Fourest - Qui ose l’éloge de L’éloge du blasphème?

Quelle drôle d’idée philosophique et morale que de vouloir faire l’éloge du « Blasphème »… Pourquoi pas celui de l’Insulte utile? Suivra celui de la saine Guerre ? Le blasphème n’est pas un humanisme !

Quelle drôle d’idée philosophique et morale que de vouloir faire l’éloge du « Blasphème »… Pourquoi pas celui de l’Insulte utile? Suivra celui de la saine Guerre ? Le blasphème n’est pas un humanisme !

Caroline Fourest - Qui ose l'éloge de l'éloge du blasphème? © Danyel Gill Caroline Fourest - Qui ose l'éloge de l'éloge du blasphème? © Danyel Gill

Considérons qu’il ne s’agit que d’un titre qui tente la formule, il a au moins ce mérite. Il voudrait nous suggérer que le blasphème pourrait être une sagesse. Mais l’Eloge, est l’exercice philosophique de l’hommage à une vertu, de la Sagesse à une Sagesse. Caroline Fourest n’est pas Sénèque autant que le blasphème n’est pas une vertu et donc pas un humanisme. Et surtout, Caroline Fourest n’est pas une intellectuelle mais une rédactrice d'un populisme respectable.

Au-delà de la qualité « hors science » et « sans déontologie » de l’auteure, quel est son miroir, son public ? Qui considère sérieusement cet ouvrage, l’encourage ? Qui ose l’éloge à son tour ? Une mise en abîme révélatrice…

La fausseté du débat fait spectacle.

Que ceux qui rêvent de belles sensations contrariantes et énervantes à la lecture de critiques dithyrambiques en séries se rassurent (ou se désespèrent) d’une saine déception. L’étonnante nouvelle c’est que les louanges sont vraiment peu, très peu nombreuses. Et c’est une surprise en considération de l’omniprésence de Fourest dans les grands médias.

Un décrochage de respectabilité ? Le décalage de la considération intellectuelle pour cette personne avec un tel niveau de médiatisation. Et l’accident clash Caron – Fourest n’était peut-être rien d’autre que cette petite étincelle révélatrice d’un malaise sur les plateaux et dans les rédactions. Par l’écho des couloirs,  plus grand monde n’est dupe de la supercherie « intellectuelle » mais c’est un espace de spectacles plutôt que de débats. Et, confondue devant son défaut scientifique,c’est la fausseté des éléments du débat qu’elle propose qui a fait le spectacle. Du mensonge d’origine au mensonge de trop…

Une guerre d’apparence.

La philosophie, étymologiquement signifie : « amour de la sagesse ». Pas étonnant donc, qu’un esprit coupable du même dévoiement subliminal de «la sagesse », un certain Monsieur de : « l'art de la philosophie ne vaut que s'il est un art de la guerre » soit le premier à encenser l’œuvre parallèle. Comment pourrait-il résister à ce miroir pour y voir, narcissique, la belle image de son œuvre belliqueuse disqualifiée. Sans doute uniquement séduit d’ailleurs par la quatrième de couverture accrocheuse à son cœur : « Ceux qui pensent que la lâcheté permet d'éviter la guerre se trompent. La guerre a déjà commencé. Seul le courage peut ramener la paix.»

Le vrai sujet, l’univers guerrier. L’apparence médiatique. Ce n’est plus du monde des idées dont il est question, depuis bien longtemps, mais du monde de l’idée de soi. De la violence de s’imposer à tous, unique source de légitimité et de moyen d’exister quand on a perdu tout respect académique. C’est un combat pour la vie, de la dernière source possible d’estime de soi qui s’inscrit dans la logique de la quantité contre celle de la qualité. L’audiovisuelle offre l’outil de légitimation par ce volume de substitution. Un espace de représentation et ultimement d’institutionnalisation par les ondes.

Conquête de l’opinion.

Pour qui ne veut pas payer l’euro symbolique sur le site LePoint.fr pour avoir accès à l’article du Monsieur, on  ne peut malheureusement lire que l’accroche avec frustration: « Il y a peu de lectures aussi roboratives, stimulantes et immédiatement utilisables dans les combats qui nous sont imposés ».  

Finalement, seraient-ils en guerre contre nous, public ? Pas tout à fait, mais d’une façon générique de l’opinion, parce que s’il ne faut pas lui faire la guerre, il faut au moins la conquérir.Alors, sens du combat, il sera le premier à faire l’éloge de l’éloge ? Oui, parce qu’il est le meilleur mais parce qu’il est l’unique ! Une bien triste façon d’être le premier, mais une terrible d’être isolée pour cette rédactrice. Et quelle caution intellectuelle ! Qu’on ne le nomme plus tellement tout auteur respectable se sentirai condamné d’un tel baiser mortel. Combien de grande voix pour commenter ce chef-d’œuvre ? … ?...

Le syndrome d’une relégation sans fin, qui conduit sans fin à devoir s’imposer davantage. Où le prochain livre n’est plus qu’un prétexte événementiel, avec le sujet opportuniste, polémiste et adéquate.

Qui d’autres ?

Cinq jours à mourir de soif pour la suite de l’article sans accessibilité du Monsieur pour qui ne veut pas payer, c'est-à-dire tout le monde. Heureusement, le CRIF, aujourd’hui à 14h. a su faire œuvre philanthropique pour relayer l’unique article élogieux sur son site. Avec la prudence bienveillante de ne pas ajouter de commentaires en accompagnement de ce texte qui se résume en une fiche de lecture en 19 points. Totale déception après tant d’impatience ! A croire que l’exercice l’a redoutablement ennuyé et qu’il n’y a pas trouvé l’étourdissement suffisant d’une grande critique analytique. Je comprends.

Qui d’autres ?

En fait, une suite d’articles au format de dépêches laconiques obligées, des politesses, de simples signalisations. Une prudence distanciée sans engagement, sans emballement. Personne n’ose l'éloge de L’éloge du blasphème ! Et c’est une bonne nouvelle…

Sauf quelques sites très laïcards attendus, deux sites très catholiques. Un enthousiasme confidentiel et spécialisé dans l’extrême. Triste palmarès à la marge d’un si grand esprit narcissique.

Le véritable objet de ces lignes est de 'dévoiler' ( à son tour) ce personnage de la caution « intellectuelle » de son œuvre qui est hors science et sans déontologie.  Dans son cas, ce n’est qu’une commodité et un faire-valoir arriviste. C’est une exigence que nous devons vivre comme un impératif pour le monde des idées et avons le devoir de le faire savoir comme une mission de salubrité publique dans l’espace du débat, de l’intime aux médias.

 Fourest, hors science, n’est pas une intellectuelle. Et Fourest, j’insiste, « écrit des trucs ».

 

*Pour tous ceux qui n’ont ni télé, ni radio, ni internet, ni téléphone, morts depuis 40 ans ou qui fréquentent trop les bibliothèques sérieuses où l’on ne trouve pas ses ouvrages, l’illustre inconnu, le Monsieur du renversement : « l'art de la philosophie ne vaut que s'il est un art de la guerre » est Bernard-Henri Lévy, dit BHL.

[ Cet article fut victime d'un mystérieux "DEREFERENCEMENT ABUSIF" sur Google aux environ du 21 juin jusqu'à début septembre. Evaporé, complètement disparu de Google, juqu'à l'URL si j'ose... Porterait-il atteinte à la réputation de l'oeuvre (Grasset), de l'auteur (Fourest) ou d'un commentateur élogieux (BHL)? Dans l'attente des réponses de la CNIL et Google :  A SOUTENIR-PARTAGER SANS RETENUE!!!...Parce que ces méthodes sont sinistres! ]

Article précédent sur Fourest, ici.

et pour tout savoir sur Fourest c'est ici.

 

 

 

 

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