de gauche chargé notamment de la lutte contre l’extrême droite!...ça ne s'invente pas!)

Alors, nous admettrons pour la bidouille que lorsque deux professionnels de la politique se rencontrent au hasard des coulisses ou des plateaux, ce n’est pas pour parler professionnellement de politique, ni aborder des questions professionnelles de stratégie politique. Ce sont forcément des sujets qu’ils évitent naturellement, ce sont des professionnels !

Nous admettrons également qu’il y a eu évidemment une intention commerciale de relancer la polémique sur cette relation qui dérange.Mais cette fois, avec le degré supplémentaire et insupportable de l’intimité du conseil. Au-delà de la promotion, ces deux journalistes n’auraient pas avancées de telles allégations sans précaution, vérification et crainte de poursuites pour diffamation au vu de la gravité morale de leurs révélations. Et nous, nous attendions tous à ce qu’ « il s'exprime et qu'il lève le doute sur ce malentendu » (Besancenot) pour clore cet outrage. Non, son procès en diffamation il le fait contre nous à gauche qui lui réclamons une explication. Il a atteint le summum de la couardise en faisant dire pour lui à distance un argument à la hauteur de la honte de cette relation qu’il qualifie magiquement de subliminale

« subliminal »  restera le « responsable – pas coupable » de Mélenchon.

Il y a des ambigüités et des compromissions que nous ne pouvons plus accepter et laisser sans justification. Enfin, tant qu’il n’aura pas fourni une argumentation valable tout sera subliminal, autant sur les suppositions de conseils, que sur la sincérité et la vérité de son engagement qu’il organise pour lui.

Imaginons enfin la poignée de main finale où il congratule ce collègue, où la gauche honore de sa main droite l’adorateur de Vichy. Une horreur. Une des plus grandes insultes pour nos valeurs et nos idéaux.

Il aime son blog, qu’il s’y explique franchement et qu’il solde définitivement ce scandale avant qu'il prétende à une candidature...

 

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